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Mobilité : réflexion publique en vue de privilégier les transports en commun à travers le Maroc

Confronté à une croissance constante de la circulation routière, un groupe ministériel étudie les moyens d’éviter aux villes du Maroc de subir à terme l'enfer des embouteillages. Explications.

Mobilité : réflexion publique en vue de privilégier les transports en commun à travers le Maroc

Le 4 juillet 2022 à 13h50

Modifié 4 juillet 2022 à 16h07

Confronté à une croissance constante de la circulation routière, un groupe ministériel étudie les moyens d’éviter aux villes du Maroc de subir à terme l'enfer des embouteillages. Explications.

« Une grande réflexion a été lancée récemment pour renforcer la diversité et la qualité de notre réseau de transports en commun (rail, autocar…) et permettre à nos citoyens de se rendre de leur domicile jusqu’à l’autre bout du pays, s’il le faut, dans de bonnes conditions », nous annonce une source autorisée. Elle rappelle que le Maroc a fait, depuis quarante ans, le choix de développer les infrastructures routières et le transport individuel.

Un modèle à l’américaine désormais dépassé

Selon notre interlocuteur, le pays s’est d’abord chargé de développer, dans les années 1980, son réseau routier et autoroutier pour inciter le citoyen marocain à acquérir son propre véhicule ; un idéal à l’américaine où la priorité d’un plan de vie est d’accéder à un logement individuel et de posséder une voiture pour assurer ses trajets locaux ou interurbains.

Mais avec le niveau de vie en amélioration du Royaume et ses 35 millions d’habitants, le parc automobile géant et la circulation routière croissante occasionnent un véritable casse-tête aux autorités. Citons, à titre d’exemple, l’autoroute Rabat-Casablanca toujours bondée, qui s’apparente davantage à un boulevard circulaire qu’à une autoroute à trois voies.

« Dans vingt ans, le trafic routier n’aura plus rien à envier à celui de Mexico »

« Si rien n’est fait, les bouchons seront si ingérables qu’au lieu d’effectuer le trajet entre les villes en une heure et demie maximum, les habitants de Rabat ou Casablanca passeront dans vingt ans près de trois heures à l’aller dans leur voiture et idem au retour, soit six heures au total pour moins de 200 kilomètres. »

Quant aux solutions envisagées, notre interlocuteur évoque la nécessité d’augmenter les fréquences de la LGV Boraq et de mettre en place un système de mobilité intermodale coordonné. Ainsi, dès la sortie d’une gare ferroviaire, le voyageur disposera d’un taxi ou de lignes de bus et de tramway, avec un service de meilleure qualité qui l’incitera à ne plus emprunter son véhicule pour se déplacer.

C’est la raison pour laquelle cette réflexion, lancée récemment par plusieurs départements ministériels, devra faire l’objet d’une mobilisation nationale. Il s’agit d’éviter de se retrouver dans une situation comme celle de la ville de Mexico, avec une moyenne quotidienne de cinq heures de circulation routière entre le domicile et le lieu de travail.

« Pour cela, il faudra convaincre les ministres concernés par cette initiative, mais surtout les responsables des territoires qui devront jouer collectifs dans l’orientation de leur plan de développement régional (PDR), avec des arbitrages financiers qui favoriseront plus le transport public subventionné que les autoroutes », indique notre source.

« Le choix sera simple entre construire une nouvelle route, qui ne fera qu’aggraver la circulation locale et interurbaine, ou alors agir pour avoir plus de moyens de transport en commun sur la voirie disponible. Cela n’empêchera pas les automobilistes d’emprunter leur véhicule, même dans les bouchons, mais permettra aux autres de circuler plus facilement grâce aux transports en commun locaux ou interurbains. »

Brider la circulation urbaine avec des taxes

Si les Marocains finissent par comprendre que la voiture n’est pas la solution d’avenir, et qu’un système diversifié de transports en commun de qualité à des tarifs abordables est préférable, notre interlocuteur évoque la nécessité de mettre en place des freins au développement effréné du parc automobile.

En d’autres termes, ceux qui persisteront à utiliser leur véhicule, alors qu’ils pourraient s’en passer, seront considérés comme ayant fait un choix de confort. De ce fait, ces automobilistes seront taxés, à l’instar des Londoniens qui doivent payer des charges de circulation de plus en plus élevées à l’entrée de la ville.

Autre exemple extrême à Singapour, où ceux qui veulent acquérir une voiture luxueuse (à partir de 500.000 DH) doivent automatiquement verser le même montant aux services fiscaux !

A contrario, la mutualisation d’un véhicule pour effectuer un trajet sera encouragée par l’Etat, afin de permettre de décarboner l’atmosphère et de s’inscrire dans un contexte mondial de lutte contre la pollution.

Précisant que ce projet exigera plusieurs décennies, notre source conclut que sa concrétisation s’inscrira nécessairement dans un cadre juridique, avec une loi-cadre sur la mobilité qui devra être tracée dans deux ans pour des résultats à long terme.

L’objectif étant d’abandonner la circulation routière avec son cortège de bouchons, de pollution et de temps perdu en faveur d’un système de transports en commun mieux connecté et plus efficace que celui qui existe actuellement.

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