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Éclairage public : les arguments de Lux Lighting pour relever les droits de douane

Les droits de douane sur les luminaires LED destinés à l'éclairage public sont réduits à 2,5% pour encourager l'efficacité énergétique. Lux Lighting, producteur marocain, réclame l'augmentation des taux pour des raisons de qualité, de sécurité et de souveraineté industrielle.

Vue aérienne de la ville de Fès

Éclairage public : les arguments de Lux Lighting pour relever les droits de douane

Le 6 septembre 2022 à 10h27

Modifié 6 septembre 2022 à 10h27

Les droits de douane sur les luminaires LED destinés à l'éclairage public sont réduits à 2,5% pour encourager l'efficacité énergétique. Lux Lighting, producteur marocain, réclame l'augmentation des taux pour des raisons de qualité, de sécurité et de souveraineté industrielle.

A la suite de notre article concernant la demande adressée au ministère de l’Industrie et du commerce pour l’augmentation des droits de douane sur les luminaires LED destinés à l’éclairage public, Lux Lighting, l’entreprise à l’origine de cette requête, a souhaité nous livrer son point de vue sur la question.

Même si la Commission consultative des importations a rendu un avis défavorable, le dernier mot revient au ministère de l’Industrie et du commerce, d’après Lahoucine Malal, directeur général de Lux Lighting. Aucune réponse officielle n’a été reçue à ce jour, assure l’entreprise.

Si l’on ne peut vérifier l’ensemble des chiffres avancés par les responsables de Lux Lighting, leur argumentaire mérite d’être entendu.

La réduction des droits de douane à 2,5% ne se justifie plus

La PME marocaine dénonce une concurrence déloyale, notamment celle de plusieurs produits d’origine chinoise qu’elle accuse de ne pas être aux normes de qualité et de sécurité photobiologique.

Elle ne remet toutefois pas en cause les produits européens, affranchis des droits de douane au titre de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne et qui, pour elle, présentent une bonne qualité.

On nous explique qu’une partie des produits chinois sont de bonne qualité, avec des prix similaires à ceux de Lux Lighting, et ne posent pas problème non plus. En revanche, ceux qui sont de mauvaise qualité peuvent être beaucoup moins chers.

Si le problème réside effectivement dans les normes de qualité et de sécurité, ne vaudrait-il pas mieux renforcer le contrôle à l’arrivée dans les ports marocains ? A cette question, l’entreprise assure qu’il n’existe aucun contrôle de qualité appliqué à ces produits importés, malgré l’existence de normes marocaines en la matière et les demandes réitérées par Lux Lighting.

Les autorités compétentes ne disposent pas des laboratoires techniques nécessaires, alors que l’entreprise de Casablanca dit disposer de son propre laboratoire qui lui a coûté près de 10 millions de dirhams. D’après ses responsables, 25% de ses produits subissent le contrôle qualité.

Face à cette situation, la demande adressée par Lux Lighting au ministère de l’Industrie et du commerce consiste à relever les droits de douane à 30%. Ils sont actuellement au taux de 2,5%, car l’Etat les avait réduits pour encourager le marché marocain à se tourner vers la technologie LED, dans un objectif d’efficacité énergétique.

L’entreprise estime que ce taux n’est plus justifié, puisque le pays en est devenu producteur. Elle avance même que si ce taux reste aussi bas, aucun autre fabricant ne s’aventurera à produire au Maroc.

Quant à l’argument qui veut que la baisse des prix des luminaires LED encourage les communes à accélérer leurs programmes d’efficacité énergétique, l’entreprise répond que la part des luminaires dans les marchés alloués à l’éclairage public ne dépasse pas les 10%.

Le marché marocain est estimé à 200.000 luminaires par an ; une grande partie ne concerne pas le renouvellement du parc, mais plutôt l’extension des villes. Dans ce contexte, le luminaire fait partie d’un grand marché d’aménagement de l’éclairage public, où l’on n’accorde généralement pas d’importance à la qualité des luminaires utilisés. Le critère du moins-disant pousse les entreprises concurrentes à sacrifier la qualité pour proposer les prix les moins chers.

Selon les responsables de l’entreprise, cette situation incite les entrepreneurs à choisir l’import au lieu de l’industrie. « Un importateur a 4 employés alors que l’industriel en a 120 ; pourquoi un entrepreneur s’entêterait-il à vouloir produire au Maroc, avec la difficulté et l’investissement qui en découlent alors qu’il pourrait simplement importer la marchandise ? », s’interroge le PDG de Lux Lighting.

Lux Lighting réclame 35% de part de marché au Maroc

Lux Lighting dit disposer d’une capacité installée de 400.000 luminaires par an, c’est-à-dire le double de ce que représente le marché marocain. Aujourd’hui, et malgré ces difficultés, elle réclame toujours 35% du marché marocain.

Par ailleurs, près de 50% de sa production est destinée à l’export, notamment vers l’Espagne, la France et la Belgique, vu que ses produits sont agréés et répondent aux normes européennes. L’Afrique est aussi un marché qu’elle considère à fort potentiel pour son développement.

L’entreprise, qui réalise aujourd’hui 100 millions de dirhams de chiffre d’affaires, n’a pas toujours été un fabricant. Lux Lighting a commencé son activité en tant qu’importateur pour le marché marocain. Le point de bascule a été la crise financière de 2008, où elle a eu des difficultés à se fournir auprès de ses partenaires européens qui rencontraient des problèmes financiers.

C’est à partir de ce moment-là qu’elle a investi dans le montage des pièces au Maroc, jusqu’à atteindre un taux d’intégration de 80%, selon les chiffres communiqués par l’entreprise.

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