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INDH : « Construire maintenant ce qu’ils seront dans vingt ans »

L’Initiative nationale pour le développement humain dévoile le bilan à mi-parcours de sa troisième phase. Son crédo : libérer les potentialités des générations montantes.

INDH : « Construire maintenant ce qu’ils seront dans vingt ans »

Le 23 mai 2022 à 18h22

Modifié 24 mai 2022 à 15h45

L’Initiative nationale pour le développement humain dévoile le bilan à mi-parcours de sa troisième phase. Son crédo : libérer les potentialités des générations montantes.

« Ce qu’ils seront dans vingt ans se construit maintenant. » Cette devise atteste d’un changement de paradigme pour l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Lancé en 2005, le chantier royal entame la deuxième moitié de sa troisième phase (2019-2023). « Les deux premières étaient centrées sur les réalisations matérielles, celles du type d’infrastructures et services sociaux de base (…). La troisième focalise l’attention sur le capital humain. C’est un point d’inflexion majeur », souligne Saïd Ziane, directeur du pôle accompagnement de la mise en œuvre des programmes à l’INDH.

Le basculement se voit au choix d’adopter l’indice du capital humain (ICH) au lieu de l’indice du développement humain (IDH).

« Nous ne travaillons pas avec l’IDH, dont les indicateurs (revenus, alphabétisme, etc.) sont difficilement amovibles. L’IDH est un arrêt sur image, un objet statique. On peut nous classer 140e ou 150e, c’est leur problème. Ce qui nous intéresse, c’est l’ICH parce que nous avons les moyens d’agir à ce niveau. Nous pouvons faire bouger les lignes et obtenir des résultats que nous pourrons évaluer tous les cinq ans », explique Mohammed Dardouri, wali et coordinateur national de l’INDH.

Développé par la Banque mondiale, l’ICH quantifie l’impact des « indicateurs de développement humain sur la productivité des générations montantes ». Au Maroc, cet indice ne dépasse pas le score de 0,5. Cela signifie qu’un enfant né aujourd’hui ne peut espérer réaliser que la moitié de son potentiel une fois arrivé à l’âge de 18 ans. Le rapport du Nouveau Modèle de développement (NMD) vise un score à 0,75 ; soit le même niveau que le Danemark ou l’Allemagne en 2020.

Débloquer les potentialités se fait dès la grossesse

Comment y parvenir ? L’INDH s’y attèle depuis 2019, bien avant le NMD. Ses équipes misent sur « l’immatériel » : la santé et l’éducation. C’est l’objet de l’un des principaux programmes déployés lors de cette phase III. Il accapare à lui seul plus de 30% du budget alloué, soit 6 MMDH sur un total de 18 MMDH.

Offrir à l’individu les conditions nécessaires pour développer son potentiel, c’est « l’accompagner dès les premières phases de la vie, à commencer par la grossesse et l’accouchement, en passant par la petite enfance et la scolarisation jusqu’à l’âge de 18 ans », résume Saïd Ziane. Pour ce faire, l’INDH mise sur trois axes d’interventions : « la santé et nutrition de la mère et de l’enfant », « la généralisation du préscolaire de qualité en milieu rural » et « l’appui à la réussite scolaire et à l’épanouissement ».

Sur le premier volet, l’Initiative opère par le biais d’un mécanisme nouveau au Maroc : « la santé communautaire ». Ce système fait appel à des personnes servant de « relais » pour établir « le lien entre l’offre de santé et la femme au douar (cercles) », explique Saïd Ziane. L’objectif est de « les conscientiser sur la nécessité de suivre des soins pendant la grossesse et après l’accouchement ».

Ces relais dressent les listes de femmes, chacune selon sa situation matrimoniale. « Ils savent laquelle s’apprête à se marier, celle qui s’est mariée et celle qui est enceinte. On leur rend visite quotidiennement pour s’enquérir de leur situation », précise Mohammed Dardouri.

Le système est complété par la mise en place de « maisons d’attente » adossées à des unités d’accouchement et couplées à des centres de santé. Pour l’heure, l’INDH fait état de 825 projets profitant à 743.000 bénéficiaires. Les sommes investies s’élèvent à 479 MDH.

Préscolaire : le défi de l’accessibilité et de la qualité en milieu rural

Les premières années d’un enfant conditionnent la suite. Là aussi, santé et scolarité vont de pair. Et dans le milieu rural, le défi est de taille puisqu’il faut allier accessibilité et qualité. « Le Maroc compte 47.000 douars. La plupart sont à 10 ou 15 km de l’école la plus proche. L’Initiative se doit de prendre en charge le préscolaire pour ces Marocains inaccessibles », plaide Mohammed Dardouri.

A mi-parcours, l’INDH évoque déjà des avancées. Au total, 6.168 unités (sur plus de 8.000 programmées) sont déjà opérationnelles. Le budget déployé jusqu’à présent est de 1,8 MMDH. Entre la moyenne et grande sections, 100.000 enfants y sont actuellement accueillis, âgés entre 4 et 6 ans (pour un total de 137.000 bénéficiaires depuis le déploiement du projet).

« D’ici 2023, on vise une capacité d’accueil de 200.000 sièges pédagogiques », prévoit Mohammed Dardouri. L’Initiative repère les besoins, construit les unités et paie le personnel.

Le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des sports demeure « responsable du curricula et des programmes propres au préscolaire », ajoute le wali, comme pour écarter tout risque de télescopage entre ces interventions et les projets gouvernementaux. « Notre rôle est de faire atterrir les politiques publiques chez tous les citoyens », observe la même source.

Le troisième axe intervient comme une suite logique au deuxième. Il concerne « l’appui à la scolarité ». Avec déjà plus d’un milliard de dirhams investis, il a profité à 722.000 bénéficiaires (hors bénéficiaires de l’opération royale Un million de cartables, qui bénéficie à 4,5 millions d’enfants annuellement).

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