Trésorerie et inflation, principales sources d’inquiétude des entreprises (baromètre CGEM)
La CGEM a lancé, en avril, un baromètre afin d’évaluer la conjoncture économique nationale et de déterminer les sujets prioritaires à mettre au centre de son action.
Le baromètre s’articule autour de trois axes : la situation économique et la performance individuelle, l’investissement, la R&D et les outils de soutien et d’environnement des affaires, indique la CGEM dans un communiqué publié ce mardi 23 mai.
Un panel de 1.200 répondants a participé à ce baromètre, répartis sur toutes les régions du Maroc.
Premier constat soulevé par la CGEM : les chefs d’entreprise marocains continuent à être préoccupés par la situation économique. Ils sont néanmoins optimistes quant à la performance de leur entreprise à l’échelle individuelle et quant à l'évolution positive pour les mois à venir.
L'analyse sectorielle fait ressortir que quatre secteurs perçoivent leur performance de manière plus positive que la moyenne à savoir le Tourisme, les technologies de l'information, l'industrie pharmaceutique et les services bancaires et financiers.
D'un point de vue régional, trois régions se distinguent par une perception de la situation économique actuelle et future plus positive que les autres.
La CGEM estime qu'il y a une correlation directe entre la taille de l'entreprise et sa perception de la conjoncture. En d'autres termes, plus l'entreprise est grande, meilleure est sa perception de la conjoncture.
Une dégradation de la trésorerie des entreprises liée à la pandémie de Covid-19
Il ressort également de ce baromètre une dégradation marquée de la trésorerie des entreprises répondantes et de leur rentabilité en raison de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19, avec une légère amélioration attendue sur les six prochains mois. Malgré ces difficultés, les équilibres d’emplois semblent être préservés, observe la CGEM.
Pour faire face à ces difficultés, plus d’un tiers des répondants ont fait appel aux crédits Damane Oxygène et Relance : 64% continuent à rembourser leurs crédits, avec un impact significatif de la hausse du taux directeur, ressenti sur les taux d’intérêt. Les principaux secteurs sont le textile; l’électricité et électronique; le commerce et services; l’agro-alimentaire et le BTP.
La volonté d'investir toujours présente
En termes de projection d’investissement, 64% des répondants ont déclaré vouloir investir dans les douze prochains mois. 93% des investissements fermes ou possibles sont projetés dans six régions :Casablanca-Settat; Marrakech-Safi; Tanger-Tétouan-Al Hoceima; Fès-Meknès; Rabat-Salé-Kénitra et Souss-Massa. Ces investissements ciblent les secteurs du commerce et services; tourisme et agro-alimentaire.
Seulement 8% de projets d'investissement sont de plus de 50 millions de dirhams. Ces projets concernent les domaines du pharmaceutique; de l'agroalimentaire, du BTP, des matériaux de construction, de l'automobile, de l'énergie et du secteur financier.
Malgré ces prévisions, il subsiste une méconnaissance importante des dispositifs d’accompagnement à l’investissement, avec seulement 40% des répondants connaissant la Charte de l’investissement et moins de 23% se disant familiers avec le programme "Tatwir R&D et Innovation", poursuit la CGEM.
L’inflation parmi les principales sources d’inquiétude pour les entreprises
Parmi les principales inquiétudes signalées par les répondants concernant l’environnement des affaires, figurent l’inflation, la concurrence déloyale de l’informel, la pression fiscale, la difficulté d’accès au financement et le coût du foncier.
La décarbonation arrive parmi les derniers enjeux mentionnés par les entreprises, avec seulement 34% d’entre elles ayant engagé des actions pour adresser ce défi durant les douze derniers mois, note la CGEM.
Les insights de ce baromètre viendront enrichir la feuille de route de la CGEM et appuyer ses plaidoyers lors des discussions avec l’Etat en faveur de l’instauration d’un climat des affaires favorable à l’investissement et d’une relance économique rapide et durable, conclut la même source.
À découvrir
à lire aussi
Article : Après des semaines d’attente, un cargo de soufre destiné au Maroc échappe au blocage d’Ormuz
Le vraquier panaméen Richsing Lotus a franchi le détroit d'Ormuz avec 50.000 tonnes de soufre destinées au complexe OCP de Jorf Lasfar à partir du port de Ruwais, aux Émirats arabes unis.
Article : Agriculture. Les engrais importés s'envolent de 40% à 60%, les agriculteurs sous pression
Les agriculteurs marocains traversent une zone de turbulence en raison des tensions que connaît le marché mondial des engrais. Depuis février 2026, les prix des engrais importés ont bondi de 40% à 60%, grignotant les marges d'une saison pourtant relancée par le retour des pluies.
Article : Football. L’arbitrage marocain se dévoile au grand jour
Intégration des technologies, plateforme d’analyse des performances, fonctionnement de la VAR et organisation interne du corps arbitral… La modernisation de l’arbitrage marocain était au cœur d’une rencontre organisée ce jeudi 7 mai à Salé par la Direction nationale de l’arbitrage.
Article : Une première. Les prix de l’or désormais affichés en temps réel chez les bijoutiers
Le secteur de la bijouterie amorce une nouvelle étape. Depuis une quinzaine de jours, plusieurs bijoutiers commencent à installer des panneaux affichant les prix de l’or. Une pratique appelée à se généraliser dans les prochains mois. Détails.
Article : Mise en service de la première ligne de bus à haut niveau à Agadir
La ville d’Agadir a officiellement lancé, en ce mois de mai, la première ligne de son bus à haut niveau de service (BHNS), baptisé "Amalway Trambus".
Article : Ahmed Réda Chami présente ses lettres de créance à Antonio Costa et à Ursula von der Leyen
Le nouvel ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, Ahmed Réda Chami, a présenté mercredi à Bruxelles ses lettres de créance au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.