Idées. Le rôle du prosélytisme religieux dans la crise sécuritaire au Sahel
L'aspect idéologique et religieux dans la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel, liée au terrorisme, figure parmi les sujets abordés dans le Rapport annuel sur la géopolitique de l'Afrique. Il sera prochainement publié par le Policy Center for the New South.
Le rôle des considérations idéologiques dans la prolifération de l’insurrection djihadiste au Sahel est souvent négligé dans l’analyse des origines de cette crise, au profit des thèses de la fragilité institutionnelle ou de la carence structurelle des Etats de cette région.
Or, il semblerait que certains acteurs religieux, influencés par des pays « qui voyaient la religion comme un instrument de conquête », ont mené cette radicalisation qui a débouché sur l'émergence de groupes d’individus fanatisés, porteurs d'un projet religieux fondé sur le dijhadisme.
C’est l’idée qu'a défendue Lassina Diarra, chercheur et consultant au Centre des stratégies et de sécurité pour le Sahel Sahara, en Côte d’Ivoire, lors de sa participation à la 6e édition de l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO).
"Lorsque le Mali sortait de la transition autocratique de Moussa Traoré, la scène politique malienne n’était plus capable de proposer une alternance politique crédible, ce qui a laissé des espaces d’expression à ces acteurs qui promeuvent une idéologie violente", explique-t-il. "Au Mali, il y a des acteurs religieux qui sont plus écoutés et plus influents que l’Etat. Pourtant, ils promeuvent une forme exogène de la pratique religieuse connue en Afrique de l’Ouest de façon générale."
Le chercheur ivoirien pense également que les liens des djihadistes au Sahel avec le narcotrafic sont surestimés. Il s'agit, selon lui, de personnes ayant subi « un lavage de cerveau » qui agissent avant tout par conviction idéologique.
"Ils profitent de l’activité criminelle, mais n’exercent pas en tant que tels. Quand vous voyez l’axe Bénin-Burkina, ils contrôlent les points de passage, mais avec ce qu’ils appellent des droits de passage pour les trafiquants", souligne-t-il.
Le Rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique
Le Policy Center for the New South (PCNS) va publier, en septembre prochain, la nouvelle édition de son Rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique. Cet ouvrage se veut un recueil des principaux événements géopolitiques de l’année sur le continent, étudiés et analysés par des experts et chercheurs exclusivement africains.
L’édition de cette année a été coordonnée par Abdelhak Bassou, senior fellow au sein du PCNS. Elle est composée de 19 chapitres, organisés en 4 parties : Régions, Sécurité et défense, Politique et gouvernance, Société et cultures, en plus d’une partie introductive en guise de synthèse.
Trois chapitres ont fait l’objet de présentations lors d’un panel dédié à ce rapport, dans le cadre de la 6e édition de l’African Peace and Security Annual Conference, organisée par le PCNS les 20 et 21 juillet 2022.
Le chapitre intitulé « Islamisme et violence en Afrique de l’Ouest : du prosélytisme salafi au jihad armé » a été présenté par Lassina Diarra ; « La CEDEAO à l’épreuve des changements anticonstitutionnels de gouvernants : portée et limites de son pouvoir de sanction », par Sâ Benjamin Traoré ; et « La crise de Cabo Delgado au Mozambique : quelles réponses africaines ? », par Nezha Alaoui M’Hammdi.
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