La BERD lance une nouvelle ligne marocaine de financement vert
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement a lancé, mardi 29 mars à Casablanca, une ligne de financement pour les entreprises engagées dans la transition énergétique. A la clé : prêt bancaire, subvention et assistance technique.
La Green Economy Financing Facility Morocco II (GEFF II) a été lancée par Heike Harmgart, directrice générale de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour la région Sud et Est de la Méditerranée (SEMED). Elle a pour ambition de "renforcer une économie résiliente et compétitive à faible émission de gaz à effet de serre".
Cette ligne de financement est lancée avec le soutien de l’Union européenne et du Fonds vert pour le climat. Elle est dotée d’une enveloppe de 163 millions d’euros en faveur des investissements dans les énergies vertes et de l’efficacité énergétique des entreprises privées de droit marocain opérant au Maroc.
Partant du fait que "la facture énergétique des entreprises marocaines est en moyenne 20% supérieure à certains pays comparables", GEFF II agit en tant que levier pour la maîtriser. Elle est au service de la compétitivité des entreprises, et plus généralement de la résilience climatique.
A travers cette nouvelle ligne de financement, la BERD entend répondre à trois enjeux essentiels : réduire les émissions de gaz à effet de serre, promouvoir les énergies renouvelables et diminuer le volume de déchets mis en décharge.
Dans ce cadre, Alessio Cappellani, chef adjoint de la délégation de l’Union européenne au Maroc, estime que "l’économie verte, l’économie circulaire, le déploiement de nouvelles technologies et la digitalisation devront être privilégiés afin de soutenir le développement économique et durable".
En quoi consiste la GEFF ?
La GEFF II s’inscrit dans la continuité de deux éléments : d’une part, le mécanisme de financement de l’énergie durable au Maroc (MorSEFF), dont le coup d’envoi a été donné en 2015. Il a mobilisé une enveloppe de 110 millions d’euros et de la ligne de financement des chaîne de valeur verte (GVC), dont 18 millions pour financer des projets d’énergie durable. D’autre part, le GEFF I, lancé en 2018 et totalisant 197,1 millions d’euros, dont 150 millions d’euros de lignes de crédit. Son objectif est de financer la résilience au changement climatique et l’efficacité des ressources. Près de 300 entreprises doivent en bénéficier.
Dans le sillage de ses prédécesseurs, GEFF II vise à trouver des solutions concrètes et innovantes en matière d’efficacité énergétique, d’énergies renouvelables, d’économie d’eau, de réduction des déchets, d’économie circulaire et de matériel et d’efficacité des ressources. Il peut donc s’agir d’implanter des systèmes photovoltaïques, des fours à haut rendement énergétique ou des projets de valorisation énergétique des déchets.
Le mécanisme de financement s’articule autour de trois axes :
- un prêt bancaire ou leasing accordé par les banques partenaires : Bank of Africa, BMCI, Crédit du Maroc, CIH et Société Générale,
- une subvention à l’investissement de 10%, qui peut atteindre 15% si le projet présente une technologie innovante de pointe ;
- une assistance technique gratuite pour accompagner les entreprises bénéficiaires dans l’optimisation de leurs solutions et dépenses en énergie, suivant une feuille de route personnalisée selon leurs données réelles de consommation énergétique.
"Le critère de sélection qui prime est le projet lui-même et son impact en termes de réduction d’énergie, de CO2, de consommation en eau ou de déchets", Antoine Sallé de Chou, Directeur de la BERD au Maroc. Par ailleurs, "un outil digital a été mis en place, The GEFF Technology Selector, qui permet de vérifier immédiatement l’éligibilité des projets verts". Il s’agit d’une base de données qui liste les différentes technologies vertes utilisant des équipements et des matériaux à haute performance. Aucun critère de taille de l’entreprise n’est exigé.
Pour bénéficier du soutien financier, l’entreprise effectue une demande de prêt et soumet le formulaire de candidature directement auprès de l’une des banques partenaires. La banque valide ensuite l’éligibilité financière, et les consultants GEFF, l’éligibilité technique. Si le prêt est accordé, GEFF II assure par la suite un suivi d’implantation du projet d’investissement et accorde la subvention de 10 à 15%.
Quant au montant du financement, il dépend de l’ampleur et la nature du projet. Par exemple, les petits projets clairement définis peuvent bénéficier d’un financement ne dépassant pas 300.000 euros, alors que les projets de plus grande envergure, dont le montant d’investissement total frôle les 15 millions d’euros, peuvent bénéficier d’un financement allant jusqu’à 5 millions d’euros par bénéficiaire éligible.
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