De Mistura achèvera sa tournée mercredi par Alger
L’enjeu de la tournée actuelle de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, est la reprise du processus des tables rondes. L’Algérie louvoie. La dernière résolution du Conseil de sécurité est pourtant claire.
Le 29 octobre 2021, au siège de l'Organisation des Nations unies (ONU), quelques minutes après le vote de la résolution 2602 du Conseil de sécurité relative au Sahara, Omar Hilale, représentant du Maroc à l'ONU, donnait un point de presse.
Avant le vote, l'Algérie avait annoncé par courrier officiel à l'ONU, en l'occurrence au Conseil de sécurité et au secrétaire général, qu'elle refuserait de s'impliquer dans les futures tables rondes et qu'elle n'accepterait que des négociations directes Maroc-polisario en vue d'un référendum.
"Que va-t-il se passer désormais, puisque l'Algérie va refuser les tables rondes demandées par le Conseil de sécurité ?", interrogeait un journaliste.
Omar Hilale de répondre : "Il y a la posture et il y a les décisions. Il ne faut pas tenir compte des déclarations, mais des décisions. Attendons et voyons ce qui va se passer."
Les faits lui donnent déjà raison. L'Algérie refuse les tables rondes par courrier et verbalement mais, dans les faits, elle louvoie et manœuvre.
La résolution de l'ONU est claire. Bourita en avait rappelé les points essentiels lors d'une rencontre avec la presse le 29 octobre : "Le Conseil de sécurité appelle à poursuivre le format des tables rondes. La seule finalité du processus sera de trouver une solution basée sur un compromis. La partie algérienne a été invitée à ne pas fuir ses responsabilités. L'Algérie doit permettre le recensement des populations séquestrées à Tindouf."
De Mistura a été reçu jeudi 13 janvier à Rabat par Nasser Bourita dans le cadre de sa première tournée dans la région. Il s'est ensuite rendu en Algérie dans les camps de Tindouf. Comme nous pouvons le remarquer, ce n'est pas dans les "territoires libérés" qu'il a rencontré le polisario, mais bien sur le territoire algérien. C'est là qu'il a visité les soi-disant réfugiés dont l'Algérie refuse le recensement.
De Mistura s'est rendu en Mauritanie dimanche, et retournera ensuite en Algérie pour y rencontrer mercredi les autorités locales, selon la presse algérienne, qui reconnaît que le programme a été changé ; fait particulièrement curieux pour un dossier aussi important qui engage l'ONU au plus haut niveau et mobilise la diplomatie algérienne depuis quarante-cinq ans. Ce qui est probable, c'est que l'envoyé personnel a considéré qu'il fallait achever la tournée par le pays qui détient les clés de l'instabilité régionale depuis quarante-cinq ans : l'Algérie.
Au-delà de ces petites manœuvres, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel, qui n'est autre que la recherche d'une paix durable dans la région. Le chemin de la paix a été tracé par le Conseil de sécurité : tables rondes et solution politique basée sur le compromis pour assurer une paix durable. Deux tables rondes s'étaient déjà déroulées et avaient permis d'avancer sur cette voie. L'Algérie veut revenir en arrière, en 1991, et s'oppose à la volonté du Conseil de sécurité. Il va sans dire que le Maroc n'a aucune raison d'accepter l'abandon du processus onusien de paix, qui avait avancé grâce à la présence algérienne dans les discussions, en tant que partie.
Dans quelques jours donc, après l'étape d'Alger, nous saurons si le processus onusien sera bloqué ou pas.
Sahara : Bourita s’entretient avec De Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU
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