La RAM n'a finalement sacrifié que 10% de sa flotte au lieu des 30% prévus à cause de la crise
Neuf mois après le lancement d’un premier appel d’offres international qui avait mis en vente 6 Boeing 737-700, Médias24 apprend de source autorisée qu’un opérateur étranger a racheté l’ensemble du lot. Les ventes programmées courant 2022 ne devraient pas avoir lieu, grâce au pic d’activité estival et à la reprise espérée en automne.
Mise à mal par la crise sanitaire et la fermeture des frontières aériennes, intervenue de janvier à juin dernier, la compagnie nationale avait prévu de céder 18 aéronefs sur les 61 de sa flotte commerciale et cargo (60+1) afin d'engranger des recettes, en attendant la relance de son activité.
« Le premier appel d’offres a été remporté par un seul et même client »
Sollicitée par Médias24, une source autorisée nous a révélé que l'appel d’offres initial, qui prévoyait de céder 6 Boeing 737-700, venait d’être finalisé, lors d'une première vente d’un avion en juillet dernier.
« Après avoir reçu plusieurs offres intéressantes sur le marché international de l’occasion, Royal Air Maroc (RAM) a retenu celle d’un seul et même client étranger qui s’est porté acquéreur des 6 avions », révèle notre source. Celle-ci a cependant refusé de dévoiler le montant des six ventes et la qualité du client (broker ou opérateur).
Une vente qui a rapporté à la RAM entre 30 et 90 millions $ (estimation d'expert)
Tout en se contentant de notifier qu’ils avaient été vendus au prix du marché, il s’est félicité du fait que les recettes réalisées permettraient d’aider la compagnie à surmonter la crise.
Rappelons qu’un expert indépendant avait évalué la vente des 6 aéronefs, qui étaient les plus âgés de son parc, pour un montant compris entre 30 et 90 millions de dollars, soit 267 à 800 millions de dirhams ; l’estimation étant fonction de la durée qui sépare la vente du grand entretien technique des avions.
Le retour du pic d’activité estival devrait annuler les deux autres appels d’offre décidés en décembre
A la question de savoir si la compagnie comptait toujours lancer les deux appels d’offres décidés en décembre 2020 pour 2022, censés céder 12 autres avions comprenant 4 Boeing 737-700, 4 Dreamliner 787 et 4 Embraer, notre interlocuteur a préféré temporiser en n’excluant pas leur annulation.
Selon lui, la reprise estivale a en effet permis de retrouver « une forte activité avec les 55 avions restants qui ont été utilisés à plein régime pour permettre aux MRE de rentrer passer leurs vacances au pays ».
Revigorée par ce pic d’activité qui n’avait pas été enregistré depuis le début de la pandémie en mars 2020, la compagnie n’est donc plus certaine de vouloir se défaire des 12 aéronefs. Par conséquent, « aucun autre appel d’offres n’est prévu pour le moment ».
La RAM va mettre en œuvre de nouveaux moyens pour la reprise espérée en octobre prochain
Après une baisse attendue du trafic aérien en septembre, un mois de faible activité en temps normal, la compagnie nationale devrait enregistrer une nette reprise sur plusieurs marchés durant les vacances de mi-trimestre, qui démarreront courant octobre.
« D’ici la fin de l’année, nous comptons relancer la liaison Casablanca-Miami qui avait été suspendue, détaille notre interlocuteur. Nous allons aussi mettre beaucoup de moyens à la fois sur les lignes touristiques et les routes du Nord qu’empruntent habituellement les MRE (Belgique, Allemagne, Hollande) pour se rendre dans des villes comme Tanger, sans compter bien évidemment l’Afrique via notre hub international de Casablanca. »
« Aucun achat d’avion prévu avant 2024 »
Tout en se voulant optimiste pour l’avenir, notre interlocuteur a exclu tout achat éventuel d’avions en 2022. Il précise qu’il faudra attendre au moins deux ou trois ans avant d'envisager d’étoffer la flotte actuelle.
« Si l’embellie se poursuit, la RAM n’aura sacrifié que 10% de sa flotte au lieu des 30% prévus, sachant que les 6 avions cédés étaient programmés à la vente avant la crise. » Notre source exclut un retour à la normale avant 2024, voire 2025, à condition qu'on n'observe pas de recrudescence de la pandémie entre-temps.
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