L’audiovisuel public marocain bien classé dans le baromètre de l’Eurovision
Les différents indicateurs du dernier baromètre des médias de service public d’Eurovision montrent une performance remarquable du service public marocain.
L’Eurovision a publié, en février dernier, son baromètre des médias de service public membres de l’association. Médias24 a eu l’occasion de consulter ce baromètre très instructif, notamment en ce qui concerne la position et les indicateurs relatifs au Maroc, pays membre.
L’Eurovision est probablement la plus puissante organisation de médias de service public dans le monde. Elle regroupe 64 organisations dans 47 marchés, en Europe et en Méditerranée.
Comment évaluer la performance d’un média de service public ?
Le débat est ouvert et les indicateurs nombreux. Dans le cas de ce baromètre, différents indicateurs sont calculés, tels que la performance en termes d’audience globale par marché ; le coût global des médias de service public rapporté au PIB, par marché ; le coût financier mensuel pour chaque habitant ; le nombre d’employés pour chaque MSP (média de service public) et par marché.
Les pays classés sont disparates, ainsi que les paysages audiovisuels. Cela étant, le croisement des indicateurs disponibles montre une performance remarquable de service public marocain.
Quelques indicateurs
- L’audience :
Le pôle audiovisuel public marocain, constitué dans ce baromètre par 2M/Al Aoula, se classe troisième en part de marché d’audience avec 48,3% d’audience moyenne en 2020 (dernier chiffre disponible pour toute l’étude). Il s’agit de l’audience sur l’ensemble de la journée.
La première est l’Islande, avec 70,3% de part de marché. La deuxième est l’Allemagne avec 49% (ARD/ZDF).
Citons aussi l’Italie avec 35,2% (RAI), la France avec 31,7% (France Télévision/Arte), la Belgique avec 26,6% (RTBF), la Russie avec 21,9% (RTR), la Jordanie avec 11,9% et l’Algérie avec 9,9% (EPTV).
Pour la cible jeune, le Maroc est deuxième avec 49,3% des 15-24 ans.
Bien sûr, cette performance doit être relativisée ou comparée à d’autres indicateurs. Par exemple, dans la plupart des pays mieux classés, il y a un audiovisuel privé dynamique. Ce n’est pas le cas au Maroc. Mais il y a néanmoins une forte concurrence internationale, y compris par des chaînes en langue arabe, voire produisant et diffusant des fictions en marocain.
- Le financement :
Cet indicateur est également relatif. Plus le PIB est élevé, plus la manne sera importante en valeur absolue.
Le pôle audiovisuel public marocain se classe 29e, sans grande surprise, avec 0,13% du PIB consacré aux médias de service public. La France, l’Espagne, l’Italie, la Norvège et la Suisse sont situées entre 0,15 et 0,21% du PIB.
L’importance de cet indicateur dépend également du poids accordé aux médias de service public dans le paysage audiovisuel du pays. Au Maroc, le service public est financé à 80% par les fonds publics et le reste par des revenus commerciaux notamment.
Rapporté au nombre de citoyens, le coût du financement au Maroc est relativement encore plus bas. Le Maroc est 43e sur les 47 marchés, avec 0,24 euro. Autrement dit, chaque Marocain paye 0,24 euro par mois pour financer ses MSP. En Suisse, c’est 10,41 euros par citoyen et par mois. En Allemagne, 8,32 euros. En France, 4,18 euros, etc.
- Le nombre d’employés :
Combien de personnes travaillent dans les MSP par marché en 2020 ? Au Maroc, 2.479 employés, soit 69 par million d’habitants. En France, 14.413 (221/M) ; en Italie, 12.261 (212/M) ; en Allemagne, 36.688 (441/M).
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