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Importation du GNL au Maroc : premiers détails d’une opération discrète (source espagnole)

Trois jours après le début des livraisons de gaz naturel liquéfié au Maroc, une source espagnole a révélé à Médias24 plusieurs détails inédits sur une opération commerciale conclue entre le Royaume et un fournisseur étranger dont l'identité reste étrangement secrète. Explications.

Importation du GNL au Maroc : premiers détails d’une opération discrète (source espagnole)

Le 30 juin 2022 à 19h13

Modifié 1 juillet 2022 à 5h38

Trois jours après le début des livraisons de gaz naturel liquéfié au Maroc, une source espagnole a révélé à Médias24 plusieurs détails inédits sur une opération commerciale conclue entre le Royaume et un fournisseur étranger dont l'identité reste étrangement secrète. Explications.

Si l’identité du fournisseur de gaz naturel liquéfié au Maroc est entourée de secret, avec le refus sans appel de communiquer de la part du ministère de la Transition énergétique, de l’ONHYM et de la société espagnole Enagas chargée d’injecter le GNL dans le gazoduc GME, une source ibérique, qui nous a confirmé que le contrat en question était entouré d’une extrême confidentialité, a néanmoins accepté de nous révéler quelques détails de l’opération.

« Le débit horaire actuel correspond au double de celui nécessaire pour honorer la commande »

Tout en affirmant n’avoir pas connaissance du volume de gaz livré au Maroc depuis soixante douze heures, elle nous a appris qu’après plusieurs mois de fermeture du GME, le flux gazier qui avait démarré lentement le lundi 27 juin 2022, est désormais suffisant pour livrer 1,145 milliard de m3, soit plus du double des 500 millions prévus par le contrat signé récemment qui court jusqu’au 26 juin 2023.

« Arrivé à son pic, ce débit qui est actuellement de 132.571 Nm3 par heure va évoluer en fonction de la consommation des deux stations thermiques de Tahaddart et de Aïn Beni Mathar fonctionnant au gaz naturel, qui sont les destinataires finaux du gazoduc et constituent pour l’instant les besoins immédiats du Maroc.

Dans le cas où elles fonctionneraient 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, le flux d’approvisionnement devrait certainement baisser si l’on s’en tient à la commande de 500 millions de m3. »

D’après notre interlocuteur, le débit fluctuant à dessein est largement suffisant pour honorer les termes du contrat signé entre le Maroc et son fournisseur mystère.

La procédure de gazéification et d’injection dans le GME

Concernant le rôle d’Enagas, notre source indique que cet opérateur spécialisé dans l’acquisition, le transport, la regazéification et le stockage de gaz naturel a, dans un premier temps, reçu le gaz liquéfié livré par un méthanier acheté par le Maroc, avant de le traiter pour l’envoyer au GME.

Ainsi,  notre interlocuteur précise qu’avant d’injecter dans le gazoduc le gaz liquide acheté par le Maroc sur le marché international, Enagas le réceptionne dans ses infrastructures du terminal de Huelva, à proximité de Tarifa, pour le regazéifier.

Il est ensuite transféré dans un pipeline qui connecte Huelva au réseau gazier espagnol, pour être enfin injecté à l’état gazeux dans la bretelle du gazoduc vers le Maroc.

Le mystère délibérément entretenu sur l’identité du fournisseur 

A la question de savoir si c’était le Maroc ou le fournisseur qui rémunérait Enagas pour ses services, l’expert a dans un premier temps refusé de répondre avant de laisser entendre que l’expéditeur qui lui livrait le gaz liquéfié était son client, et pas l’Etat marocain destinataire du gaz.

Mais nous n’avons eu aucune certitude et encore moins de réponse sur le montant financier exigé par la société espagnole pour recevoir, traiter puis injecter le gaz à Tarifa vers le Maroc.

Malgré notre insistance, notre interlocuteur n’a pas souhaité révéler l’identité du fournisseur mais il a laissé entendre que le plus important n’était pas de déterminer « sa nationalité émiratie ou américaine », mais de savoir si en réalité « le secret n’était pas délibérément entretenu pour empêcher la presse de déterminer si le prix des 500 Mm3 était une affaire pour le Maroc ou s’il était plus élevé que celui pratiqué auparavant par le fournisseur algérien ».

Un contrat cadenassé pour des raisons géopolitiques ?

De plus, afin d’éviter d’être accusé de fournir le Maroc en gaz algérien, notre interlocuteur a ajouté que la société Enagas était également responsable  » de certifier scientifiquement qu’aucune molécule du gaz injecté dans le GME n’était originaire du voisin de l’Est ».

En dernier lieu, l’expert nous a confié que bien « que le contrat signé entre le Maroc et son fournisseur soit léger en termes de volume de gaz commandé par rapport à ceux signés avec d’autres clients européens de Enagas comme le Portugal, c’est un contrat cadenassé en termes de confidentialité à cause du contexte tendu entre le Maroc et son voisin ».

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