Collectivités territoriales : une “instance” pour développer les capacités des ressources humaines
Une étude de la DGCT pointe les déficits en ingénieurs et médecins dans les collectivités territoriales. "L’Instance nationale d'orientation dans le domaine des ressources humaines et de la formation" sera bientôt opérationnelle. Ses travaux seront appuyés par les données fournies par un Observatoire dédié.
89.741. C’est le total des effectifs affectés à l’ensemble des collectivités territoriales au Maroc. Un corps composé à 66% de techniciens-adjoints et d'assistants administratifs. Le reste est réparti entre les cadres supérieurs (24%) et moyens (10%).
Ces statistiques résultent d’une étude menée par le service de l’Observatoire de la mobilité et des carrières, entité rattachée à la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT).
Le personnel territorial est régi par les dispositions applicables aux corps interministériels. 49% de ces ressources occupent des fonctions administratives, avec une majorité d’administrateurs. 51% du personnel est, quant à lui, affecté à des tâches techniques. Cette catégorie est composée pour l’essentiel de techniciens (45%), avec un manque criant en ingénieurs, médecins ou infirmiers ; des profils qui ne constituent respectivement que 5%, 0,4% et 0,4% de cette catégorie.
« Ce sont des fonctions dont les collectivités territoriales ont grandement besoin mais qui sont actuellement sous pression », explique Abdelkbir Drider, chef de la division des ressources humaines à la GGCT. Il s’exprimait lors d’une rencontre tenue le 7 juillet à Rabat, marquée par lancement de la mise en œuvre de « l’instance nationale d'orientation dans le domaine des ressources humaines et de la formation ».
L’instance est au cœur d’une stratégie nationale de formation amorcée en 2020 par le ministère de l’Intérieur. Sa création survient dans un contexte d’augmentation des besoins en métiers à valeur ajoutée (ingénieurs, médecins, etc.), couplés aux départs massifs de fonctionnaires qui atteindront l’âge de retraite dans les cinq années à venir, souligne Mohamed Berachel, chef de la division de la programmation et de la formation à la DGCT.
D’autres écueils viennent justifier une intervention d’urgence et à différents niveaux. L’intervenant cite un système de gouvernance lacunaire, un cadre légal incomplet (responsabilités et missions peu claires) et des ressources humaines dont les fonctions ne sont pas exploitées à bonne escient.
Coté gouvernance, l'instance se chargera de fixer les grandes orientations en matière de « gestion » et de « développement des capacités » des ressources humaines. Elle sera coprésidée par le wali directeur général des collectivités territoriales, et le président de l’association des régions du Maroc. Son déploiement effectif dépend de l’adoption d’un décret. La présentation de ce texte au Secrétariat général du gouvernement est prévue pour novembre 2022, précise Rachid Benabderrahmane, chef de l’ingénierie de formation à la DGCT.
La région et les différentes collectivités territoriales interviendront dans « l’exécution » des orientations tracées par l’instance, avec « l’appui » des provinces et préfectures.
Pour sa part, la DGCT agira, notamment, via « l’Observatoire national des métiers des collectivités territoriales », autre mécanisme phare de la stratégie. Développé et géré par la DGCT, ce mécanisme sera à la base des futures décisions de l’instance.
« L’Observatoire s’attèlera au recensement de ces ressources qui feront l’objet d’une base de données dédiée. Il est question de développer les métiers existants, tout en anticipant l’émergence de profils nouveaux en fonction de la demande et de l’évolution technologique », explique Khalid Safir, wali directeur général des collectivités territoriales. « Il permettra de bonifier et de rationaliser la gestion des ressources humaines », assure le wali.
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