Parlement & pass vaccinal : le cas Nabila Mounib
La députée PSU est toujours interdite d’accès au Parlement faute de pass vaccinal valide, au moment où le Maroc a renoué avec une vie normale et que ce pass n’est plus exigé pour accéder aux espaces privés et mêmes aux institutions les plus officielles.
Après son élection à la Chambre des Représentants, la secrétaire générale du PSU n’a pu assister qu’à trois séances parlementaires : l’ouverture du Parlement, la présentation de la déclaration gouvernementale et la séance de vote de cette dernière. Depuis, elle est interdite d’accès à l’hémicycle faute de pass vaccinal. Une décision prise par le bureau de la première chambre dans un contexte où l’épidémie était en forte évolution, où les autorités étaient mobilisées pour freiner sa propagation et encourager le maximum de personnes à effectuer la troisième dose.
Dans un contexte où le pass vaccinal était imposé à tous pour accéder aux cafés, aux restaurants, aux administrations, aux ministères, aux tribunaux… l’interdiction d’accès de Nabila Mounib pouvait avoir du sens. Mais le contexte a bien évolué depuis. Aujourd’hui, l’épidémie du Covid est presque derrière nous comme le montrent les chiffres officiels du nombre de cas quotidiens et de décès. Le Maroc a renoué avec la vie normale, et la présentation d'un pass vaccinal n'est plus exigée.
Cafés, restaurants, casinos, administrations, préfectures et commissariats de polices, ministères, tribunaux... Les Marocains accèdent à tous les lieux sans devoir présenter quoi que ce soit, sauf Nabila Mounib au Parlement. Un cas unique au Maroc, mais aussi dans le monde, si l’on en croit la première concernée, qui parle d’une « grande aberration ».
Les tentatives du PSU pour faire tomber cette décision
« Au vu de l’évolution de la pandémie et du comportement des autorités, cette interdiction n’a plus aucun sens. Nous avons essayé à plusieurs reprises de la lever, mais sans résultat pour l’instant », nous confie la députée PSU.
Nabila Mounib nous raconte que depuis l’assouplissement des restrictions sanitaires dans le pays et le retour à la vie normale, son parti a saisi officiellement le président de la première chambre par écrit pour lui demander de revoir cette exigence de présenter un pass vaccinal valide pour qu’un élu puisse accéder à l’enceinte du Parlement et exercer ses missions.
Le PSU a envoyé également une délégation de cinq membres de son bureau politique pour s’entretenir à ce sujet avec Rachid Talbi Alami, le président de la Chambre des représentants. Le parti a même saisi par écrit le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, mais « sans réponse », nous apprend Nabila Mounib.
« Nous attendons toujours la réponse du chef du gouvernement. Quand au président de la première chambre, il nous a signifié que la décision n’incombait pas à sa personne, mais qu’il fallait que le bureau de la première chambre revoie sa position », nous confie la députée PSU, qui dit ne pas comprendre cet acharnement à l’exclure du Parlement sous un motif qui n’est plus valable.
« Est-ce qu’on veut me faire taire ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que nous ne faisons pas l’opposition pour l’opposition. Nous sommes dans un esprit constructif et militons pour le renforcement du rôle des institutions et de la démocratie. Les gens qui ont pris cette décision, et qui continuent de l’appliquer malgré les changements que connaît le pays, ne savent peut-être pas l’ampleur du signal qu’ils envoient au peuple et au monde », s’alarme Nabila Mounib.
Si on ne la voit pas dans les séances parlementaires ni dans les travaux de la commission des affaires étrangères dont elle est membre, Nabila Mounib nous confie qu’elle tient malgré tout à rester en contact avec ses électeurs et le « peuple de gauche », et qu'elle continue à remplir sa mission de députée.
« Je travaille avec les outils qui sont à ma disposition, comme les questions écrites. Mais je fais également des podcasts hebdomadaires pour rester en contact avec les gens. J’en suis à mon 14e podcast. Et dans quelques jours, je vais commencer une tournée dans tout le territoire national, en commençant par Casablanca pour aller à l’écoute du peuple », nous indique-t-elle.
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