Mise à niveau de la défense aérienne : Bir Anzarane, le nouveau verrou stratégique des FAR au Sahara
Dans le cadre d'une vaste stratégie de restructuration de ses infrastructures militaires, le Maroc accélère le déploiement de la base aérienne de Bir Anzarane. Ce nouveau pôle opérationnel, situé en plein désert, marque un tournant dans la gestion territoriale et sécuritaire des provinces du Sud, alliant discrétion tactique et puissance de surveillance technologique.
Depuis son accession au trône, le Roi Mohammed VI, chef suprême et chef d’état-major général des Forces armées royales (FAR), a impulsé une nouvelle vision visant à éloigner les casernes et les sites militaires sensibles des grands centres urbains. Ce projet de "délocalisation stratégique" répond à un double impératif de développement urbanistique et de sécurité opérationnelle. C’est dans ce sillage que s’inscrit la montée en puissance de la base de Bir Anzarane.
Une réponse à la vulnérabilité des zones urbaines
Jusqu'à présent, certaines installations majeures, à l’instar de la base de Laâyoune, souffraient d'une trop grande exposition. Enclavées dans le tissu urbain ou situées à proximité immédiate d’infrastructures civiles, ces bases étaient, de fait, sous le regard permanent de l'extérieur. "La base de Laâyoune est historiquement très exposée", souligne notre consultant militaire Abdelhamid Harifi.
"Malgré les clôtures, elle reste à la portée des caméras, et même les passagers des vols civils peuvent documenter les activités militaires au décollage ou à l'atterrissage".
Dans un contexte marqué par la multiplication des provocations armées à l’est du dispositif de défense, cette vulnérabilité est devenue incompatible avec les exigences de confidentialité des FAR. La base de Bir Anzarane a donc vocation à absorber progressivement les installations militaires de l’aéroport de Dakhla, en particulier les unités de drones, offrant ainsi un sanctuaire protégé et discret en plein Sahara.
Un maillon essentiel de la surveillance régionale
Mais Bir Anzarane ne se contente pas de remplacer d’anciennes structures : elle devient une base d’opérations avancée (Forward Operating Base). Son emplacement géographique permet d’étendre considérablement la portée des interventions aériennes marocaines.
Le déploiement massif de drones sur ce site assure désormais une surveillance 24 h/24 du mur de sable, tant sur son flanc Est que le long de la frontière avec la Mauritanie. Même si le dossier du Sahara est en voie de résolution diplomatique définitive, les FAR maintiennent une posture de dissuasion maximale.
Cette vigilance est cruciale face aux tentatives d'incursion visant à toucher des cibles vitales, comme la zone de Smara où les miliciens du front séparatiste ont perpétré un acte terroriste en mai 2024.
Une doctrine strictement nationale
Le développement de Bir Anzarane, qui suit de près celui de la base de Zag dans le premier secteur militaire de la Zone sud, alimente de nombreuses spéculations dans la presse internationale. Certains y voient une portée régionale, voire une future plateforme mise à la disposition de l’armée américaine.
"Ces théories ne reposent sur aucune logique doctrinale", précise Abdelhamid Harifi. La base de Bir Anzarane est donc un outil de souveraineté nationale, conçu par et pour les Forces armées royales. Sa mission reste strictement confinée à la protection de l'intégrité territoriale du Royaume et à la sécurisation de ses frontières.
Dans cette même dynamique de modernisation, un autre projet de grande envergure serait déjà en cours de construction pour remplacer, à terme, les bases de Laâyoune et de Smara. Si son emplacement demeure confidentiel, l'objectif est identique, celui de sanctuariser l'outil de défense marocain loin des regards indiscrets et des zones d'habitation, tout en verrouillant définitivement le ciel saharien.
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