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Le pétrole passe sous la barre des 100 $ le baril

Les prix du pétrole poursuivaient ce 6 juillet leur déclin, après la chute de la veille entraînée par les craintes de récession et d'une baisse de la demande. Pour la première fois depuis le mois d'avril, le prix du baril est passé sous la barre des 100 dollars, notamment du fait de la forte appréciation du dollar.

Le pétrole passe sous la barre des 100 $ le baril

Le 6 juillet 2022 à 17h13

Modifié 6 juillet 2022 à 17h31

Les prix du pétrole poursuivaient ce 6 juillet leur déclin, après la chute de la veille entraînée par les craintes de récession et d'une baisse de la demande. Pour la première fois depuis le mois d'avril, le prix du baril est passé sous la barre des 100 dollars, notamment du fait de la forte appréciation du dollar.

Ce mercredi 6 juillet 2022, vers 15h00 GMT (17h00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 3,00% à 99,69 dollars, glissant sous la barre symbolique des 100 dollars le baril pour la première fois depuis avril. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, chutait quant à lui de 3,18% à 96,34 dollars, également un plus bas depuis avril.

Le 5 juillet déjà, les deux références du brut avaient connu leur plus forte baisse quotidienne depuis mars, lorsque les cours s’étaient envolés avec l’annonce d’un embargo américain sur le pétrole russe, avant de plonger quelques jours plus tard.

« Les prix du Brent ont enregistré la troisième plus forte baisse absolue depuis que le contrat à terme a commencé à être négocié en 1988 », affirment les analystes d’UBS, le Brent ayant dégringolé de 9,45% à la clôture après avoir dévissé de près de 11%.

« Les craintes de récession ont probablement poussé certains investisseurs à se retirer du marché du pétrole », qui était vu comme un moyen de profiter de l’inflation, poursuivent les analystes d’UBS.

« Outre le pessimisme croissant concernant l’avenir de l’économie, les prix du pétrole ont également été affectés par la résurgence du dollar », affirme Stephen Brennock, de PVM Energy.

Le Dollar index, qui compare la devise américaine à d’autres grandes monnaies, a atteint mercredi 107,26 points, un plus haut depuis deux décennies. Or, une appréciation marquée du billet vert pèse sur l’or noir, puisqu’il affaiblit le pouvoir d’achat des investisseurs utilisant d’autres devises.

Pour Fawad Razaqzada, analyste chez City Index interrogé par l’AFP, les prix du brut ont désormais franchi un niveau psychologique important.

Dans un scénario de récession, les analystes de Citi évoquaient même des prix du pétrole qui tomberaient à 65 dollars le baril d’ici à la fin de l’année, puis à 45 dollars en l’absence d’intervention de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+).

Pas de changement fondamental 

Les analystes insistent cependant sur le fait qu’aucun changement fondamental n’a bouleversé le marché du pétrole depuis mardi. L’approvisionnement en or noir reste scruté, des perturbations de la production ayant lieu dans certains pays producteurs.

Pour Stephen Brennock, après le « bain de sang » de la veille, les prix du pétrole devraient même rebondir, les fondamentaux du marché n’ayant pas changé.

« D’une part, une récession pourrait facilement réduire la demande de pétrole. D’autre part, l’offre reste serrée », résume Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Le géant norvégien Equinor a cependant annoncé mercredi la reprise de la production dans trois gisements de pétrole et de gaz, après l’intervention d’Oslo pour mettre fin à une grève qui menaçait les exportations de la Norvège.

L’incertitude se cristallise autour de la capacité de l’Opep+ à produire plus de brut. L’alliance a réitéré ses « préoccupations concernant les problèmes de capacité dus à des années de sous-investissement et l’impact des interdictions d’importation de la Russie », souligne Susannah Streeter de Hargreaves Lansdown.

Le soulagement ne devrait pas non plus venir du côté du pétrole iranien, toujours sous sanctions américaines, les dernières discussions indirectes à Doha entre Iraniens et Américains n’ayant pas donné les résultats escomptés.

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