Alstom démarrera la fabrication à Fès des transformateurs embarqués dès octobre 2022
Après les armoires et les faisceaux électriques, Alstom se prépare à démarrer une ligne de production de transformateurs électriques embarqués sur son nouveau site industriel de Fès. Les dirigeants d’Alstom Maroc ne cachent pas leur volonté de développer tout un écosystème autour de leur site à Fès.
Le démarrage de la nouvelle ligne de production des transformateurs électriques d’Alstom est prévu pour octobre 2022, a annoncé Nourddine Rhalmi, le PDG d’Alstom Maroc. Elle coûtera 115 millions de dirhams et emploiera 150 personnes.
Ce nouvel investissement de la multinationale française intervient après l’inauguration, en mai 2021, du nouveau site de production des armoires et des faisceaux électriques à Fès, qui a repris la place du site de l’emblématique ancien Cotef.
Les travaux de construction de la nouvelle usine ont commencé en juin 2021 et finiront en mars prochain. S’en suivra l’équipement en machines, qui coûteront entre 70 et 75 millions de dirhams, pour que l’usine puisse démarrer en octobre prochain. Les premiers transformateurs pourront alors sortir dès décembre 2022.
Les transformateurs embarqués, des produits complexes et à haute valeur ajoutée
"Avec le moteur, le transformateur est l’un des deux produits les plus complexes sur un train. Il est constitué de plus de 1.200 composants pour rendre un produit de 2,80 m sur 1,60 m et qui pèse 6 tonnes. C’est un produit conçu pour être opérationnel pendant 40 ans et résister aux conditions du chaud, du froid, du sable, etc.", explique Laurent Huss, directeur industriel pour la région MENA et Turquie chez Alstom.
"Les transformateurs embarqués sont des produits à haute valeur ajoutée et très technologiques. A peine 5 usines dans le monde en font. Nous serons la sixième du genre", explique Nourddine Rhalmi, qui est aussi le responsable du site industriel de Fès.
"Il y avait de la compétition ; beaucoup de pays voulaient cette implantation. Finalement, c’est le Maroc qui a été choisi, parce que l’on a réussi à démontrer que ce que l’on fait à côté est un travail de qualité (l’usine des armoires et faisceaux électriques, ndlr). C’est grâce à ce qui a été réalisé jusqu’à présent que l’on parvient à aller chercher les autres projets."
"On est agile ; on arrive à répondre aux différents besoins. Forts de cela, on a obtenu la confiance du groupe pour produire les transformateurs embarqués", Nourddine Rhalmi.
Il ne s’agit pas d’une délocalisation mais d’un doublement de la production par rapport à un site français qui fait le même produit, précisent les responsables.
Un écosystème à développer autour du site industriel de Fès
A ce jour, le site industriel d’Alstom à Fès a équipé plus de 20 projets ferroviaires internationaux (trains, métro, tramways, etc.) et a fourni plusieurs sites d’Alstom en Europe et dans le monde. "Ici, on produit ce qui peut être assimilé au système nerveux des trains Alstom", déclare fièrement Nourddine Rhalmi.
C’est un site que les dirigeants d’Alstom veulent eco-friendly, en visant un objectif de 30% de consommation énergétique de sources renouvelables, notamment en investissant massivement dans des toitures en photovoltaïque. D’autre part, 80% de ses déchets sont triés et revalorisés. Le site possède également la certification ISO 9001 et ISO 14001, ainsi que la certification RATP.
Nourrdine Rhalmi explique qu’Alstom travaille de plus en plus à la création d’un écosystème de fournisseurs autour d’elle. D’après lui, ce site redeviendra un symbole pour la ville de Fès, comme il l’était du temps du Cotef.
Auprès de Médias24, il exprime sa joie et sa satisfaction d’être présent à Fès, une ville qui, selon lui, est dotée de ressources humaines remarquables grâce à une concentration d’universités. Il a aussi loué les efforts des autorités locales et régionales pour concrétiser ce genre d’investissement.
D’autre part, le site de Fès se dotera d’un "Repair Center" qui servira à la réparation et à la maintenance des trains et tramways d’Alstom qui roulent au Maroc. Il faut dire que le Maroc est un bon client d’Alstom : que ce soit pour Al Boraq ou les tramways de Casablanca et Rabat-Salé, le choix a été porté sur la multinationale française. L’ONCF est également équipée de 77 locomotives de la gamme Prima pour ses trains.
Nourddine Rhalmi est ingénieur en électromécanique de formation. Il a travaillé chez Bombardier avant de rejoindre Alstom en 2012. Il a accumulé des expériences aux Etats-Unis, en France, en Chine, à Singapour et en Egypte, où il a occupé différents postes et mené plusieurs projets, relatifs notamment au métro de New York, Paris et Singapour. Il occupe depuis 2018 le poste de PDG d’Alstom Maroc et gère près de 700 salariés.
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