Covid-19. Vaccination quasi à l’arrêt, les jeunes sont les plus réticents

La vaccination est au ralenti. Ce sont manifestement les jeunes qui semblent ne pas adhérer à la campagne. Une situation alarmante à la veille de la saison hivernale et face à la menace de la nouvelle vague qui frappe actuellement l'Europe.

Le nouveau vaccinodrome de Rahma (Casablanca).

Covid-19. Vaccination quasi à l’arrêt, les jeunes sont les plus réticents

Le 16 novembre 2021 à 19h48

Modifié 16 novembre 2021 à 19h48

La vaccination est au ralenti. Ce sont manifestement les jeunes qui semblent ne pas adhérer à la campagne. Une situation alarmante à la veille de la saison hivernale et face à la menace de la nouvelle vague qui frappe actuellement l'Europe.

L’affluence vers les centres de vaccination faiblit. Nous sommes bien loin des images des files d’attente et des foules massées devant les centres.  En trois jours, depuis le dimanche 14 novembre, on dénombre à peine 13.819 primo-vaccinations, dont un peu plus de 6.000 ce mardi 16 novembre.

À ce jour, près de 24,4 millions de personnes ont reçu la première dose et 22,4 millions ont reçu les deux doses. La cible, pour rappel, englobe 90% des plus de 12 ans, soit une population de 26,1 millions environ.

Il faut donc inciter 2 millions de personnes à compléter leur schéma vaccinal par la seconde dose. Et convaincre encore 1,7 million d’effectuer les deux doses. Il s’agit d’aller chercher les personnes les plus réticentes ou indolentes. Une tâche qui n’est pas aisée, et que les autorités sanitaires ont rendu encore plus difficile faute d’une stratégie de communication efficace.

Les jeunes moins enclins à la vaccination

La question qui se pose est de savoir qui sont ces personnes qui refusent la vaccination. La réponse réside dans les chiffres du taux de couverture de la vaccination par tranche d’âge que Médias24 a pu consulter.

Il s’avère que les jeunes sont les plus réticents à la vaccination. Les taux les plus faibles sont ceux de la tranche d’âge de 15 à 34 ans. Pour les 15-19 ans, il est de 53% pour la D2 et 66% pour la D1. Pour les 20-29 ans, le taux de couverture D2 est de 64% contre 75% pour la D1.

Faut-il chercher une explication du côté des fake news qui inondent les réseaux sociaux, principal source d’information des jeunes ? La question est à étudier. De fait, les autorités sanitaires devraient occuper l’espace avec une information pertinente et un discours à même de convaincre cette génération.

Un effort de communication ciblant la catégorie des 30-39 ans est également nécessaire pour atteindre l’objectif de 80% au moins. Car il semble que sur cette tranche d’âge, le problème se pose essentiellement pour le suivi de la vaccination. Effectivement, si le taux de couverture moyen de la D1 dépasse 82%, celui de la D2 n’est que de 75%. En d’autres termes, plusieurs personnes effectuent la première dose et ne reviennent pas pour la seconde.

Par ailleurs, comme le montre l’illustration ci-dessous, les catégories de 40 ans et plus, affichent un taux de vaccination dépassant les 87% pour les deux doses.

Une situation alarmante

Les autorités sanitaires espéraient atteindre les objectifs de vaccination fin novembre. Mais au regard du rythme actuel, cet objectif semble impossible à tenir, alors que sur le plan logistique le Maroc est paré pour vacciner jusqu’à 500.000 personnes/ jour. Théoriquement, il peut en quelques jours finir d’administrer la première dose à tous ceux qui ne l’ont pas encore reçue. Resterait alors l’administration de la seconde dose dans le respect des délais entre la D1 et D2.

La situation reste donc préoccupante, notamment à l’approche d’une nouvelle vague qui semble inévitable au vu de ce qui se passe en Europe. Et ce n’est pas le Dr Said Afif, membre du Comité scientifique et technique de la vaccination, qui dirait le contraire. « Nous tirons la sonnette d’alarme« , avance-t-il.  « Nous voyons avec inquiétude arriver décembre, un mois où d’autres virus respiratoires vont s’ajouter à celui de la Covid-19, avec tout ce que cela comporte comme risque pour nos citoyens et notre système de santé », explique-t-il.

La vaccination et le respect des mesures barrières permettent de réduire les risques et de limiter les dégâts qui peuvent être causés par d’éventuelles nouvelles vagues. « L’Espagne et le Portugal ont sauvé leur saison estivale grâce à la vaccination. L’Angleterre, grâce au bon taux de vaccination atteint, a réussi à réduire l’impact de la vague actuelle. Avec 40.000 à 50.000 cas quotidiens, le pays n’enregistre que 800 décès/semaine contre 2.000 décès/jour pendant les vagues précédentes », argumente le membre du Comité de vaccination.

Ce qui inquiète les autorités sanitaire relève de la santé publique. 4,5 millions de personnes ne sont pas vaccinées et 22,4 millions le sont complètement. En cas de nouvelle vague, le virus peut certes toucher tout le monde, mais il fera plus de dégâts au sein de la population des 4,5 millions non vaccinés. « Si on a juste 7.000 cas en réanimation, nous serons dépassés« , alerte le Dr Afif.

« Si la situation perdure en l’état, les autorités sanitaire devront agir pour éviter les scénarios catastrophe », poursuit notre interlocuteur. Quelles décisions pourraient-elles prendre ? « Nous sommes en guerre contre la Covid-19. Notre État va être obligé de restreindre les déplacements, de revenir à un confinement plus strict, même si nous ne sommes prêts ni sur le plan économique ni psychologique à revivre cela », répond-il.

C’est pour cela que le Dr Afif en « appelle à la citoyenneté de chacun ». « Il est encore possible de rattraper le retard, l’immunité peut-être atteinte dans cinq semaines, juste avant d’entrer de plain-pied dans la phase hivernale », prévient-il.

 

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