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ECONOMIE

Automobile : le Maroc deviendra la plateforme industrielle la plus compétitive au monde (Mezzour)

Lors de la cérémonie d’ouverture des Automotive Meetings de Tanger, Ryad Mezzour a envoyé un message optimiste et salué la bonne santé du secteur. Il en a rappelé les nouveaux objectifs : doubler le chiffre d’affaires à l’export, atteindre un taux d’intégration de 80%, attirer des investisseurs dans la batterie électrique et la décarbonation de la filière.

Automobile : le Maroc deviendra la plateforme industrielle la plus compétitive au monde (Mezzour)
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Le 26 octobre 2022 à 20h07 | Modifié 27 octobre 2022 à 16h49

La plateforme industrielle marocaine pour l’automobile est en passe de devenir la plus compétitive au monde, a déclaré Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, à l’occasion de la 7e édition des Automotives Meetings de Tanger, organisés conjointement par l’Association marocaine de l’industrie et du commerce de l’automobile (AMICA) et le département de l’Industrie et du commerce, du 26 au 28 octobre.

Ce nouveau palier sera atteint grâce à la fourniture d’une énergie verte qui sera 30% moins chère que l’énergie actuelle. C’est un projet sur lequel l’État s’engage à travers ses différentes composantes, en vue de doter l’industrie marocaine des conditions de compétitivité, notamment pour permettre le développement de l’amont des secteurs industriels.

Ryad Mezzour a également signalé que le prix de l’électricité est resté stable au Maroc, contrairement à la plupart des pays en Europe et dans le monde. D’après lui, le gouvernement a fourni des “efforts surhumains pour maintenir la stabilité des prix”. Ce qui a été le maillon faible de l’industrie au Maroc est en train de devenir sa force.

Le ministre a par ailleurs annoncé que “des signes encourageants permettent d’espérer atteindre très prochainement une capacité de 1 million de véhicules construits par an”. Le Maroc en est actuellement à 700.000 grâce aux usines Renault et Stellantis.

Le chiffre d’affaires du secteur à l’export va atteindre un niveau record de 100 milliards de dirhams en 2022. Ryad Mezzour s’est dit confiant pour doubler ce chiffre dans un horizon de trois à quatre ans. “Les 200 milliards de dirhams sont à notre portée. Ils sont même identifiés”, a-t-il assuré.

D’autre part, les chiffres du marché de l’automobile sont en berne sur les marchés occidentaux. Le Maroc devrait néanmoins en tirer profit puisque les modèles construits dans le Royaume sont financièrement plus accessibles. Une partie de la demande qui était destinée aux véhicules plus luxueux devrait se rabattre sur les voitures plus basiques, dont le Maroc est l’un des principaux producteurs pour l’Europe.

Les évolutions de l’automobile dans le monde imposent de nouveaux défis à l’écosystème marocain

L’Union européenne, qui absorbe 90% des exportations marocaines, se tourne entièrement vers l’électrique à partir de 2035. C’est un grand défi que devra relever l’industrie marocaine, rappelle Ryad Mezzour. Pour lui, doter l’écosystème automobile marocain d’une industrie de la batterie électrique sera la clé pour permettre au pays de percer dans cette filière.

“Nous n’avons pas d’autre choix que de devenir producteurs de batteries électriques. Nous espérons pourvoir l’annoncer dans un avenir très proche”, a-t-il déclaré. La batterie représente jusqu’à 30% du coût d’une voiture électrique. Si le Maroc veut conserver ses réalisations en termes de taux d’intégration, il n’a effectivement pas d’autre choix.

Sur les six éléments chimiques qui composent la batterie électrique, le Maroc en possède quatre à l’état brut. Pour le ministre de l’Industrie, le pays a les moyens d’attirer les investisseurs dans ce domaine. Plus tôt cette année, Renault a conclu un accord avec Managem pour se fournir en sulfate de cobalt destiné à la fabrication de ses batteries électriques.

Aujourd’hui, le Maroc fabrique près de 40.000 voitures électriques par an. Ce chiffre devra tripler, voire quadrupler. (Ryad Mezzour)

La voiture électrique et connectée nécessite 30% de moins de main-d'œuvre mais beaucoup plus d’électronique embarqué, lui-même nécessitant des capacités autant dans le hardware que dans le software, et la formation dans de nouveaux métiers qui n’existaient pas auparavant, relève Ayoub Daoudi, membre du bureau de l’AMICA.

Ces changements ne menacent en rien le Maroc, rétorque Ryad Mezzour : “Le Maroc ne peut pas rester durablement un pays low cost. Il est en train de se transformer en un pays best cost.” Il a cité l’exemple de Casablanca, qui est entrée dans le top 10 mondial des destinations pour la recherche et développement (R&D) dans l’automobile.

Selon lui, le Maroc compte déjà 10.000 ingénieurs qui font de la R&D, dont 3.000 recrutés rien que cette année. Ce mouvement est appelé à s’accélérer durant les années à venir et offre au Maroc une performance que ne peuvent avoir les destinations qui misent tout sur le coût de production.

Mohammed Bachiri, directeur de Renault Maroc, a quant à lui insisté sur la transformation du secteur vers l’industrie 4.0, avec l’intégration de beaucoup plus d’automatisation. Il a toutefois tenu à rassurer sur le fait que celle-ci créée plus d’emplois qu’elle n’en détruit ; simplement, ce sont des emplois qui n’existent pas forcément aujourd’hui.

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Le 26 octobre 2022 à 20h07

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