L’inflation booste le recours aux crédits de trésorerie, surtout pour les sociétés importatrices
L’encours des comptes débiteurs et crédits de trésorerie a progressé de 18% en septembre 2022 par rapport à la même période en 2021, à 269 milliards de dirhams. Cette hausse est principalement causée par la progression des prix des matières premières, engendrant des difficultés de trésorerie des entreprises, particulièrement celles qui sont importatrices et ont fortement augmenté leurs lignes de financement.
Les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib à fin septembre font ressortir une légère hausse de 2,4% de l’encours global des crédits par rapport au mois d’août à 1.038 MMDH. Sur 12 mois glissants, l’encours global a augmenté de 5,5%.
Cette hausse a été principalement poussée par une catégorie de crédits que sont les comptes débiteurs et crédits de trésorerie. En septembre, l’encours global de ces crédits affiche une forte hausse de 18% par rapport à la même période en 2021. L’encours atteint près de 269 MMDH. D’un mois sur l’autre, il a progressé de 5,1%. Une progression notable quand les autres types d’encours (équipement, consommation, habitat…) affichent des évolutions nettement plus timides, voire des baisses.
Une difficulté principalement ressentie par les entreprises importatrices
Mais alors comment expliquer cette forte hausse des crédits de trésorerie par rapport au reste des encours ?
Selon une source experte du secteur bancaire, “l’explication est simple. Elle provient de la forte appréciation des prix des matières premières, avec l’inflation qui est venue impacter toutes les lignes de financement des sociétés”. Notre source précise que ces recours aux crédits de trésorerie ont été plus prononcés chez les sociétés importatrices.
En effet, la hausse des prix de l’énergie, des céréales et de différentes matières premières en lien avec la construction ont très fortement progressé et impacté la trésorerie des entreprises. “Cela a induit par définition une utilisation plus accrue des lignes bancaires”, explique notre source.
Des évolutions tributaires des tensions internationales
À regarder l’évolution de la progression de l’encours, on observe que la hausse est constante depuis le mois de mars. Le lien de cause à effet paraît clair. Avec une hausse généralisée des prix, persistante au Maroc, et un taux d’inflation qui a atteint 8,3% en septembre, il est possible que l’impact sur l’encours des comptes débiteurs et crédits de trésorerie dure.
“Avec ce contexte incertain, c’est difficile à dire. Mais si l’on opte pour le scénario le plus optimiste, nous pouvons tabler sur une accalmie à venir. On le voit déjà sur certains produits, avec une stabilisation par rapport à un pic qui avait été observé”, estime notre interlocuteur.
Mais si les choses s’accélèrent dans le mauvais sens, il est possible que l’inflation impacte d’autant plus fortement les entreprises, surtout importatrices, et fasse augmenter le recours aux crédits de trésorerie. À ce sujet, à la fin du mois d'octobre, la Russie a décidé de suspendre sa participation à l’accord sur les exportations de céréales en réponse à des attaques ukrainiennes.
Ces entreprises font donc face à des difficultés de trésorerie, et potentiellement à un risque de défaillance si la situation venait à s’aggraver et à perdurer. “Concernant l’impact sur le coût du risque des banques, il est encore trop tôt pour se prononcer. Actuellement, cela se traduit par le besoin de lignes supplémentaires, car les prix à l’importation ont explosé et leur BFR augmente. Difficile de dire si la tendance va durer ou se résorber”, conclut notre source.
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