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ECONOMIE

Le Maroc espère récupérer son Investment grade début octobre

Fitch Rating et S&P avaient privé le Royaume de son Investment grade en 2020 et en 2021 à cause des effets de la pandémie du Covid-19 sur l’économie et les finances publiques. Selon nos sources, leur avis pourrait changer lors de la prochaine appréciation de la signature Maroc début octobre. Ce qui pourrait ouvrir la voie à une belle sortie du Trésor sur le marché international de la dette.

Le Maroc espère récupérer son Investment grade début octobre
Siège du ministère de l'Economie et des finances à Rabat. Photo Médias24
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Le 29 août 2022 à 17h57 | Modifié 29 août 2022 à 18h15

Le Maroc espère recouvrer son Investment grade début octobre à l’occasion de la publication des nouvelles notes de Fitch Rating et S&P Global Ratings, apprend Médias24 de source sûre. Ces deux agences de notation avaient retiré au Maroc ce grade, élément que les investisseurs internationaux utilisent pour pricer la dette du pays, en pleine pandémie de Covid-19. D’abord Fitch Rating, le 26 octobre 2020, puis S&P, le 2 avril 2021.

Les deux agences avaient justifié cette dégradation de la note du Maroc par les effets de la crise du Covid sur l’économie, avec la forte contraction qu’a connue le PIB en 2020, ainsi que la détérioration du déficit budgétaire et l’envolée de la dette publique. Elles estimaient également que le pays ne pourrait probablement pas revenir à des niveaux de déficit acceptables d’ici 2024 au vu des grandes dépenses sociales engagées lors de la crise sanitaire et de la forte contraction des recettes étatiques.

Ces appréciations étaient lancées en pleine période d’incertitude économique. Mais il semble que les faits ainsi que l’orientation économique du pays en 2021 et en cette année 2022 vont inciter ces deux agences internationales à modifier leur avis sur la signature Maroc.

Équilibres budgétaires : le Maroc fait mieux que prévu

Au département des Finances, on travaille d’arrache-pied depuis la perte de l’Investment grade sur la récupération de cette notation, qui permettra au pays d’effectuer des levées à l’international à des conditions avantageuses. La politique budgétaire menée jusque-là a permis au Maroc de limiter la casse sur tous les plans, même après le déclenchement de la nouvelle crise inflationniste née du conflit russo-ukrainien.

Les agences internationales, et même des institutions nationales, tablaient tout naturellement sur une dégradation plus forte du déficit budgétaire du Maroc. Mais le pays a réussi à maîtriser l’équilibre de ses dépenses publiques, malgré le coût politique engendré. Le déficit budgétaire de l’année 2022 sera d’ailleurs fort probablement plus faible que ce qui a été prévu dans la loi de finances, nous révèle une source officielle, malgré la montée des charges de compensation, et ce grâce à une forte amélioration des recettes fiscales de l’Etat et des dividendes perçus de certains établissements publics.

« Ces performances budgétaires, qui ne sont pas faciles à réaliser dans un contexte de crise et d’envolée des dépenses sociales, sont à même de pousser les agences de notation à changer leur regard sur l’avenir des finances publiques, l’orientation du déficit et de la dette publique. Il y a également un élément important à prendre en compte : la reprise des secteurs exportateurs touchés par la crise, comme l’industrie et le tourisme, ainsi que la forte amélioration des transferts des MRE qui permettent d’envisager un rétablissement du déficit courant plus tôt que prévu. Tout cela plaide en faveur de la récupération de l’Investment grade, car les éléments qui ont poussé les agences de notation à le retirer ne sont plus d’actualité », nous explique un expert des finances publiques et des marchés de la dette souveraine.

Le terrain sera balisé pour une levée à l’international

Une source officielle nous indique que le Maroc cible ce retour de l’Investment grade et espère le récupérer dès octobre. Ce qui validera les choix de politique budgétaire des pouvoirs publics, ainsi que la solidité de la signature Maroc qui a su résister à des chocs successifs, et encouragera le Trésor à tenter sa chance sur les marchés internationaux pour réaliser la levée d’un maximum de 4 milliards de dollars comme prévu dans la loi de finances.

« L’amélioration de la notation du Maroc permettra certes au Trésor de lever plus facilement la dette à l’international et à des conditions avantageuses par rapport aux autres pays de la région. Mais ce n’est pas le seul élément dans la prise de décision au niveau du Trésor. Les taux actuellement à l’international sont orientés vers la hausse à cause des décisions de la Réserve fédérale des Etats-Unis (la FED) et de la Banque centrale européenne, qui ont relevé fortement et continueront d’augmenter leurs taux directeurs. Même avec l’Investment grade, une sortie à l’international peut ne pas être opportune au vu de ce contexte de marché. Tout dépendra donc des conditions de marché… », nuance un expert des marchés de la dette souveraine.

La récupération de l’Investment grade ne conditionnera donc pas la sortie du Trésor sur le marché de la dette. Mais elle sera à coup sûr un bon indice pour remettre le Maroc sur les radars des investisseurs internationaux et renforcer son image de destination d’investissement stable et crédible. Ce sera toujours ça de gagné…

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Le 29 août 2022 à 17h57

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