Filière apicole : Forte percée mais encore loin des ambitions affichées

La filière apicole marocaine enregistre une percée remarquable sur la dernière décennie, sans toutefois atteindre les objectifs du contrat-programme arrêtés à l’échéance 2020.

Miel du terroir au marché solidaire à Casablanca

Filière apicole : Forte percée mais encore loin des ambitions affichées

Le 8 novembre 2021 à 14h30

Modifié 8 novembre 2021 à 15h22

La filière apicole marocaine enregistre une percée remarquable sur la dernière décennie, sans toutefois atteindre les objectifs du contrat-programme arrêtés à l’échéance 2020.

Au total, la production de miel s’est établie à plus de 7.960 tonnes, contre 16.000 tonnes ciblés par la convention signée avec le gouvernement, selon les dernières données du ministère de l’Agriculture.

Néanmoins, le volume réalisé sur la période 2009-2019 a enregistré un bond de 69%. De même, le nombre d’apiculteurs modernes est passé de 22.000 à 36.300 sur un total de plus de 55.000. Avec à la clé l’explosion de près de 500% du nombre de ruches. Le chiffre d’affaires est également passé de 822 millions de DH à 1,1 milliard de DH.

A noter aussi également que la grande percée demeure celle du secteur moderne ; le nombre de ruches dans cette activité étant passé de 110.000 en 2009 à 640.000 en 2019, soit 105% de l’objectif du contrat-programme (610.000 ruches modernes ciblées en 2020).

« Parallèlement, pas moins de 850 unités d’élevage apicole ont été équipées de matériaux d’appui à la production et 19 projets d’agrégation ont été déployés autour des unités de valorisation et de conditionnement », précise une source professionnelle jointe par Médias24.

De nombreux atouts expliquent ces performances

Le premier de ces atouts est relatif à la diversité de la flore et des sites naturels. L’élevage des abeilles est également souvent associé à d’autres cultures et plantations arboricoles dont il assure la pollinisation. De ce fait, les abeilles jouent un rôle déterminant concernant l’amélioration des volumes et de la qualité des productions végétales, notamment l’arboriculture fruitière, les maraîchages et les cultures industrielles.

Au demeurant, c’est ce qui explique la présence de l’apiculture dans les différentes régions du pays. D’où, aussi, la diversité des miels produits. Les principaux produits répertoriés sur les marchés sont ceux à base d’oranger, d’eucalyptus, d’euphorbe, de thym, de lavande, de romarin, de caroubier, de tournesol ainsi que d’autres fleurs.

Selon de nombreux professionnels, la production par ruche moderne varie entre 10 et 15 kg par an alors qu’elle se situe entre 3 et 5 kg par ruche artisanale. Cependant, la production de gelée royale reste peu développée. Il en est de même de la consommation nationale, dont le niveau a peu progressé. Tout au plus, cette consommation par habitant est passée de 200 à 250 grammes sur une décennie, alors que l’import a pratiquement doublé : 4.000 tonnes en 2019 contre 2.000 en 2009. Ceci, sans oublier « la contrebande qui demeure active malgré la fermeture des enclaves de Sebta et Melilla », dénonce un producteur de la région du Gharb, également joint par Médias24.

A noter que le Maroc n’exporte pas de miel.

Le Maroc compte cinq zones principales de production de miel : Tanger-Tétouan, Casablanca-Settat, Beni Mellal-Khouribga, Marrakech-Safi et le Souss. Les autres régions sont considérées comme intermédiaires ou mineures.

Parmi les premières régions, Casablanca-Settat dispose d’atouts considérables. Selon les données de la Direction régionale de l’agriculture (DRA), le potentiel se résume en l’existence de flores mellifères diversifiées, d’une forêt dense au niveau de Benslimane et d’un savoir-faire avéré des apiculteurs modernes. D’où l’avancée remarquable enregistrée par la filière apicole, souligne la DRA. D’un peu plus de 12.000 ruches en 2011, le nombre a plus que doublé en 2019 pour atteindre 27.000 unités. Actuellement, la filière compte 108 coopératives versées dans la production du miel et produits de la ruche.

Seul bémol : la menace des pesticides, en particulier dans des régions où prédominent les cultures menées de manière industrielle. Pour en atténuer l’impact, de nombreux apiculteurs déplacent leurs ruches vers des zones où le risque est mineur ou inexistant.

C’est aussi une pratique pour assurer l’alimentation à leurs abeilles. Dans la région du Gharb où le phénomène de transhumance est largement répandu, la distance parcourue par les ruches varie entre 50 et 80 km rien que sur la plaine entre les zones de culture et les forêts d’eucalyptus.

Dans les zones montagneuses, cela nécessiterait un voyage de 300 à 400 km, voire plus.

Au-delà, l’enjeu ne tient pas seulement à la production du miel, s’accordent de nombreux experts. C’est aussi de sécurité alimentaire qu’il s’agit, car la sauvegarde de l’abeille signifie la garantie de la production agricole. Cet insecte intervient dans la pollinisation de 75% des plantes cultivées ; ceci à des degrés différents. « Elle est toutefois déterminante, voire indispensable pour les rosacées, les cucurbitacées, les mûres rouges et bleues ainsi que les oignons. De plus, les abeilles et autres insectes pollinisateurs sont importants pour la conservation de la biodiversité », tranchent enfin des experts.

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