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OCP table sur de bons résultats au deuxième semestre malgré la baisse des prix des engrais

Après avoir atteint un pic en avril, les prix des engrais se sont depuis inscrits à la baisse. Une donnée qui vient relancer la demande mondiale et fait espérer au groupe un beau finish en cette année 2022, après les résultats records engrangés au cours du premier semestre. Les explications du management du groupe.

OCP table sur de bons résultats au deuxième semestre malgré la baisse des prix des engrais

Le 27 septembre 2022 à 11h58

Modifié 27 septembre 2022 à 13h15

Après avoir atteint un pic en avril, les prix des engrais se sont depuis inscrits à la baisse. Une donnée qui vient relancer la demande mondiale et fait espérer au groupe un beau finish en cette année 2022, après les résultats records engrangés au cours du premier semestre. Les explications du management du groupe.

Le groupe OCP a profité, au premier semestre 2022, de la forte augmentation des prix des engrais qui ont pratiquement doublé par rapport à la même période de l’année dernière. Un effet prix qui a largement compensé la baisse de la demande au niveau mondial. Résultat : un chiffre d’affaires de 56 milliards de dirhams, contre 32,5 milliards au premier semestre 2021, soit une progression de 72%.

LIRE ÉGALEMENT : OCP : un chiffre d’affaires en hausse de 72% et le RNPG frôle les 17 MMDH (S1)

Contactée par Médias24, une source au sein du management du groupe nous explique que ce sont surtout les quatre premiers mois de l’année qui ont connu une accélération des prix. Une flambée, précise notre source, “étroitement liée à la forte hausse des coûts des matières premières, principalement le soufre et l'ammoniac”.

Une variable à laquelle il faut ajouter “les restrictions gouvernementales sur les exportations chinoises qui ont réduit l’offre de manière drastique, ainsi que l'impact du conflit Russie-Ukraine”, ajoute notre source.

La combinaison de ces facteurs explique le niveau de l’offre très serré qui a poussé les prix à la hausse globalement sur toutes les catégories de produits. Mais cette tendance sur les prix s’est inversée dès le mois de mai, souligne notre source.

Avec des prix abordables, les engrais se vendront mieux

“Depuis le mois de mai, et après avoir atteint un point culminant, les prix ont entamé une légère baisse, principalement en raison de l’impact sur la demande et le pouvoir d’achat des agriculteurs à travers le monde.”

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette baisse des prix ne va pas impacter de manière négative les performances d’OCP. Bien au contraire. Car qui dit baisse des prix, dit relance de la demande, surtout sur les engrais, matière essentielle pour l’agriculture mondiale, et produit qui représentait, à fin juin, une part de 63% du chiffre d’affaires du groupe.

“L’actuelle fourchette de prix des engrais indique une amélioration significative de l'accessibilité pour les agriculteurs par rapport au premier semestre 2022. Nous prévoyons donc une certaine reprise de la demande au second semestre de cette année par rapport aux niveaux de demande au premier semestre, reflétant également les faibles niveaux de stocks d’engrais dans plusieurs régions importatrices”, indique notre source.

Après un premier semestre record, où le groupe a fait exploser sa marge d’Ebitda à 50% contre 39% un an auparavant, avec un bénéfice net part du groupe de 17 milliards de dirhams (2 milliards de plus que ce qui a été réalisé sur toute l’année 2021 !), le groupe entrevoit ainsi un beau deuxième semestre : “OCP a réalisé des résultats parmi les meilleurs du secteur au premier semestre 2022, et nous avons terminé la période avec une situation financière solide. Nous prévoyons un second semestre tout aussi positif, où la demande devrait reprendre, soutenue par des niveaux de prix de produits plus abordables”, estime notre source.

Le risque de récession mondiale n’inquiète pas le management du groupe

Et ce n’est pas le risque de récession mondiale provoqué par les politiques anti-inflation de la Réserve fédérale des États-Unis (FED) et de la Banque centrale européenne (CCE) qui viendra freiner cet élan, comme nous le dit notre source. Le secteur des engrais est résilient aux secousses économiques.

“Comme nous avons pu le remarquer en période de crise Covid en 2020, le secteur des engrais ayant trait à la sécurité alimentaire mondiale, il fait preuve d’une plus forte résilience que d’autres secteurs industriels. De par son leadership en coûts et en capacités, OCP est un acteur plus résilient parmi ses pairs”, indique notre source.

Des perspectives qui réconfortent le groupe dans sa politique d’investissement tous azimuts, lui qui compte capter au maximum la progression de la demande mondiale sur les engrais en augmentant ses capacités industrielles.

Dans un marché où la demande croît, bon an mal an, entre 1,5% et 2% par an, soit l’équivalent de 1,5 à 2 millions de tonnes, OCP compte mettre dès cette année une offre additionnelle de 3 millions de tonnes, portant sa capacité globale à 15 millions de tonnes d’engrais.

Un programme d’investissement qui s’est accéléré au cours du premier semestre de l’année, confie notre source.

“Comme vous avez pu le voir, les dépenses en investissement au premier semestre 2022 ont augmenté de 68% d'une année sur l'autre (7,85 milliards de dirhams contre 4,3 milliards, ndlr). Cela était principalement lié à notre accélération stratégique du programme d'expansion de la capacité, qui apportera les 3 millions de tonnes de capacité supplémentaire à un coût très efficace pour OCP. Ces capacités monteront en puissance en 2023 et 2024, en ligne toujours avec les conditions du marché et en respectant les niveaux de la demande.”

Marché américain : le come-back pour 2023 ?

Et pour couronner le tout, OCP espère revenir dès 2023 sur le marché américain, un des marchés historiques du groupe, mais sur lequel il n’opère plus depuis 2020 en raison de la taxe de 20% qui a été infligée par l’administration américaine aux importations d’engrais.

Un problème qui n’a pas réellement affecté les résultats du groupe, qui a pu diversifier rapidement ses débouchés. Mais qui est pris à bras le corps par le management du groupe et ses avocats.

“Le dossier est toujours en cours. A noter qu'en juin 2022, le Département américain du Commerce a lancé un examen administratif de l'ordonnance CVD, par lequel l'agence examinera si le taux ad valorem appliqué aux importations d'engrais d'OCP aux États-Unis devrait augmenter ou diminuer. OCP participe pleinement à l'examen administratif dans le but de réduire le taux tarifaire appliqué à ses importations américaines. Une décision est attendue par le Département du Commerce en 2023”, signale notre source au sein du groupe OCP.

Et d’insister sur le fait que “le groupe OCP est profondément engagé à rester un partenaire clé et innovant de l'agriculture américaine, en donnant accès à une source fiable et opportune d'éléments nutritifs vitaux de haute qualité pour les cultures. Nous continuerons à travailler avec nos clients et parties prenantes américains, afin d’expliquer pour quelles raisons le fait d’imposer les tarifs sur les engrais phosphatés est injustifié, inapproprié, et n'est pas dans le meilleur intérêt des agriculteurs et des consommateurs américains”.

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