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Advanced Vision Morocco, filiale du groupe Binladin, en redressement

Advanced Vision Morocco, filiale du saoudien CPC, fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire. La société a failli passer sous le giron de TGCC, qui a formulé une offre à 110 MDH avant de se rétracter suite à une due diligence comptable.

Advanced Vision Morocco, filiale du groupe Binladin, en redressement

Le 21 juin 2022 à 15h30

Modifié 21 juin 2022 à 15h57

Advanced Vision Morocco, filiale du saoudien CPC, fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire. La société a failli passer sous le giron de TGCC, qui a formulé une offre à 110 MDH avant de se rétracter suite à une due diligence comptable.

Advanced Vision Morocco est en cessation de paiement. Un temps convoitée par TGCC, la filiale de CPC Construction Products International Ltd (groupe saoudien Binladin) a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Casablanca.

Datant du 12 avril, le jugement n’a pas encore été publié au Bulletin officiel. Il fait suite à la demande déposée par l’entreprise elle-même, résultat des difficultés cumulées durant les deux dernières années.

Au Maroc, AVM est active depuis 2014 sur les marchés de la fourniture de services de génie électrique et climatique. Elle opère précisément dans « l’exploitation des chantiers d’électricité et d’électromécanique et travaux de construction ». Avec pour principaux clients des entités comme l’Office national des aéroports, OCP ou Casablanca Finance City.

La société, qui emploie 252 salariés (+500 employés intérimaires), a connu son apogée en 2016, année durant laquelle elle atteindra les 457 MDH de chiffre d’affaires. S’ensuit une baisse des résultats, ponctués ces deux derniers exercices par des pertes qu’AVM impute essentiellement à des clients mauvais payeurs.

La situation a impacté ses équilibres financiers et accentué sa dette. Elle a été amplifiée par la pandémie et l’accumulation de tracas administratifs, liés à une remise définitive des travaux dans « des chantiers importants ». D’où des déséquilibres financiers ayant accentué l’endettement de l’entreprise, estimé actuellement à près de 150 millions de dirhams, selon les données fournies au tribunal.

Entreprise en difficulté, mais en vie

Dans son jugement, le tribunal de commerce constate qu’AVM exerce toujours son activité, mais n’arrive pas à honorer ses engagements vis-à-vis des créanciers. Son actif disponible ne couvre pas son passif exigible, traduction comptable de la cessation de paiement.

Néanmoins, la société « préserve son capital », tout en faisant valoir des fonds propres positifs (99 MDH) ainsi que des actifs importants (52 MDH). En gros, sa « situation n’est pas irrémédiablement compromise », tranche la formation collégiale présidée par le juge Abderrafii Bouhamria. Façon de balayer l’argument d’un créancier venu réclamer, au cours du procès, la mise en liquidation d’AVM.

La société fait l’objet de nombreuses actions judiciaires, dont plusieurs initiées par des établissements bancaires. Le jugement de redressement court-circuite toutes ces actions, y compris les saisies, qui seront suspendues le temps que le tribunal fixe une solution aux difficultés d’AVM. Soit, entre autres, l’adoption d’un plan de continuation.

Le management de l’entreprise affirme que ces difficultés sont « passagères » et qu’il est en mesure de régler l’intégralité de ses dettes en quatre ans, sous réserve de recouvrer ses propres créances. Le plan de continuation, s’il est validé, pourrait s’étaler sur un délai maximum de dix ans.

TGCC a failli racheter AVM

La solution peut aussi consister en une cession aux tiers. Prévue par le Code de commerce, cette issue était envisagée avant le jugement de redressement. Avec comme candidat un grand groupe marocain des BTP, Travaux généraux de construction de Casablanca (TGCC).

En quête de diversification, la société dirigée par Mohammed Bouzouba avait formulé une offre de 110 millions de dirhams pour l’acquisition du contrôle exclusif d’AVM. Une lettre d’intention a été signée le 29 mars 2021 avec la société mère saoudienne (CPC). Le projet de rapprochement a même été notifié au Conseil de la concurrence qui a donné son autorisation en octobre 2021 (décision publiée au B.O. du 8 novembre 2021).

Finalement abandonnée, l’opération devait permettre à TGCC de développer son activité en s’appuyant sur « l’expertise technique de l’établissement cible et ses ressources humaines qualifiées dans les domaines de l’électrotechnique, de la climatisation et de la thermique ».

« Il y a quatre ou cinq mois, nous avons effectué des dues diligences comptable et technique. Nous avons découvert la portée réelle des difficultés d’AVM, ce qui nous a conduit à abandonner cette piste », affirme une source à TGCC, contactée par Médias24.

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