Des résidus d'un pesticide non autorisé dans des pastèques marocaines en Espagne : l'ONSSA réagit
Le pesticide concerné est le méthomyl, un insecticide de la famille des carbamates, interdit au Maroc depuis septembre 2022. Joint par nos soins, l'Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire nous explique que cette notification porte uniquement sur un lot de pastèques et qu'elle ne concerne pas les autres expéditions vers ce marché. Des investigations ont été menées pour identifier le verger concerné et établir la traçabilité du lot exporté.
L'Espagne a alerté sur la présence d'un pesticide non autorisé, notamment le méthomyl, dans les pastèques du Maroc, lit-on dans la notification espagnole auprès du Système européen d'alerte rapide sur les produits destinés à l’alimentation humaine et animale (RASFF), en date du 14 juillet.
Le risque est identifié comme "sérieux", d'après la notification. Un échantillon prélevé le 3 juillet montre que la quantité de résidus de méthomyl observée dans les pastèques marocaines (0.38+/-0.19 mg/kg - ppm) dépasse le seuil autorisé (0.015 mg/kg - ppm).
Les données sur d'éventuels effets sur les consommateurs n'ont pas été fournies.
Les explications de l'ONSSA
Sollicité par Médias24, l'Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire (ONSSA) nous fait part de ses explications. L'Office affirme avoir interdit l’usage du méthomyl dans toutes les cultures depuis le 26 septembre 2022. La notification de l'Espagne sur la détection de résidus de méthomyl dans les pastèques du Maroc ne concerne, d'après l'ONSSA, qu'un seul lot de pastèques, et pas les autres expéditions vers ce marché.
"Dès réception de cette notification, les services de l’Office ont mené les investigations nécessaires qui ont permis d'identifier le verger concerné et d’établir la traçabilité du lot de pastèques exporté. Des enquêtes ont été menées au niveau du champ et de la station de conditionnement de la pastèque", fait savoir l'ONSSA.
Des mesures ont été par ailleurs prises contre les contrevenants, notamment la suspension de l’autorisation sanitaire de la station de conditionnement et celle de l’exportateur, souligne l'ONSSA.
Par ailleurs, des enquêtes sont en cours pour déterminer le circuit de commercialisation dudit pesticide, ajoute la même source.
Toxicité aiguë pour l'Homme
Le méthomyl est un insecticide de la famille des carbamates, utilisé sur une variété de cultures vivrières et fourragères pour lutter contre les insectes ravageurs du feuillage et du sol.
"Tous les produits à base de méthomyl, à l'exception des formulations d'appâts, sont classés comme pesticides à usage restreint (RUP). Les RUP ne peuvent être utilisés que par ou sous la supervision directe d'applicateurs spécialement formés et certifiés", selon l'Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA).
Le méthomyl est très toxique lors d'exposition par les voies orale et oculaire. Il est modérément toxique par inhalation. Il est en outre sévèrement irritant pour les yeux, mais peu ou pas pour la peau.
"Le méthomyl peut conduire à une surexcitation du système nerveux, entraînant des nausées, des étourdissements, de la confusion et, à des expositions très élevées, une paralysie respiratoire ou encore la mort", précise l'Agence de protection de l’environnement des États-Unis.
5 notifications RASFF ont concerné les fruits et légumes marocains en 2023
"Depuis le début de l’année 2023, les fruits et légumes d’origine marocaine ont été concernés par 5 notifications du système RASFF sur un total de 497 notifications émises par ce système sur les fruits et légumes importés en Europe de toutes les origines", indique l'Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire.
La même source précise que "l’ONSSA procède au contrôle régulier des résidus de pesticides dans les produits agricoles, aussi bien au niveau du marché local qu’à l’importation. En 2023, l’ONSSA a réalisé 8.000 échantillons sur les produits alimentaires commercialisés au Maroc contre 700 en 2018. Les pays de l’Union européenne, eux, réalisent une moyenne de 4.500 prélèvements par an".
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