Le HCP prévoit une croissance de 3,3% en 2023 et une inflation de 1,9%
Dans son budget économique prévisionnel pour l’année 2023, le haut-commissariat au Plan table sur un rebond de 2 points de la croissance du PIB et sur une atténuation de la hausse générale des prix, avec un niveau d’inflation qui tombera sous la cible des 2%. Voici ses arguments.
Comme chaque début d’année, le haut-commissariat au Plan (HCP) a publié ce 12 janvier ses nouvelles estimations de la croissance économique pour 2022 et 2023, ainsi que leurs effets sur les équilibres macroéconomiques internes et externes.
En 2022, la croissance, selon les nouveaux chiffres communiqués par le HCP, s’est établie à 1,3%, avec un niveau d’inflation record de 6,7% au lieu de 1,6% en moyenne durant la période 2015-2020. Ce chiffre de l’inflation est mesuré, précise l’institution de statistiques nationales, par l’évolution de l’indice des prix à la consommation.
C’est une année difficile que les Marocains ont vécue en 2022, avec une baisse de 1,9% de leur pouvoir d’achat sous l'effet conjugué de la mauvaise année agricole (qui impacte fortement les revenus des ménages) et de l’inflation.
Reprise timide de la croissance en 2023... grâce à la pluie
En 2023, les choses vont s’améliorer… Le HCP table sur une croissance du PIB de 3,3%, soit un rebond de 2 points par rapport à 2022, tout en insistant sur le fait que l’environnement international reste fort contraignant, avec la poursuite des tensions géopolitiques et le maintien des prix à des niveaux élevés, entraînant un ralentissement du volume du commerce mondial, qui n’augmentera que de 1,6% après 4% en 2022.
Cette donnée aura un effet direct sur la demande adressée au Maroc, qui devrait afficher une baisse de son rythme d’accroissement, passant à 3,2% en 2023 contre 7,6% en 2022. Un effet qui sera relativement contrebalancé, prévoit le HCP, par le maintien des transferts des MRE et par une légère hausse des recettes voyages et des IDE par rapport à 2022.
Ces perspectives de croissance prennent en compte également, comme le souligne l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi, les nouvelles dispositions de la loi de finances 2023, notamment en matière de politique fiscale, d’investissement public, de soutien des prix à la consommation, et sur le front de l’amélioration de la valeur ajoutée agricole par rapport à la campagne précédente. Le HCP table ainsi sur une campagne 2022-2023 moyenne, conjuguée à une consolidation des autres cultures et de l’élevage.
"Le retard pluviométrique et les retombées de la sécheresse sévère de la campagne précédente attestaient d’un début difficile de la campagne agricole 2022-2023. Néanmoins, les dernières pluies du mois de décembre devraient bénéficier aux cultures pluviales et au cheptel. Sur la base des hypothèses susmentionnées, le secteur primaire devrait afficher une valeur ajoutée en hausse de 9% en 2023 au lieu d’une baisse de 15,6% attendue en 2022", explique le HCP dans son budget prévisionnel.
Les activités secondaires devraient toutefois continuer à subir l’impact négatif de la décélération de la demande extérieure et du maintien des prix des matières premières à des niveaux élevés, quoiqu’en légère baisse par rapport à 2022. La valeur ajoutée non agricole devrait ainsi croître de seulement 2,7% contre 3,4% en 2022.
Retour de l’inflation à un niveau normal
Autre donnée importante qui ressort du budget prévisionnel du HCP : le retour de l’inflation à son niveau normal en 2023. Selon les prévisions de l’institution de statistiques nationales, les prix intérieurs connaîtraient en 2023 une légère augmentation en lien avec la baisse des pressions sur les matières premières à l’échelle mondiale. Ainsi, l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, devrait se situer à 1,9%.
Ce relâchement de l’inflation s’explique, selon le HCP, par l’accalmie que devraient connaître les marchés internationaux des matières premières, qui devraient évoluer à des niveaux modérés en raison de la faiblesse de la demande mondiale, provoquée par le resserrement des politiques monétaires, la hausse des taux directeurs dans le monde et la propagation du Covid en Chine.
Se fondant sur les prévisions de la Banque mondiale, le HCP note que le cours du baril du pétrole devrait avoisiner 88 dollars en 2023 contre une moyenne de 100 dollars en 2022.
"La dégradation du contexte économique mondial et la résurgence de l’épidémie en Chine devraient compromettre la demande du pétrole, ce qui devrait freiner l’effet de la baisse prévue de l’offre liée notamment aux sanctions appliquées sur les produits pétroliers russes", explique la note du HCP.
Même tendance que connaîtront les prix des matières agricoles et minières, selon le HCP :
"Les cours des principales matières premières agricoles, qui auraient affiché des hausses à deux chiffres en 2022, devraient se replier légèrement en 2023 reflétant les perspectives d’une meilleure production mondiale et une baisse des coûts des intrants, en particulier les engrais. De même, les principaux métaux devraient continuer d’enregistrer des baisses des prix en 2023 en liaison avec le ralentissement de l’activité industrielle dans les pays avancés."
Cette baisse du niveau de l’inflation sous la barre des 2% devrait produire, souligne le HCP, une légère reprise de la demande intérieure. Celle-ci continuerait de soutenir la croissance économique en 2023, avec une contribution au PIB plus importante qu’en 2022. Ce qui ne sera pas le cas pour la demande extérieure nette, dont la contribution à la croissance du PIB devrait rester négative en 2023.
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