Fitch Ratings maintient la note du Maroc à “BB+” avec perspective stable
L'agence de notation a confirmé la note de défaut de l'émetteur (IDR) à long terme du Maroc en devises étrangères à "BB+" avec une perspective stable. Le séisme du Haouz n'a pas été considéré comme un facteur devant aggraver la situation économique ou financière du pays.
Le Maroc avait perdu son investment grade en 2020 chez Fitch et 2021 chez S&P, après le déclenchement de la pandémie Covid. Depuis 2022, il espère récupérer cette notation plus favorable que l'actuelle. Ce n'est toujours pas le cas.
La nouvelle notation de Fitch, diffusée vendredi 20 octobre 2023, est basée sur les facteurs clés suivants:
"Les notations « BB+ » du Maroc sont soutenues par un historique de politiques macroéconomiques saines qui soutiennent la résilience aux chocs, un fort soutien officiel des créanciers, une composition favorable de la dette et des réserves de liquidités confortables.
"À ces atouts s'opposent des indicateurs de développement et de gouvernance inférieurs à ceux de ses pairs, un déficit budgétaire et une dette publique élevés, ainsi que la vulnérabilité du Maroc aux conditions météorologiques défavorables".
Fitch a également estimé que "l’impact économique du tremblement de terre sera limité en 2023, car les zones n’abritent pas de centres d’activité industrielle clés tels que le secteur de la construction automobile. Même si le séisme pourrait quelque peu perturber la reprise du tourisme, les recettes du secteur étaient déjà supérieures au niveau d'avant la pandémie".
L'agence de notation évoque "les pressions sur les dépenses [qui] ralentissent la consolidation" : elle prévoit un déficit budgétaire de 5 % du PIB en 2023, contre 5,2 % en 2022". Elle compare la légère croissance des recettes (+0,9 % en glissement annuel jusqu'en septembre) auxs pressions à la hausse (+7,2 % en glissement annuel) des dépenses publiques.
Fitch Ratings souligne l'existence de "déficits élevés et de risques budgétaires" : elle prévoit que le déficit budgétaire diminuera à "4,8 % du PIB en 2024 et à 4 % en 2025". Notons que le gouvernement a annoncé un objectif de 4,5% en 2023 et 4% en 2024.
Ce scénario de consolidation budgétaire progressive est menacé, selon Fitch: "Premièrement, les autorités ont annoncé un plan de reconstruction de 120 milliards de dirhams (8,5% du PIB) sur cinq ans. Nous supposons que le gouvernement supportera une partie du coût de la reconstruction, reflété par des dépenses d’investissement plus élevées, par le biais de dépenses budgétaires, mais le rythme d’exécution reste incertain".
"Les efforts de reconstruction coïncideront avec le démarrage d’un programme de transferts monétaires en faveur des ménages vulnérables, qui vise à supprimer progressivement des subventions coûteuses (gaz butane, sucre, blé) estimées à 2,2% du PIB en 2023 (après à 3,1% en 2022). Les recettes pourraient bénéficier d’efforts de mobilisation, notamment de la réforme du système d’impôt sur les sociétés et de l’harmonisation de la TVA, ainsi que de la monétisation des biens publics [appelées financements innovants par le gouvernement]. Les efforts de reconstruction pourraient accroître les défis liés à la mise en œuvre du nouveau modèle de développement, qui vise à augmenter les dépenses sociales de 4 % du PIB d’ici 2025 pour améliorer l’éducation et la santé et étendre les prestations sociales".
Dette élevée, structure favorable : Fitch prévoit que la dette du Trésor "augmentera à 74,1 % du PIB d’ici 2025, contre 71,6 % en 2022 dans le cadre de notre scénario de référence actuel de consolidation budgétaire. [L'agence prévoit] que la dette publique (consolidant le budget de l'Etat, la sécurité sociale et les collectivités locales) atteindra 67,9 % du PIB en 2025, contre 66,2 % en 2022, soit nettement au-dessus de la médiane « BB » projetée de 51,9 %. La part de la dette du gouvernement central libellée en dirhams est élevée à 73,1% (fin 2022), et près de 90% est à taux fixe, limitant les risques de change et de taux d'intérêt".
Reprise de la croissance , aléas climatiques : "La croissance du PIB réel a ralenti à 1,3% en 2022, reflétant la baisse de la production agricole (-12,9%). Fitch prévoit une croissance du PIB à 2,7 % en 2023 [la prévision du gouvernement est de 3,5%], tirée par les effets de base liés à l'amélioration de l'agriculture, et les efforts de reconstruction pourraient stimuler la croissance économique en 2024 et 2025, atteignant respectivement 3,2 % et 3,3 %, soutenus par les dépenses d'infrastructure et de solides performances industrielles. et la reprise de la consommation intérieure.
"Cependant, la croissance du Maroc reste vulnérable au niveau des précipitations et à la normalisation de l'agriculture. En outre, la détérioration de la situation économique mondiale, augmentant la volatilité des prix des matières premières et alimentant les pressions inflationnistes, ainsi qu'un ralentissement dans la zone euro constituent des risques à la baisse pour nos perspectives de croissance".
Allégement des pressions inflationnistes : L'inflation a culminé à 10,1 % en février avant de retomber à 5,0 % en août, en raison de restrictions temporaires à l'exportation et de la baisse des prix de l'énergie. Nous prévoyons que l'inflation s'établira en moyenne à 5,8 % en 2023 et tombera à 2,4 % en 2025, en dessous de la médiane projetée de 3,4 % « BB », à mesure que les prix de l'énergie et les anticipations d'inflation diminueront et que la production agricole s'améliorera. En septembre, la banque centrale a maintenu son taux directeur à 3 %, en raison du ralentissement de l'inflation et des incertitudes liées à l'évolution internationale et aux impacts du tremblement de terre.
Fitch prévoit enfin que le déficit du compte courant (balance des paiements) se réduira à 2 % du PIB en 2023, principalement grâce à une réduction de la facture des importations due à la baisse des coûts de l'énergie, à de fortes exportations industrielles et à la reprise du tourisme. Et qu'il atteindrait 2,5 % en 2025, à mesure que les importations augmenteront en raison de la reprise de la demande intérieure.
Le Maroc espère toujours récupérer son Investment grade cette année
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