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Le Maroc en guerre contre le Captagon, l'arme de la Syrie et du Hezbollah

L'implication du régime syrien de Bachar al-Assad et du Hezbollah dans la production et le trafic du Captagon n'est plus à prouver. Ces deux alliés en font un outil de pression sur la communauté internationale. La récente saisie d'une importante quantité de cette substance psychotrope par les autorités marocaines annonce une guerre aux multiples facettes contre ces réseaux de trafic.

Le Maroc en guerre contre le Captagon, l'arme de la Syrie et du Hezbollah

Le 8 novembre 2022 à 17h52

Modifié 8 novembre 2022 à 19h46

L'implication du régime syrien de Bachar al-Assad et du Hezbollah dans la production et le trafic du Captagon n'est plus à prouver. Ces deux alliés en font un outil de pression sur la communauté internationale. La récente saisie d'une importante quantité de cette substance psychotrope par les autorités marocaines annonce une guerre aux multiples facettes contre ces réseaux de trafic.

Avec la saisie de plus de 2 millions de comprimés de Captagon, réalisée ce vendredi 4 novembre par la Sûreté nationale opérant au port de Tanger-Med, le Maroc s’inscrit dans la lutte contre le trafic mondial de ce psychotrope qui finance le régime de Bachar al-Assad en Syrie.

En effet, plusieurs enquêtes et études internationales montrent que la Syrie et le Liban en sont les principaux producteurs. Les lieux de fabrication se concentrent le long de la frontière entre les deux pays. Tous les indices convergent vers l’implication directe de Damas et du Hezbollah libanais.

Les principaux marchés cibles de ces réseaux de trafic sont les pays du Moyen-Orient, et en premier l’Arabie saoudite qui a saisi 190 millions de comprimés sur les 460 millions saisis dans le monde en 2021. D’autres pays tels que la Malaisie, la Jordanie, le Koweït, la Turquie et la Libye en souffrent également.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé que la police judiciaire de Tanger allait poursuivre les investigations pour identifier toutes les personnes liées au réseau criminel impliqué dans cette tentative de trafic international de psychotropes d'envergure, et déterminer ses ramifications régionales et internationales.

La cargaison découverte par les autorités marocaines était dissimulée dans un conteneur de marchandises à bord d’un navire battant pavillon d’un pays européen, en provenance du Liban et à destination d’un pays d’Afrique de l’Ouest. Toutefois, il n’est pas mentionné si cette cargaison était destinée au marché marocain ou à un autre pays africain.

Avec cette opération, le Maroc fait d’une pierre deux coups. Il lutte contre la prolifération de cette drogue dangereuse en quête de nouveaux marchés en Afrique, et il nuit aux réseaux de trafic menés par le régime syrien et le Hezbollah contre des pays arabes et africains amis du Maroc.

Le régime syrien utilise le Captagon comme arme sanitaire contre ses adversaires et comme moyen de chantage politique

Dans une récente enquête menée par Le Figaro, qui remonte la filière du trafic du Captagon au Moyen-Orient, un homme d’affaires syrien lié au régime des Assad déclare : « Pendant toutes ces années de révolte, l’Arabie saoudite et le Qatar nous ont envoyé des djihadistes dans l’espoir de faire tomber Assad. Maintenant, on leur envoie du Captagon. Nous avons une belle arme contre eux. C’est donnant-donnant. »

En Arabie saoudite, le phénomène qui prend de l'ampleur est dorénavant considéré comme un véritable danger pour les jeunes du pays. Il est combattu sérieusement par les autorités saoudiennes qui ont intercepté 600 millions de pilules de Captagon au cours des six dernières années.

Selon les services secrets jordaniens, cités par le correspondant du journal français, ceux qui tirent les ficelles de ces réseaux dans la région sont principalement la 4e division de l’armée syrienne, dirigée par Maher al-Assad, frère du président Bachar, les services de renseignements militaires syriens et leurs alliés du Hezbollah libanais, dont la présence est très forte des deux côtés de la frontière libano-syrienne.

La Syrie et le Hezbollah, deux grands soutiens du Polisario et adversaires du Maroc sur l’affaire du Sahara, ont engrangé plus de 5 milliards d’euros en 2021, d'après un rapport du think tank New Lines Institute cité par Le Figaro. Le trafic mondial du Captagon a dépassé les 10 milliards de dollars en 2021, selon une enquête de l’AFP.

Selon cette même enquête, cette drogue est en tête des exportations syriennes vers le monde, « dépassant toutes les exportations légales réunies ». Ce trafic représente au moins trois fois son budget national, faisant officiellement de la Syrie un Etat narco-trafiquant.

Pour Bachar al-Assad, le Captagon est également un moyen de chantage politique. Il veut en faire un outil de pression sur la communauté internationale pour imposer la normalisation des relations et l’acceptation de son régime. Aujourd’hui, le président syrien est isolé et son pays fait l’objet de sanctions internationales.

La guerre en Syrie et ses répercussions politiques et économiques à l’origine de la prolifération de cette drogue

Il faut dire que ces sanctions laissent peu de marge au régime syrien pour surmonter sa grave crise économique. Ce trafic aurait même réconcilié les protagonistes de la guerre qui oppose le régime de Bachar al-Assad aux groupes rebelles.

Selon l’enquête de l’AFP, les belligérants coopèrent dans ce trafic qui profite aux deux camps. Les djihadistes auraient même été parmi les premiers à en consommer pour ses effets qui éliminent la peur et procurent un sentiment d’invincibilité.

Le Captagon est une drogue de synthèse de la famille des amphétamines, conçue à l’origine pour traiter l’hyperactivité et la narcolepsie. Considéré depuis comme un stupéfiant, il est désormais interdit.

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