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Désintermédiation et flambée des tarifs aériens, freins à la reprise des agents de voyage ?

Alors que la reprise bat son plein, des agents de voyages affirment ne pas en profiter et n’avoir aucune visibilité, après une crise qui a instauré de nouvelles habitudes de consommation. A contrario, le président de la fédération se veut optimiste quant à un retour à une activité normale d’ici aux fêtes de fin d’année.

Désintermédiation et flambée des tarifs aériens, freins à la reprise des agents de voyage ?

Le 17 juillet 2022 à 7h41

Modifié 17 juillet 2022 à 7h41

Alors que la reprise bat son plein, des agents de voyages affirment ne pas en profiter et n’avoir aucune visibilité, après une crise qui a instauré de nouvelles habitudes de consommation. A contrario, le président de la fédération se veut optimiste quant à un retour à une activité normale d’ici aux fêtes de fin d’année.

Si la majorité du secteur touristique est satisfait du retour de la croissance du trafic aérien, et donc des arrivées d’étrangers ou de MRE, les intermédiaires que sont les agents de voyages se plaignent de ne pas récolter les fruits en raison de plusieurs changements induits par la pandémie et la conjoncture actuelle.

Le pèlerinage 2022 n’a pas profité aux agents de voyages

Ainsi un opérateur très connu de la profession confie que l’exceptionnelle reprise ne profite pas à son secteur. A part le pèlerinage pour lequel « les agents de voyages se sont littéralement écharpés pour tâcher de profiter d’une partie du quota de pèlerins, il n’y a pas eu de rebond d’activité », témoigne-t-il.

Selon lui, ce n’est pas avec les 5.000 voyageurs attribués au Maroc que « sa profession pourra reprendre du poil de la bête, après deux ans de crise qui ont totalement sinistré le secteur, et des tarifs qui ont flambé ».

« Comment les quelques agences à qui on a distribué à peine un tiers du nombre de voyages de pèlerins peuvent-elles faire des bénéfices, quand on sait que le ministère des Habous, qui commercialise les deux tiers du quota, a vendu toutes les prestations du pèlerinage (avion, hôtel…) au prix coûtant de 60.000 dirhams », s’interroge notre source, pour qui l’Etat pratique une concurrence déloyale. Remettant en question la vocation de voyagiste du ministère des Habous, notre interlocuteur estime que ce dernier doit déléguer l’ensemble de la prestation du pèlerinage aux agents de voyages, avec si nécessaire un cahier des charges.

Les nationaux boycottent les intermédiaires physiques

Concernant la captation du marché domestique, notre interlocuteur indique que les touristes nationaux ne passent plus, ou alors de moins en moins, par les services d’une agence pour réserver un séjour à l’hôtel. Ils préfèrent s’adresser directement à l’établissement dans l’espoir de bénéficier de meilleurs tarifs d’hébergement.

Contrairement aux opérateurs étrangers qui souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée pour satisfaire la demande, la profession est confrontée à un problème de pouvoir d’achat. Selon notre opérateur, le chèque-vacances pourrait booster les voyages des nationaux et, par conséquent, l’activité des agences de voyages.

Les MRE préfèrent réserver sur des sites étrangers 

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne les sollicitent pas non plus pour les billets d’avions qu’ils préfèrent acheter sur des plateformes, dans leur pays de résidence ; de même, pour un séjour à l’hôtel qu’ils réservent en direct auprès de l’établissement ou à travers Booking.

Interrogé sur leur utilité à une époque où les sites de réservation en ligne permettent ou donnent l’impression de réaliser des économies alors que les agences physiques vont facturer leur intermédiation, notre source objecte qu’un bon agent de voyages permet d’éviter certaines mauvaises surprises, comme des escroqueries ou des chambres vendues plusieurs fois.

Selon lui, « en cas de problèmes, le client qui a un contrat avec l’agent sait à qui s’adresser et, confronté à un souci à l’arrivée, ce dernier est tenu de rapatrier son client alors qu’un site le laissera dans la nature ».

L’explosion des tarifs aériens décourage les étrangers comme les Marocains 

S’il reconnaît que la demande de séjours de touristes étrangers est bien réelle, notre interlocuteur affirme que le renchérissement des tarifs aériens, dont certains ont connu des hausses allant jusqu’à 100%, décourage une bonne partie des groupes habitués à effectuer des réservations dans son agence.

Et ce, malgré la forte envie de voyager au Maroc des étrangers après la pandémie, ou alors des Marocains qui partent généralement l’été en Turquie, Indonésie, Thaïlande…

En effet, le conflit entre la Russie et l’Ukraine a fait exploser le cours du kérosène qui a dû être répercuté sur le prix des billets, sans compter les problèmes d’obtention des visas pour ceux très nombreux qui se rendaient en Europe durant l’été.

« Les agents locaux devront attendre la saison hivernale pour rebondir »

Mohamed Semlali, qui préside la Fédération nationale des agences de voyages, se veut plus optimiste sur les effets de la crise mondiale, qu’il juge gérables. Il évoque une reprise progressive d’activité pour son secteur, dans l’attente des événements MICE qui se préparent des mois à l’avance.

« S’il est vrai que les prix des billets d’avion ont beaucoup augmenté, selon moi, cela n’empêchera pas les MRE ou étrangers bloqués chez eux pendant deux longues années de se rendre au Maroc en été. »

« Sachant que le Maroc a ouvert tard son ciel et que plusieurs lignes sont encore fermées, l’offre aérienne n’est pas suffisante pour satisfaire la grande demande, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les tarifs aériens ont augmenté », précise le président qui parle de reprise progressive, mais indéniable.

En conclusion, Semlali avance que la récente instauration d’un visa électronique, qui concerne un marché potentiel de millions d’étrangers, permettra de revenir au niveau d’activité de 2010 dès la fin de l’année.

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