Nadia Fettah appelle le privé à investir dans la santé et l’éducation
Lors d’un débat organisé par la "La Vie éco", la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah, est revenue sur les investissements productifs de l’Etat menés dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
"Face aux multiples crises qui frappent l’économie mondiale, la politique fiscale a constitué une réponse", a souligné Nadia Fettah lors de la conférence organisée par La Vie éco, intitulée "Inflation, croissance, contraintes sociales… Comment sera l’année 2023 ?", dans le cadre de son cycle de débats économiques.
Pour la ministre, l’économie structurée et le système de création de valeur et de croissance ont permis au Maroc de faire face aux crises successives.
Défendant les taux d’imposition fiscale, Nadia Fettah a évoqué l’uniformisation de la base fiscale des sociétés ayant obtenu le statut CFC, précisant que cette mesure répond aux normes internationales en matière de gouvernance fiscale. "Les taux d’imposition fiscale demeurent raisonnables, et toutes les entreprises devront faire preuve de responsabilité, payer leurs impôts et créer de la valeur pour que l’économie puisse surmonter cette période difficile", a-t-elle préconisé.
Dans ce sens, Nadia Fettah a fait part de la volonté de son département d’élargir l’assiette pour préserver les finances publiques tout en œuvrant à réduire la pression fiscale.
"Outre les investissements productifs au niveau financier, les investissements ayant des impacts à moyen terme font partie des choix stratégiques de l’Etat, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation", a relevé la ministre. Elle a appelé les opérateurs du secteur privé à envisager des investissements dans ces domaines qui affectent de nombreuses dimensions du développement.
"Résilience confirmée de l’activité économique marocaine"
La conférence a connu l’intervention de plusieurs économistes, unanimes sur la résilience de l’économie marocaine. Mehdi El Fakir, économiste spécialisé dans l’évaluation des politiques publiques, a ainsi loué la stratégie du Maroc visant à réaliser l’indépendance vis-à-vis des institutions financières internationales. "La fiscalité devrait avant tout permettre le financement des chantiers entrepris par l’Etat", a-t-il indiqué.
Pour sa part, le vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, a énuméré les mesures de soutien mises en place par le gouvernement, ainsi que les réalisations en termes d’investissement et d’emploi.
"L’économie marocaine est capable de se relancer en 2023, car en dépit du contexte mondial, nous avons des chantiers structurants, tels que la généralisation de la protection sociale, la réforme fiscale, la réhabilitation du système de santé, la promotion de l’investissement et l’intégration du secteur informel", a-t-il souligné.
Même son de cloche chez Moncef Derkaoui, directeur des Études et des prévisions financières, qui a mis en avant la "résilience confirmée de l’activité économique marocaine", portée par plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la pêche, l’énergie, l’industrie et le tourisme.
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