Patrimoine judéo-marocain : la synagogue de Tagadirt (Tata) sera restaurée
FOUILLES MAROCO-ISRAÉLIENNES. Une deuxième mission de fouilles archéologiques des synagogues des provinces de Tata vient de s'achever ce jeudi 3 mars. Elle a permis la collecte de matériel archéologique dans les synagogues d’Aguerd Tamanart et de Tagadirt, de la commune de Kasbat Sidi Abdellah ben M’barek.
"Une seconde mission d’urgence pour la documentation et la sauvegarde des synagogues du Sud marocain a été déployée dans la province de Tata, à la demande de la communauté israélite d’Agadir, représentée par Hervey Levy. Elle a mobilisé une équipe d’experts nationaux et internationaux", apprend-on auprès d'un des participants aux fouilles.
La mission archéologique maroco-israélienne est dirigée par Saghir Mabrouk, professeur d’archéologie à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine à Rabat, responsable des fouilles, et Yuval Yekoutieli, professeur d’archéologie à l’Université Ben-Gourion du Néguev.
Cette deuxième opération "a permis la collecte de matériel archéologique dans la synagogue d’Aguerd Tamanart, qui avait fait l’objet d’une première intervention en novembre 2021, et une intervention d’ampleur dans la synagogue de Tagadirt de la commune de Kasbat Sidi Abdellah ben M’barek", poursuit notre source.
L’équipe internationale déploie un même protocole d’intervention scientifique en vue d’assurer la conservation et la valorisation de ce patrimoine archéologique. "Elle a procédé au dégagement des différents niveaux d’effondrement de la synagogue de Tagadirt afin de retrouver le dernier niveau d’occupation. Elle a par ailleurs collecté le matériel archéologique, qui comprend des objets rituels dont de nombreuses amulettes, des textiles et des fragments de textes", explique-t-elle.
Ce matériel archéologique a été entreposé à la Direction régionale du patrimoine, à Ait Melloul, pour être étudié.
Parallèlement à ce travail, la mise en sécurité du bâtiment, notamment par la restauration des maisons limitrophes de l’ancien mellah, dans un approche participative avec les habitants, a été assurée par l’architecte Salima Naji.
La synagogue de Tagadirt bénéficiera tout au long du mois de mars 2022, comme la synagogue d’Aguerd Tamanart durant le mois de décembre 2021, d’une restauration comprenant la reconstruction des piliers effondrés et la réalisation d’une charpente traditionnelle, afin de protéger le site des intempéries.
Enfin, Orit Ouaknine, professeur d’anthropologie à l’université Ben-Gourion du Néguev, et David Goeury, géographe à Sorbonne Université, ont mené une enquête élargie auprès des habitants actuels, des doyens et des parties prenantes de cet ancien mellah. Selon notre interlocuteur, le suivi continu des travaux est assuré par le responsable de la communauté israélite d’Agadir, Hervey Levy.
Ces premières interventions permettent de sécuriser les lieux, mais aussi de disposer d’une base documentaire avant d’envisager des travaux scientifiques approfondis.
Parallèlement, un important travail de digitalisation des fragments de texte trouvés dans les deux sites a été mené, du 1er au 3 mars, dans les locaux de la Direction régionale du patrimoine de Souss-Massa. Il permet de disposer d’un inventaire détaillé de ces documents, mais aussi de recourir à des logiciels spécifiques pour recomposer les textes et préparer leur étude future.
Ces travaux s’inscrivent dans un projet régional, visant à intervenir sur l’ensemble des synagogues oasiennes et de montagne. Une prochaine mission est programmée en mai 2022 pour poursuivre les travaux dans la province de Tata, mais aussi dans la province de Tiznit.




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