Essai : coup de fard pour le Citroën C5 Aircross
Pour son lifting de mi-carrière, le C5 Aircross change de visage et fait évoluer son intérieur. Nous avons pris son volant en prélude à sa commercialisation au Maroc, prévue dans les prochaines semaines.
Lancé fin 2018 (et commercialisé au Maroc au printemps 2019), le Citroën C5 Aircross mène une carrière plus qu’honorable, avec des ventes mondiales dépassant les 260.000 exemplaires. Il sacrifie aujourd’hui à l’exercice du lifting de mi-carrière, opération dont l’objectif est de le conformer aux nouveaux codes esthétiques maison, inaugurés par la C4 et appliqués il y a un an au petit frère, le C3 Aircross.
Un faciès plus viril
Là aussi, le bistouri s’est concentré sur la face avant. Le SUV aux chevrons troque son visage tout en rondeurs contre un faciès plus viril : isolé au centre de la calandre, le logo se prolonge de deux barres à pointillés chromés jusqu’aux optiques affinées et dotées d’une signature lumineuse en Y. Également revisité, le bouclier se pare d’écopes latérales verticales, de deux entrées d’air horizontales et d’un imposant sabot de protection. Le reste des modifications est anecdotique : le profil reste inchangé, tandis que la face arrière se contente de feux réaménagés avec un effet 3D.
Dans l’habitacle, l’essentiel des modifications touche à la partie centrale de la planche de bord. D’abord avec l’adoption d’un écran tactile implanté en hauteur et aux dimensions plus généreuses (10 pouces au lieu de 8) ; ensuite avec le remplacement du levier de vitesses (sur les versions à boîte automatique) par un petit curseur, dégageant ainsi un plus grand espace de rangement sur la console centrale.
De l’électricité dans l’Aircross
Il y a moins de nouveauté sous le capot. En essence, le menu se réduit au petit 1.2 l turbo de 130 ch, alors qu'en Diesel, l'offre donne toujours le choix (sur le marché marocain) entre le 1.5 l BlueHDi de 130 ch et le 2.0 l BlueHDi de 180 ch. Enfin, au sommet de la gamme trône la version hybride rechargeable Hybrid 225, que nous avons choisi comme monture pour cette session d’essai dans la région de Nice, en France. Et pour cause, absente de la gamme marocaine du C5 Aircross, cette variante pourrait bien l'intégrer à terme, ouvrant ainsi le bal de l’électrification des chevrons sous nos cieux.
Associant un 1.6 l turbo essence et un électromoteur, l’équipage aligne un total de 225 ch et 360 Nm de couple. Avec de tels chiffres, et malgré le poids conséquent (plus de 1.700 kg sur la balance), il offre logiquement au C5 Aircross des performances de premier ordre, bien secondé par la transmission automatique qui égrène ses 8 rapports en toute fluidité. Et quand le pied droit se fait lourd, le moteur électrique et ses 110 chevaux apportent un supplément bienvenu de punch, transformant les dépassements en simple formalité.
En ville, nous avons préféré nous caler sur le mode EV, qui recourt au seul électromoteur. Un choix judicieux, et pas seulement sur les plans économique et écologique : vif, volontaire et agréable à mener, ce rotor va comme un gant au SUV compact, d’autant que la batterie de 13,2 kWh lui permet de parcourir officiellement jusqu’à 55 km en tout électrique. De quoi réduire sérieusement la facture à la pompe : notre parcours, effectué dans des conditions variées et avec la batterie à 100% de charge, s’est soldé par une consommation moyenne sous les 6 litres aux 100 km. On est certes bien loin du 1,6 litre/100 km promis par le constructeur (sur le cycle WLTP), mais le score reste très avantageux sur un SUV de ce gabarit et de cette puissance.
Le confort d’abord
Le design du SUV français a changé, mais pas sa première qualité : le confort. Le moelleux de ses sièges "Advanced Confort" a été bonifié, et ses fameux amortisseurs à butées hydrauliques progressives avalent avec toujours autant de talent les inégalités du sol. Ce tableau idyllique est complété par une insonorisation soignée qui bénéficie de vitrages latéraux feuilletés… et de la présence d’un moteur électrique synonyme de silence total.
Mais bien qu’il fait clairement le choix du confort, le C5 Aircross n’a rien du paquebot mollasson : sa direction sait allier la précision à la légèreté, et son comportement routier n’a pas sacrifié l’efficacité sur l’autel du bien-être des passagers. Souverain sur les trajets autoroutiers, sain et équilibré à l’abord des petites routes de l’arrière-pays niçois, il peut même faire preuve d’un zeste de dynamisme.
Pour autant, le SUV français s’apprécie davantage en conduite coulée que couteau entre les dents. Voilà qui cadre parfaitement avec sa vocation familiale revendiquée : la banquette arrière composée de trois sièges individuels, coulissants et inclinables copie les monospaces, et son coffre se montre parmi les plus logeables du segment avec un volume variant de 460 à 1.510 litres sur cette variante hybride (et de 580 à 1.630 litres sur les versions thermiques). Dans la catégorie, peu font mieux.
Commercialisation dans quelques semaines
Habillé d’une livrée à la fois plus extravertie et plus statutaire, tout en conservant ses qualités de confort et d’habitabilité, le C5 Aircross restylé débarquera dans les showrooms marocains dans les prochaines semaines. À condition de maintenir des prix compétitifs, il paraît bien armé pour consolider (voire améliorer) sa place dans le segment très disputé des SUVs compacts.
Quant à la variante Hybrid 225, elle pourrait prendre dans quelques mois le relais du 2.0 l BlueHDi dans la gamme marocaine, certes en affichant des tarifs sensiblement supérieurs. Plus que par le différentiel de puissance, le surcoût se justifierait surtout par la possibilité d’effectuer ses trajets quotidiens en 100% électrique et les avantages qui vont avec : économies de carburant, silence de fonctionnement… et bonne conscience écologique.
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