Fret maritime : la hausse des tarifs stoppée pour six mois mais à un niveau très élevé
CMA-CGM, transporteur mondial fortement présent au Maroc, annonce la "suspension, jusqu'au 1er février 2022, de toute hausse des taux de fret spot sur l’ensemble de ses lignes, toutes marques comprises".
En d'autres termes, les prix n'augmenteront pas pendant les 6 prochains mois mais pourraient rester à un niveau élevé.
Cette décision ne change pas forcément la donne pour les chargeurs marocains, du moins les opérateurs de la filière des fruits et légumes dont la campagne d’exportation démarre en ce mois de septembre.
Le numéro 3 mondial, CMA-CGM et par ailleurs fortement présent au Maroc, a annoncé la "suspension à partir du 9 septembre et jusqu’au 1er février 2022 de toute hausse des taux de fret spot sur l’ensemble de ses lignes, toutes marques comprises". Ces taux négociés généralement sur moins de 30 jours, reflètent les indices de marché, type SCFI (indice des prix par conteneur).
Pour les professionnels, ce gel des hausses futures intervient alors que l’indice des prix spot du fret maritime a déjà atteint des sommets jamais enregistrés par le passé. Sous la barre des 1.000 points en mars dernier, le SFCI s’approche actuellement de 3.000 points.
C’est un niveau fort pénalisant pour le commerce extérieur marocain, toutes marchandises confondues. Et pour les exportations des produits agricoles frais, c’est la perte sèche d’une campagne d’agrumes et primeurs. « Le surcoût des prix du transport maritime est d’autant plus pénalisant qu’il affecterait lourdement la compétitivité des produits marocains et rendrait nulle toute marge commerciale », alertent les professionnels. Mais face à la nature périssable des produits, ils n’ont de choix que de procéder à l’évacuation, quitte à supporter des pertes pour maintenir des parts de marché.
Toutefois, l’interprofession, notamment agrumicole, garde espoir quant à l’aboutissement d’une solution avec les compagnies maritimes. « Il s’agit de trouver un juste équilibre d’ici fin septembre 2021 », espère un professionnel.
Une perspective qui n’est pas écartée de l’ordre du jour de la multinationale CMA-CGM, « qui souhaite accompagner ses clients dans un contexte de fortes tensions sur les chaînes logistiques mondiales et privilégie une relation sur le moyen et long termes ».
A ce titre, il est annoncé l’effet, en cours, des investissements réalisés par le groupe depuis fin 2019. Ce dernier a ainsi augmenté la capacité de la flotte de 11% via « l’entrée en service de navires neufs et l’achat de bateaux d’occasion. Et sur les 15 derniers mois, le groupe a également augmenté sa flotte de conteneurs de 780.000 EVP ».
Il reste à savoir si la trajectoire se traduirait par un retour à la normale dans le proche avenir. Car, outre la hausse des prix du fret, les professionnels redoutent également les conséquences de la reconfiguration attendue des lignes maritimes. Certaines expéditions à partir du Maroc seront réalisées à travers des navires venant d’Asie ou d’autres ports et transitant par Tanger-Med. Ce qui représente un risque pour des produits périssables comme les fruits et légumes. Cet aspect se trouve, selon nos sources, sur la table des négociations avec des armateurs avec lesquels des liens de partenariat sont tissés depuis de nombreuses années.
D’un autre côté, les opérateurs regroupés au sein de la Fédération marocaine des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (Maroc-Citrus) multiplient toujours les démarches dans l’objectif de sensibiliser le gouvernement sur les retombées négatives de la hausse du coût du transport maritime. Ils se disent « dans l’incapacité de supporter la charge de toute hausse du transport maritime, après des campagnes d’exportation jugées difficiles ».
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