Saloua Karkri Belkeziz : “La Zlecaf va être le salut pour toute l’Afrique”
ÉMISSION ZONE FRANCHE. Dans cette édition de “Zone franche”, nous recevons Saloua Karkri Belkeziz, vice-présidente de l’Association marocaine des exportateurs, pour nous parler de la Zone de libre-échange continentale africaine, du partenariat avec le ministère de l’Industrie et du commerce et de l’actualité de l’ASMEX.
- Détails sur le travail de la task force export.
- Ses travaux ont duré six mois et seront prochainement dévoilés par le ministère de l’Industrie et du commerce.
- 10 milliards de dollars de potentiel identifié d’export additionnel pour l’Afrique.
- L'ASMEX travaille sur des stratégies à l’export pour les secteurs du halal et du bio.
Dans cet entretien avec Médias24, dans le cadre de l’émission Zone franche, Saloua Karkri Belkeziz, vice-présidente de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), revient sur l’accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et sur la façon dont l’association s’y prépare.
Les crises liées à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine ont démontré à quel point l’Afrique est dépendante du reste du monde. “La Zlecaf va être le salut pour toute l’Afrique”, estime Saloua Karkri Belkeziz.
Cet accord de libre-échange porte l’espoir du continent de gagner en souveraineté, notamment sur le front de l’alimentaire et de la santé. Réunissant tous les pays africains, cette zone sera la plus grande union douanière du monde. Elle représentera plus d’un milliard de consommateurs.
Selon la Banque mondiale, la Zlecaf peut générer près de 450 milliards de dollars aux pays africains. Une raison qui, selon la vice-présidente de l’ASMEX, laisse penser que cette zone de libre-échange sera une aubaine pour les entreprises marocaines, qui pourront y exporter et y investir plus facilement.
En attendant son application effective, l’ASMEX s’y prépare en s’engageant aux côtés de la task force export du ministère de l’Industrie et du commerce dans l’étude des marchés et des opportunités pour les entreprises marocaines.
Médias24 avait déjà annoncé quelques aspects des travaux de cette task force. Saloua Karkri Belkeziz, présidente de la commission Afrique au sein de l’ASMEX, nous donne plus de détails, en particulier sur la partie qui concerne les pays africains et la Zlecaf.
10 milliards de dollars de potentiel identifié d’export additionnel pour l’Afrique
On apprend que la task force est composée de trois stations : Export Impulse, Invest Impulse et Ecosystem Impulse. Ses travaux ont duré six mois et seront prochainement dévoilés par le ministère de l’Industrie et du commerce.
“L’étude a permis de dégager, secteur par secteur, le positionnement du Maroc dans le commerce international, que ce soit en termes de part de marché ou de croissance. Elle a également permis de définir les tendances de la demande par pays afin que l’offre marocaine puisse s’y aligner”, explique-t-elle.
“Par ailleurs, l’étude fournit la liste des produits les plus prioritaires, qui pourraient être ciblés par les exportateurs marocains, le potentiel identifié pour chacun de ces produits sur les marchés cibles, ainsi que le potentiel confirmé avec définition de l’accompagnement nécessaire”, poursuit-elle.
L’étude a couvert 53 filières et 200 produits, donnant lieu à 1.200 couples produit-marché ciblés. C’est un trésor pour nos opérateurs.
L’étude affiche par ailleurs le potentiel et les caractéristiques en termes d’investissement pour les opérateurs marocains dans les pays africains. Un travail a été réalisé avec les agences d’investissement, les chambres de commerce et les services économiques des ambassades de chaque pays pour rassembler les données nécessaires.
A partir de ce travail, une banque de projet a été réalisée, représentant 60 opportunités d’investissement qui présentent une pertinence stratégique pour le Maroc et ses opérateurs.
En plus de l’aspect relatif aux données, l’étude a dégagé des mesures à actionner, par le Maroc, pour tirer pleinement profit de la Zlecaf. Elles se déclinent en trois catégories : celles qui dépendent des institutions publiques, celles tributaires des institutions financières et celles qui relèvent du secteur privé.
Un partenariat renouvelé avec le ministère de l’Industrie
La convention qui liait l’ASMEX au ministère de l’Industrie et du commerce dans le cadre du plan d’accélération industrielle 2014-2020 est arrivée à échéance. Une nouvelle convention est en cours de préparation afin d’accompagner l’ASMEX dans les chantiers engagés.
Parmi eux, l’un consiste à développer ses délégations régionales et à toucher les PME exportatrices ou ayant un potentiel à l’export partout au Maroc. L’objectif est également de développer et de promouvoir l’offre exportable de chaque région en partant de ses spécificités.
En outre, l’ASMEX travaille sur des stratégies à l’export pour les secteurs du halal et du bio, des marchés sous-exploités selon Saloua Karkri Belkeziz.
La décarbonation de l’industrie est aussi l’un des chantiers importants sur lesquels l’ASMEX s’est engagée. La future taxe carbone qui sera mise en place par l’Union européenne n’est pas encore connue de tous les opérateurs. C’est un grand défi pour les entreprises exportatrices de s’y conformer. Une commission Décarbonation a été créée au sein de l’ASMEX spécialement pour s’y atteler.
L’ASMEX est aussi partenaire du programme Relance-Export. Lancé par le ministère de l’Industrie et du commerce, il propose d’accompagner 40 entreprises avec une contribution qui peut aller jusqu’à 4 millions de dirhams, indique Saloua Karkri Belkeziz.
Les entreprises éligibles sont celles qui ont un chiffre d’affaires à l’export de plus de 10 millions de dirhams et ambitionnent de pénétrer de nouveaux marchés ou de lancer de nouveaux produits ayant un potentiel confirmé. Elles ont jusqu’au 30 septembre pour déposer leurs dossiers de candidature.
Endin, le ministère de l'Industrie et du commerce travaille à apporter des améliorations à la distribution des revenus de la taxe parafiscale à l’importation, qui est destinée à la promotion des exportations. Les associations et fédérations professionnelles trouvent du mal à la débourser pour des raisons légales. Un comité de pilotage, dont l’ASMEX et l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) sont membres, a été créé pour assurer le suivi de ce projet.
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