Fruits rouges : la profession redoute un effondrement des recettes à l’export
Après une campagne marquée par une hausse de 7% des volumes exportés, les opérateurs de la filière des petits fruits rouges appréhendent avec inquiétude la perspective de la future saison.
Le renchérissement des intrants et de la logistique que les opérateurs ne peuvent répercuter sur leurs prix de vente, inquiètent la profession.
"Au total, le surplus du coût de production et des frais d’approche est estimé à 30%", précise Amine Bennani, président de l’Association des producteurs des fruits rouges. L’augmentation concerne le plastique de couverture des serres, l’armature, le transport de la main d’œuvre ainsi que celui des marchandises exportées. Le tout taxé au taux de TVA le plus élevé.
"Par conséquent, si une hausse de la production est attendue, celle de la recette ne sera pas au rendez-vous", anticipe un gros producteur de la région de Larache. D’ailleurs, la même situation a été vécue lors de la dernière campagne.
Les volumes exportés lors de la campagne qui a pris fin en mai dernier avaient atteint 182.200 tonnes, contre 170.000 tonnes la saison précédente, mais les prix n’ont pas suivi la tendance haussière des intrants et autres frais d’approche – ce qui a tiré la recette des producteurs et exportateurs vers le bas. Et il est à craindre que le même scénario se produise, lors de la prochaine campagne dont les cultures sont en cours d’installation (fraise et framboise), d’autant que les professionnels s’attendent à une augmentation de la production, en particulier des myrtilles dont les nouvelles plantations devraient entrer en production cette année. Selon l’interprofession, entre 300 et 400 ha sont plantés annuellement avec ce petit fruit rouge.
L’espoir d’un rebond de la filière des fraises
Pour ce qui est de la fraise, dont l’installation devrait se terminer d’ici fin octobre prochain, les mêmes superficies que la campagne écoulée seront probablement reconduites.
Néanmoins, l’espoir reste de mise quant à la reprise de la filière, avec le recul de la pandémie de Covid-19 et l’atténuation de ses impacts sur la conjoncture internationale, en particulier la flambée des cours des intrants.
"Toujours est-il que les cultures des petits fruits rouges accrochent", concède un grand producteur et exportateur de la région de Larache. Car le Maroc dispose d’atouts indéniables pour assurer des produits de contre-saison par rapport aux pays d’exportation, explique-t-on. D’ou le développement fulgurant de ces cultures dans les zones tempérées froides. Il s’agit en particulier des fraises, framboises et myrtilles. Et rares sont les pays qui maîtrisent leur itinéraire technique, surtout pour les productions hors saisons qui commencent en novembre et se terminent en mai de l’année d’après.
Sur les cinq dernières années, la filière a poursuivi son développement, pour couvrir une superficie d’environ 10.000 ha. Au total, le Maroc compte près de 600 exploitations de fraisier dont la superficie varie de 0.2 à 70 ha.
La fraise continue de dominer avec 40% de la superficie. Elle est suivie de près par la framboise et la myrtille qui connaissent une évolution exponentielle. A noter que les deux tiers des superficies se trouvent à Larache, dans la région de Loukkous, suivie par la région de Souss-Massa, qui concentre 30% de la superficie totale.
La filière dispose également d’un outil de valorisation et de conditionnement à la pointe du progrès. Au total, 62 unités (congélation, emballage et conditionnement) sont installées dans les différentes régions de production.
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