La diversité en entreprise a encore beaucoup de chemin à faire (enquête We4She)
Réalisée auprès de 220 entreprises africaines adhérant à la Charte de la diversité du genre, dont 70% siègent au Maroc, l’enquête de We4She sur la diversité 2023 révèle que dans l’ensemble, 59% des sociétés sondées n’ont toujours pas atteint la parité.
We4She, émanation de l’Africa CEO Forum œuvrant pour le renforcement de la présence des femmes dans les instances dirigeantes, a tenu jeudi 9 mars une conférence sur la Charte de la diversité du genre.
Outil promu par We4She, cette charte vise à constituer un écosystème africain dans lequel les femmes auront toute leur place, y compris dans les instances de décision les plus élevées.
Quelque 220 entreprises, dont 70% sont installées au Maroc, ont adhéré à la Charte de la diversité du genre qui repose sur quatre principes essentiels pour favoriser la parité professionnelle : la mixité dans le recrutement, l’équité de rémunération, la mixité du management et du comité exécutif et la mixité du conseil d’administration.
Les signataires de cette charte se fixent comme objectif de tendre vers ces principes. Chaque organisation garde toute latitude pour se fixer ses propres objectifs et élaborer un plan d’action adapté à son contexte et aux ressources dont elle dispose.
Dans l’ensemble, 59% des entreprises signataires n’ont pas atteint la parité
We4She a dévoilé les résultats de son premier sondage sur la diversité, réalisé début 2023 auprès des entreprises signataires opérant dans différents secteurs : 52% exercent dans les métiers des services, 31% dans des institutions financières, 10% dans le domaine des industries et énergies, et 7% dans d’autres secteurs.
"La représentativité des femmes dans les entreprises reste à renforcer, notamment dans les niveaux middle et top management." Tel est le premier constat soulevé par l’enquête.
En effet, 59% des entreprises interrogées n’ont pas atteint la parité dans l’ensemble, tandis que 41% ont une représentativité des femmes atteignant 50%. Dans ce cas, il s’agit essentiellement d’entreprises exerçant dans les services et la finance.
De plus, 69% des entreprises n’ont pas atteint la parité dans le middle management. 68% des organisations sondées n’ont pas atteint non plus la parité dans le top management.
We4She estime également que des efforts importants doivent être réalisés pour plus de représentativité des femmes dans les conseils d’administration.
Evaluant la mixité dans les instances de direction, le réseau africain de dirigeantes a constaté que 60% des entreprises de l’échantillon n’ont pas atteint la parité au sein des comités exécutifs, contre 40% (essentiellement dans les services) comptant 50% et plus de femmes aux comités exécutifs.
Plus de 90% des entreprises de l’échantillon n’ont pas atteint la parité au sein des conseils d’administration. Seulement 9% (exerçant essentiellement dans les services et la finance) ont une représentativité importante des femmes dans les CA.
L’équité de rémunération est l’autre aspect étudié. Très peu d’entreprises suivent réellement l’indicateur d’écart des salaires entre hommes et femmes, observe We4She. En effet, 31% seulement des entreprises interrogées ont fourni des écarts de salaires exacts.
"Imposer des quotas de genre au Maroc n’est pas une si bonne idée"
Intervenant lors de la conférence We4She, Chiara Chorazza, membre du conseil consultatif du G7 sur l’égalité des sexes et représentante du secteur privé français au sein de l’alliance Empower du G20, a rappelé l’importance que revêt l’équité dans l’environnement professionnel.
"Selon une étude, la croissance mondiale augmenterait de 20% si les femmes étaient représentées de façon égale dans l’économie. On est malheureusement encore loin d’y parvenir", déplore Chiara Chorazza.
A la question "faut-il privilégier les outils de hard law (droit contraignant) ou de soft law (règles non contraignantes)", la membre du conseil consultatif du G7 sur l’égalité des sexes répond : "L’inclusion, dans les pays qui n’ont pas de quotas de genre, stagne autour de 20% ou ne dépasse pas les 30%, y compris dans des pays comme le Canada ou les Etats-Unis. La loi fait toute la différence."
"Les soft law sont bonnes mais elles doivent être absolument encadrées par un cadre légal contraignant", poursuit-t-elle.
Chiara Chorazza apporte néanmoins une nuance : "Il faut adapter le cadre légal selon les modalités de chaque pays. Personnellement, je m’oppose au calquage d’une bonne idée ou d’une bonne pratique. Chaque pays a sa culture. Il faut d’abord préparer les esprits avant de vouloir imposer quoi que ce soit. Dans le cas contraire, rien ne changera."
Concernant le Maroc, elle estime que l’imposition immédiate de quotas n’est pas une si bonne idée. "Les quotas ne compenseront jamais l’environnement favorable aux femmes. Le vrai problème du Maroc, ce n’est pas la parité dans les conseils des administrations en soi ; c’est plutôt l’absence des Marocaines sur le marché du travail qui fait défaut. Elles sont éduquées, elles font des études, mais elle restent chez elles. C’est un gaspillage énorme pour l’économie marocaine", conclut Chiara Chorazza.
La conférence We4She a réuni d’autres intervenants de qualité comme la cheffe du Centre Mazars pour la diversité et l’inclusion, Marie-Christine Maheas, le président-directeur général et co-fondateur du groupe Intelcia, et la directrice générale de Reminex. Ils sont revenus sur les meilleures pratiques à l’échelle nationale et internationale en matière de diversité au travail.
L’événement a abouti à l’adhésion de nouvelles entreprises africaines à la Charte de la diversité du genre.
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