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Une ligne de transport maritime par roulier reliera Agadir à l’Afrique de l’Ouest

Transport maritime par roulier, hub international de produits frais, aérodrome cargo… La Confédération générale des entreprises du Maroc porte des projets structurants pour la région Souss-Massa. Le point avec son président régional, Driss Boutti.

Une ligne de transport maritime par roulier reliera Agadir à l’Afrique de l’Ouest

Le 9 juin 2022 à 11h24

Modifié 9 juin 2022 à 13h01

Transport maritime par roulier, hub international de produits frais, aérodrome cargo… La Confédération générale des entreprises du Maroc porte des projets structurants pour la région Souss-Massa. Le point avec son président régional, Driss Boutti.

Une ligne de transport maritime utilisant des navires de type roulier (ro-ro) entrera très prochainement en fonction à partir du port d’Agadir vers des ports d’Afrique de l’Ouest. Ces navires, qui permettent de transporter des camions avec leurs marchandises et leurs chauffeurs, seront une alternative au transport terrestre.

Une convention devrait être signée dans deux semaines environ afin de concrétiser ce projet, a annoncé le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) de la région Souss-Massa, Driss Boutti, à l’occasion des Régionales de l’investissement, organisées à Agadir ce 8 juin par la Banque populaire. En marge de cet événement, il nous a communiqué davantage de détails sur ce projet et d’autres, défendus ou portés par le patronat dans la région.

Il nous explique ainsi que ce mode de transport servira à contourner plusieurs problématiques dont souffre le transport par voie terrestre. Parmi elles, la cherté du coût du transport en raison des prix des hydrocarbures, la sécurité sur les routes, l’usure des camions et l’empreinte carbone des produits exportés.

Cette ligne reliera Agadir à Dakar et Abidjan. Selon le responsable patronal, elle sera opérationnelle entre fin août et début septembre 2022. Elle a obtenu le soutien de partenaires tels que le ministère de l’Industrie et du commerce, la wilaya de la région et l’entreprise Marsa Maroc. L’engagement du Conseil de la région, qui porte désormais le projet, a été décisif, notamment à travers l’apport d’un soutien financier.

Cette ligne offrira une alternative à une centaine de camions qui partent chaque jour de la région, chargés en produits frais, notamment les fruits et légumes, vers des pays d’Afrique subsaharienne tels que le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Togo et le Cameroun.

L’Afrique de l’Ouest est effectivement un marché important pour les exportateurs de produits frais marocains, en particulier ceux de la région Souss-Massa, première région exportatrice de fruits et légumes au niveau national.

D’après Driss Boutti, le projet a été convoité par plusieurs grands transporteurs maritimes. Il a même suscité l’intérêt d’exportateurs d’autres villes marocaines comme Rabat, Casablanca et Marrakech.

Un hub international de produits frais et un aérodrome pour le fret aérien

Driss Boutti défend également l’idée d’un marché de gros international des produits frais au niveau d’Agadir. Une sorte de hub où l’on pourra acheter des produits marocains aux côtés de produits européens, africains et autres. Ce marché permettra aux acheteurs étrangers de satisfaire tous leurs besoins en s’approvisionnant sur un seul lieu, plutôt que de faire le tour de l’Afrique.

La stabilité, la sécurité et les infrastructures dont dispose le Maroc permettent cette opportunité, estime le responsable patronal. « A l’heure actuelle, si vous voulez acheter de la mangue ou de l’ananas, il faut faire le tour de trois ou quatre pays d’Afrique subsaharienne », rappelle-t-il.

Ce projet devra néanmoins être accompagné d’un aérodrome pour le fret aérien. Le développement de l’activité cargo pour les exportateurs agricoles est devenu une nécessité, observe Driss Boutti. Selon lui, des pays comme le Kenya et l’Egypte en ont fait un véritable avantage concurrentiel. Le Maroc ne doit pas hésiter à leur emboîter le pas, défend-il.

« A 4 h du matin, on fait la récolte. A 7 h, elle arrive dans les stations de conditionnement. A midi, c’est dans les boîtes. A 15 h, ça arrive à l’aérodrome. A 17 h, l’avion peut décoller. A 2 h du matin, on est à Rungis ou sur les marchés allemand ou russe. La matin du jour suivant, nos produits peuvent prendre place sur les étalages des supermarchés européens. »

Une organisation qui, selon Driss Boutti, permet de faire gagner jusqu’à cinq ou six jours de fraîcheur au produit marocain. Elle lui permettra également de gagner en qualité avec une empreinte carbone réduite.

La région a besoin d’autres projets structurants

Le président de la CGEM Souss-Massa souligne que la région est en train de se métamorphoser en se dotant de nombreuses infrastructures. D’autres sont en cours d’élaboration, telles que le port sec porté par le wali de la région et le Centre régional d’investissement (CRI).

Driss Boutti est en convaincu : Agadir a les moyens de rattraper Tanger, la ville du Détroit étant le deuxième pôle industriel du Royaume. Il plaide en faveur de l’installation d’un grand port commercial à l’image de Tanger Med. « Notre ambition, c’est un port que l’on appellerait « Agadir International Zone », à 40 km au sud d’Agadir », réclame-t-il.

Il émet le souhait de voir également l’aéroport Al Massira subir une extension et un relooking, à l’instar de celui de Marrakech et d’autres villes, pour être à la hauteur de la vocation touristique et industrielle d’Agadir.

 

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