L'explosion des coûts du transport maritime international pénalise la compétitivité à l’export
La hausse persistante et inédite des coûts du transport maritime risque de mettre à rude épreuve le commerce mondial des marchandises. Surtout, celles échangées par conteneurs. Experts du domaine maritime et cabinets conseils s’accordent en effet sur le constat.
Selon plusieurs sources, le coût du transport d’un conteneur depuis Shanghai (Chine) jusqu’à Rotterdam (Pays-Bas) s’élève actuellement à 10.550 dollars (8.705 euros). Un record, puisqu’il est 5,4 fois plus élevé que le coût moyen sur les 5 dernières années.
En cause, plusieurs facteurs sont avancés par les experts : la forte hausse de la demande combinée à la pénurie des conteneurs, la congestion des ports et le nombre réduit des porte-conteneurs et des dockers. Le tout, aggravé par la reprise épidémique en Asie qui a mis sous restrictions sanitaires plusieurs grands ports dont certains sont actifs sur tous les marchés de la planète. D’où l’effet d’entraînement sur la majorité des enceintes portuaires.
Pour le Maroc, l’impact de la hausse des coûts du transport maritime résultant de la flambée des prix de location des conteneurs sera ressenti aussi bien à l’import qu’à l’export. Concrètement, cela affectera la compétitivité des produits exportés et rendra plus chers ceux achetés à l’extérieur.
Se rangent dans ces cadres, tous les produits finis à forte valeur ajoutée transportés par conteneurs.
A l’import, il s’agit de l’électro-ménager, téléviseurs, climatiseurs, matériel de télécommunication, biens d’équipement, produits agroalimentaires, boissons, fournitures scolaires, médicaments…
A l’export, les produits les plus pénalisés relèvent principalement des nouveaux métiers du Maroc.
Au chapitre de l’impact inflationniste, des professionnels ont déjà constaté la flambée qui s’est emparée de certains produits en provenance d’Asie. La hausse a porté en particulier sur les téléviseurs et climatiseurs. Elle est estimée entre 20 et 35%.
Un sondage réalisé par l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique auprès de 54 opérateurs du commerce extérieur montre que 80% des entreprises exportatrices déclarent avoir subi une augmentation des tarifs de location des conteneurs. La proportion étant plus importante chez les entreprises importatrices:89%. Et pour l’ensemble, la hausse se situerait aux alentours de 50%, voire plus.
Mais les entreprises qui traitent en exclusivité avec l’Asie ont subi des hausses de variant entre 150 et 200%. Ceci, sans oublier les retards de livraison.
Pour le moment, le trafic conteneurisé reste relativement faible par rapport au total des échanges extérieurs. Il porte sur près de 1,240 million EVP (équivalent vingt pieds). Selon l’Agence nationale des ports, il s’est inscrit en légère baisse de 2,9% en 2020 par rapport à l’année précédente. En termes de volume, il représente 2,5% du trafic global avec 12,1 millions de tonnes.
Cependant, l’enjeu est de taille pour Tanger Med. L’année dernière, ce complexe portuaire a traité plus de 5,7 millions de boîtes, en forte hausse de plus de 20% par rapport à 2019. Ce port constitue également une plateforme industrielle pour plus d’un millier d’entreprises représentant un volume d'affaires annuel de 8 milliards d’euros dans les secteurs de l'automobile, de l'aéronautique, de la logistique, du textile et du commerce.
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