Ralentissement manifeste des règlements financiers entre le Maroc et la Russie
Les importateurs comme les exportateurs marocains opérant sur le marché russe subissent un ralentissement des flux financiers avec leurs partenaires. En cause, les sanctions internationales contre la Russie.
Les opérateurs marocains du marché russe ne savent plus à quel saint se vouer. La guerre entre la Russie et l’Ukraine et les sanctions prises par la communauté internationale à l’égard de la Russie, notamment sur le volet financier avec l’exclusion des banques russes du réseau interbancaire Swift, compliquent aujourd’hui les flux avec ce pays.
Un importateur de la Russie qui nous a fait part de son témoignage a récemment été confronté à ce problème : 45 jours après son ordre de virement qu’il a adressé à son fournisseur en Russie, l’argent n’était toujours pas arrivé. Il se trouve aujourd’hui dans l’incapacité d’honorer ses engagements vis-à-vis de son fournisseur.
Le Maroc exporte essentiellement des produits agricoles et importe des produits énergétiques.
Selon un banquier de la place, "il y a effectivement beaucoup de complications d’ordre financier, mais pas seulement". Cette source bancaire nous confie que "les contrats en cours s’exécutent". "En général, les paiements passent par de grandes banques internationales qui peuvent imposer des sanctions. A nous désormais de trouver une voie de règlement qui permette d’honorer les obligations de nos clients", poursuit ce banquier.
Les importateurs marocains otages des sanctions internationales
Une source informée du système financier marocain assure à Médias24 que le Maroc n’a pris aucune décision relative à des sanctions ou à une suspension des flux financiers avec la Russie.
"Il y a un ralentissement manifeste des transactions", assure notre source, en raison des sanctions internationales, notamment l’exclusion de plusieurs banques russes de la plateforme Swift.
Sachant que le système financier marocain est totalement basé sur le système Swift, comme l’a confirmé le wali de Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri, lors du dernier point de presse de la banque centrale, il devient donc difficile d’opérer les transactions de façon fluide.
"Nous passons toujours par la plateforme Swift basée en Allemagne. Mais le virement, qui prenait en général 48h, maximum une semaine, peut désormais prendre jusqu’à un mois avant son exécution", explique notre source. Et d’ajouter : "La plateforme allemande prend le temps de vérifier que le virement et son objet, entre autres, sont conformes à la décision européenne d’embargo." Il insiste : "Le Maroc n’applique pas d’embargo car il n’applique que les décisions émanant de l’Organisation des Nations unies. Or cette dernière n’a pas décrété de sanctions contre la Russie."
La situation reste gérable pour les exportateurs marocains
Dans l’autre sens aussi, les exportateurs marocains traversent la même épreuve. Contacté par Médias24, Hassan Sentissi, président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), confirme les perturbations des flux financiers.
"Il y a effectivement des retards ou un ralentissement et un allongement des délais de paiement", nous dit-il. "Les paiements actuels concernent les ventes réalisées en début d’année", précise-t-il.
Mais selon lui, "la situation reste gérable pour les exportateurs marocains, car le timing relatif aux campagnes agricoles et autres récoltes est en notre faveur pour le moment. En revanche, la situation risque d’empirer si les choses ne s’arrangent pas".
"Pour l’instant, les exportateurs peinent à se faire payer mais ça finit par se faire, soit par voie normale, soit via des solutions alternatives négociées au cas par cas", poursuit le président de l’ASMEX.
"Les exportateurs marocains maintiennent la veille et temporisent les livraisons lorsqu’ils estiment qu’il y a un grand risque de non-paiement", conclut-il.
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