Mentorat. Mouna Daoudi et Hasna Afounnas, un duo qui met en valeur l'économie circulaire
Mouna Daoudi, présidente de Stop Hunger, ancienne directrice générale de Sodexo Maroc, s’exprime sur son action de mentorat dans le cadre de Women In Africa. Elle forme un duo de mentor-mentee avec Hasna Afounnas, jeune fondatrice d’Iziprotéine.
Dans les sillages du programme WIA54 lancé par l’association WIA en janvier, Mouna Fassi Daoudi est le mentor de la jeune Hasna Afounnas, fondatrice d’Iziprotéine, âgée de 24 ans à peine.
Mouna Daoudi dispose d’une expérience solide de plus de 20 ans au sein du groupe Sodexo, où elle a occupé diverses fonctions managériales, notamment comme directrice générale de Sodexo Maroc. Reconnue par ses pairs comme une brillante dirigeante, elle assure depuis 2021 la présidence de Stop Hunger, un réseau international à but non lucratif, créé il y a 25 ans.
Depuis plus de 10 ans, Mouna Daoudi est engagée dans des initiatives de diversité, d’inclusion et de mentorat. C’est ainsi qu’elle se tient aux côtés de femmes avec des parcours sociaux et académiques divers, et avec une volonté de libérer leur potentiel.
Mettre en avant la créativité des entrepreneures marocaines
Un parcours qui lui donne l’acuité nécessaire pour s’affirmer dans sa casquette de mentor, qu’elle met au service de l’émancipation et de l’éclosion de jeunes talents, auxquels elle veut transmettre sa passion et son expertise.
Mouna Fassi Daoudi croit en la créativité des entrepreneures marocaines en particulier, et africaines en général, et affiche son objectif « de les équiper de compétences nécessaires pour libérer leur potentiel entrepreneurial et les aider à mener une carrière réussie », affirme-t-elle.
Et d'ajouter, « Mon give-back, je le conçois comme un devoir, surtout quand il s’agit de soutenir les jeunes, les femmes pour un meilleur avenir ! C’est quelque chose qui me tient à cœur. ».
Si dans un premier temps, son engagement dans le mentorat s’est fait spontanément, elle intègre « depuis 2015 des réseaux africains comme Women In Africa (WIA) ou marocains comme Mentor’elle par le passé », affirme-t-elle dans un entretien accordé à Médias24.
« Avec Iziprotéine, la rencontre a été naturelle »
Mouna Fassi Daoudi met donc son expérience au profit de Hasna Afounnas qui fait du gaspillage alimentaire son cheval de bataille. En effet, Iziprotéine transforme les déchets organiques en engrais et en alimentation animale avec une empreinte carbone quasi nulle, grâce au recyclage de déchets agricoles, agroalimentaires et ménagers. « Nous avons mis en place une unité pilote pour l’élevage de mouches soldats noires qui sont des insectes saprophages, ce qui signifie qu'elles peuvent manger presque tous les types de déchets et les convertir en biomasse précieuse », explique la fondatrice à Médias24.
Et de poursuivre : « Leur capacité à convertir les déchets organiques en protéines et huiles en peu de temps, dans des systèmes agricoles verticaux utilisant de petites quantités de terre et d’eau, font de ces mouches l’espèce la plus efficace et la plus écologique pour répondre à la demande de production durable et évolutive de protéines et d’huile, leurs excréments étant un engrais 100% organique et naturel. »
Ce projet repose sur une approche industrielle d’économie circulaire tout en participant à des systèmes agroalimentaires plus durables, ce qui fait écho avec la mission de Stop Hunger portée par Mouna Fassi Daoudi.
« Iziprotéine s’inscrit dans le sillage des entreprises à impact ; c’est ce qui m’a séduite et m’a donné l’envie d’accompagner Hasna dans son aventure entrepreneuriale » estime-t-elle, résolue à lui prodiguer le soutien nécessaire pour faire évoluer Iziprotéine de statut de start-up vers un projet d’entreprise pérenne.
Un produit qui valorise le "made in Morocco"
D’abord, « la jeunesse de sa fondatrice et de la jolie histoire derrière la création d’Iziprotéine qui reflète l’audace marocaine et une jeunesse qui ose ». Ensuite, « le développement d’un produit made in Morocco avec une forte composante scientifique qui fait du développement durable un levier majeur de performance et une source de création de valeur ». Enfin, parce que le projet s’inscrit dans plusieurs objectifs de développement durable. « Nous savons que ces objectifs sont vitaux pour la préservation de la planète », pointe-t-elle.
Dans le cadre du mentorat, Mouna Fassi Daoudi a pour vocation d’aider à accompagner le potentiel de sa mentee. Malgré une réelle volonté d’entreprendre, la situation peut être complexe sur le terrain, surtout pour une entrepreneure qui, fraîchement diplômée, décide de créer sa propre entreprise.
La majorité des entrepreneurs se lancent dans l’entrepreneuriat après avoir cumulé quelques années d’expérience. Mouna Fassi Daoudi rappelle que Hasna Afounas a créé son entreprise tout juste après avoir obtenu un DEUG en biologie suivi d’un son diplôme à l’ISTA en gestion. « Au stade de lancement d’un projet aussi ambitieux, le mentoring peut être considéré comme un accélérateur de formation, dont l’objectif est d’accompagner Hasna dans son chemin entrepreneurial, puisqu’elle doit appréhender son projet en intégrant différentes dimensions : stratégie, finance, marketing, vente, etc., et ce de manière beaucoup plus pratique que théorique », souligne la mentor.
Et d’enchaîner : « Il s’agit en plus de l’éclairer sur des points ponctuels et immédiats, et de l’aider à ce qu’elle puisse tirer profit de mon expérience pour avoir une vision à 360° afin de structurer son projet pour en assurer viabilité et profitabilité. » L’accompagnement dans l’élaboration d’un pitch robuste pour faciliter la levée de fonds au terme du programme de mentorat, fait partie des objectifs de la relation mentor/mentee.
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