Les prix du fret maritime repassent en dessous de leur niveau d’avant-crise
Cette chute impressionnante des taux de fret maritime depuis le pic enregistré l’année dernière, contribuera à atténuer la tendance inflationniste.
On ne peut plus dire que l’inflation est causée par le coût du fret maritime, assure Najib Cherfaoui, expert portuaire et maritime, joint par Médias24. D’après lui, le prix du conteneur au départ de la Chine est tombé à 3.400 dollars (prix armateur), contre environ 5.000 dollars avant la crise sanitaire. Au plus haut de la crise, il atteignait près de 18.000 dollars.
Le prix du conteneur à partir de la Turquie est également tombé à 400 dollars seulement, contre près de 2.000 dollars avant la crise. La relation est beaucoup moins tendue entre les armateurs, les commissionnaires de transport et leurs clients.
C’est aussi une bonne nouvelle pour la balance des paiement du Maroc, note l’expert. Au total, plus de deux milliards de dollars d’économies en réserves de devises ont été réalisées par rapport à la période où les prix étaient au plus haut.
La baisse des prix du fret aurait tendance à faire baisser l’inflation l’année suivante, selon le groupe financier Bloomberg, qui cite Jonathan D. Ostry, professeur à l’Université de Georgetown et ancien responsable du Fonds monétaire international (FMI).
Selon l’étude qu’il a menée avec quatre autres collègues, le doublement du coût du fret entraîne une hausse de 0,7% du taux d’inflation. Ainsi, la hausse des coûts du fret au plus haut de la crise aurait causé 2% d’inflation en plus. Cela implique que la chute des coûts du transport maritime en 2022 contribuera à une inversion des pressions inflationnistes, estime l’expert.
Le coût d’expédition d’un conteneur d’Asie vers les États-Unis est passé de 8.585 dollars, au plus haut de la crise en mars de l’année dernière, à 1.200 dollars actuellement, le prix le plus bas depuis 2018, selon un indice compilé par Drewry Shipping Consultants cité par Bloomberg.
Dans le même sens, l’agence de presse britannique Reuters rapporte qu’il ne faut pas s’attendre à un allègement réel des prix avant quelques mois. Et pour cause, les grands distributeurs ne devraient renégocier leurs contrats qu’au printemps prochain.
De grands armateurs commencent à annuler des voyages et à réduire les capacités pour soutenir les prix
Face aux prix qui continuent de chuter, et dans un contexte caractérisé par la récession qui se profile et le dégonflement de la bulle des importations américaines, de grands armateurs tels que Maersk commencent à annuler des voyages et à réduire les capacités pour soutenir les prix. Ces mêmes armateurs s’attendent à des centaines de livraisons de porte-conteneurs lors des mois et années à venir.
Ce qui incite d’autres experts à nuancer les attentes à propos de l’effet réel de cette évolution sur les prix. "Le consommateur américain ne devrait pas s’attendre à ce que cela entraîne une baisse massive des prix. Cela ne se produira tout simplement pas", déclare Jason Miller, professeur associé à l’Université d’Etat du Michigan.
Avec les incertitudes liées entre autres à la guerre en Ukraine et au coût de la main-d’œuvre, les acheteurs préfèrent miser sur les contrats à long terme. Même si les prix devraient continuer à baisser, ces derniers ne devraient pas passer en dessous du niveau d’avant-crise, selon l’agence Reuters.
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