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“Dream Artist”, la nouvelle émission de 2M qui veut créer des artistes visuels

Lancée le 4 octobre par 2M, “Dream Artist” a pour vocation de départager les 12 candidats durant huit semaines pour sélectionner un finaliste qui sera accompagné pour exposer son travail. Le président du jury, Hassan Sefrioui, revient pour Médias24 sur le concept de cette nouvelle émission artistique.

“Dream Artist”, la nouvelle émission de 2M qui veut créer des artistes visuels

Le 25 octobre 2022 à 12h32

Modifié 25 octobre 2022 à 14h07

Lancée le 4 octobre par 2M, “Dream Artist” a pour vocation de départager les 12 candidats durant huit semaines pour sélectionner un finaliste qui sera accompagné pour exposer son travail. Le président du jury, Hassan Sefrioui, revient pour Médias24 sur le concept de cette nouvelle émission artistique.

Médias24 : Comment a germé le concept de l’émission dont vous présidez le jury ? 

Hassan Sefrioui : Le concept de cette émission est venu naturellement, par la nature même de la maison de production, d’abord par son expérience en matière de téléréalité (sur la mode, sur la couture, sur la pâtisserie...) et surtout par la sensibilité du producteur lui-même, à savoir Othman Benabdeljalil, qui est un passionné d’art.

Tous les ingrédients étaient donc réunis pour créer le programme. Nous avons particulièrement pu compter sur l’aval de 2Mtv.

- Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ?

- “Dream Artist” est une émission qui met en compétition douze talents prometteurs issus d’horizons divers : photographes, street-artistes, digital-artistes, artistes peintres, sculpteurs...

La compétition se déroule pendant huit semaines et sur huit sujets. Les candidats seront amenés à créer des œuvres chaque semaine sur la base d’une thématique proposée par une équipe rédactionnelle associée aux membres du jury. À la fin de chaque prime, un candidat est éliminé.

Le candidat gagnant, quant à lui, recevra une bourse de 350.000 DH pour financer le lancement de sa carrière en tant que professionnel, à savoir la production de ses premières œuvres, une ou plusieurs formations pour se perfectionner dans un média spécifique, l’édition d’une documentation, le matériel nécessaire à la création, des ateliers avec des artistes confirmés... Le lauréat ou la lauréate sera “coaché” tout au long de ce processus jusqu’à sa première exposition.

- Comment qualifier cette émission ? Infotainement, téléréalité… ?

- Ce format est une compétition avec un suivi quasi-quotidien des candidats, et surtout, avec un traitement explicatif des étapes de fabrication des œuvres et des avis et recommandations d’experts. On pourrait l’associer à de la téléréalité, notamment à un “docu-soap”.

- Quels sont les objectifs de cette émission ?

- Les objectifs sont multiples : mettre l’art sur le devant de la scène, simplifier au grand public l’accès à ce monde souvent taxé d’élitiste, et surtout, mettre en lumière des artistes émergents et les pousser à puiser dans leurs réserves de créativité !

- Quels ont été les critères de sélection des candidats ?

- Nous avons scrupuleusement examiné les candidats, au regard de leurs portfolios, de leurs créations récentes, parfois même du contenu de leurs réseaux sociaux. Nous leur avons posé des questions diverses, de technique, de culture, de leurs rapports aux autres... Reste que le critère le plus significatif a été l’évaluation des possibilités d’évolution des candidats sur huit semaines...

- Même question sur la composition des membres du jury ?

- Le jury est composé d’un galeriste, d’un critique d’art, d’un pédagogue, d’une artiste plasticienne et d’une commissaire d’exposition. Il était important pour nous d’avoir des profils représentatifs de plusieurs facettes du métier. Ce sont de très bons profils, parmi les plus crédibles et les plus intègres dans leurs métiers, à part le galeriste évidemment !

- La culture au Maroc se prête-t-elle à ce concept de création culturelle importé des États-Unis ?

- Le Maroc regorge de talents, c’est le moment pour nous de les aider à se montrer. Ce genre de programmes crée un effet de synergies avec toutes les actions et les initiatives publiques et privées qui viennent en complément des cursus de formation existants et des efforts des institutions pour promouvoir l’art au Maroc.

L’art n’a évidemment pas de frontière ; c’est encore aujourd’hui l’une des très rares activités qui s’exporte et s’importe sans barrière.

- Quels ont été les moyens financiers et humains mobilisés pour la réaliser ?

- Plusieurs mois de travail avec une équipe composée de plus de vingt-cinq personnes réunissant directeur artistique, scénographe, directeur d’écriture, concepteur rédacteur, réalisateur... Trois mois pour la partie écriture et développement des émissions et enfin plus de 80 personnes pendant quatre mois pour la préparation, le tournage et la postproduction.

- Quelle a été la part d’audience du premier prime time et le retour des annonceurs publicitaires ?

- Sachant que l’émission est diffusée tous les lundis à 21h40, les primes 1 et 2 ont réalisé des taux d’audience satisfaisants, qui étaient en moyenne de 2,8 millions de téléspectateurs. On observe une légère augmentation au fil des semaines, les primes s’installent petit à petit avec un public qui est au rendez-vous et qui suit ! La production est convaincue que l’émission a trouvé sa cible et s’installera dans la durée.

- Pour certains, l’émission s’éparpille avec un nombre trop élevé de disciplines (photographie, sculpture, peinture, graffiti, installation, digital art, art urbain). N’aurait-il pas été plus simple de se limiter à une seule spécialité ?

- Le format s’adresse à des artistes toutes disciplines et univers confondus. Le concept met en scène des artistes qui créent une œuvre sur la base d’une thématique, d’un brief qui met les candidats en compétition pour évaluer leur créativité et leur sens de l’adaptation.

En même temps, ce qui est justement très intéressant, c’est de voir les interactions entre les candidats, et surtout de les voir s’approprier les techniques des autres. Il y aura à ce sujet beaucoup de surprises...

- De quelle manière “Dream artist” contribuera-t-il au rayonnement culturel et artistique du Maroc ?

- Je pense que le fait de permettre à des centaines d’artistes de se lancer dans une aventure, dans une compétition qui les pousse à se surpasser, favorise la création artistique au Maroc, mais aussi l’accès à l’art, à travers une émission de télévision qui suscite la passion et initie à la pratique pour le grand public.

N’oublions pas que tout ceci se développe autour de l’idée du jeu ; l’art est une chose sérieuse mais en même temps, il est nécessaire de lui donner parfois un environnement ludique et accessible.

D’autre part, grâce à 2M et à son implication continue, la chaîne trouve ici une opportunité de s’investir à nouveau dans une mission d’intérêt général ; cette fois-ci par la promotion de l’art contemporain et par la promotion de ses auteurs, sans aucun doute une contribution certaine au rayonnement culturel du Royaume.

- Après l’avoir médiatisé, comment 2M va-t-elle accompagner le finaliste dans le temps ?

- Après la finale, le gagnant ou la gagnante sera accompagné pendant plusieurs mois par une équipe restreinte et durant toutes les étapes de la production de sa première exposition, qui aura probablement lieu dans un centre d’art.

Cette première expérience, prévue en mars 2023, sera assurément suivie par la chaîne. Un plan média sera soumis au moment adéquat. Nous devons néanmoins rester vigilants pour ne pas non plus tomber dans le piège de la surexposition !

- Peut-on imaginer d’autres saisons chaque année pour cette émission ?

- Nous sommes sur une saison 1 avec un objectif très important : installer le programme et créer sa place dans la grille où il devra faire ses preuves. Nous sommes plutôt satisfaits de la qualité du programme, du niveau des candidats et des possibilités de développement des artistes émergents grâce à ce programme. Nous sommes en mesure d’être au rendez-vous pour une prochaine saison.

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