La réforme de l’Éducation est lancée, changement des critères de sélection des enseignants
Quelques semaines après l’installation du gouvernement, le ministère de l’Éducation nationale applique les premiers changements majeurs, qui concernent notamment le processus de recrutement de 15.000 enseignants. La réforme est lancée.
Le ministère de l’Éducation nationale semble vouloir donner un coup d'accélérateur. Il annonce officiellement le concours de recrutement de 15.000 enseignants (et 2.000 cadres administratifs), dont les postes sont ouverts au titre du budget 2022. Le concours aura lieu samedi 11 décembre.
Ce qui est intéressant, ce sont les changements majeurs apportés dans les paramètres de recrutement, qui montrent que la réforme de l'enseignement est déjà lancée.
L’élément essentiel qui sous-tend cette réforme et l’organisation des prochains recrutements, c’est que l’objectif de toute action devra prendre en compte l’intérêt de l’élève en priorité. Cela peut sembler évident à tout un chacun. C'est comme de dire que l’objectif de toute politique de santé publique est la santé du Marocain. Or, les faits semblent nier l'évidence.
Des innovations majeures ont ainsi été apportées dans les paramètres des recrutements d’enseignants :
- Attirer les meilleurs, instaurer une procédure plus sélective. Selon les sources de Médias24, on examinera le parcours scolaire de chaque candidat, on sera attentif aux mentions obtenues, au temps écoulé entre le baccalauréat et l’obtention de la licence.
Une procédure de pré-sélection au concours écrit est ainsi mise en place, sur la base de ces critères objectifs, afin de renforcer la sélectivité du concours et l’attractivité des métiers de l’enseignement pour les meilleurs candidats. - Une lettre de motivation est exigée des candidats pour évaluer l’intérêt pour les métiers de l’éducation et favoriser ainsi les vocations.
- Exempter les titulaires d'une licence d’éducation de la phase de pré-sélection. Ces candidats seront donc soumis directement au concours écrit. Cette disposition contribue à encourager les parcours de formation longs en 5 ans, renforçant la professionnalisation du métier. Jusqu’à présent, les diplômés des filières de l’Éducation étaient minoritaires parmi les candidats aux concours. L’objectif est qu’ils soient à terme majoritaires et qu’ils deviennent enseignants par choix positif.
- L’âge maximum requis est ramené à 30 ans afin d’attirer des candidats jeunes dans la profession enseignante, dans l’objectif de s’assurer de leur engagement durable pour l’école publique et d’investir dans la formation et le développement de leur parcours professionnel. Auparavant, l’âge maximum était de 40 ou 45 ans et, par des dérogations, pouvait atteindre 50 ou 55 ans. Le recrutement enseignant revêtait en partie un aspect social. Il s’agissait de créer des emplois. L’intérêt de l’enfant passait en arrière-plan ou n’était pas cité dans ce contexte. Aujourd’hui, le ministère dissocie la politique sociale de la politique de l’Éducation. La première a un objectif social. La seconde a pour objectif l’intérêt de l’élève marocain et son droit à acquérir une formation de qualité.
Ces dispositions constituent une première étape, dans le processus d’amélioration du recrutement et de l’attractivité des métiers de l’Éducation. La réforme commence donc par des mesures courageuses. À suivre.
Cliquer ci-dessous pour accéder à l’annonce complète du concours de recrutement.
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