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La recrudescence des méduses, un phénomène naturel mais de plus en plus fréquent

L’apparition très prononcée de ces invertébrés sur les plages nord du Maroc est due à la baisse du nombre de leurs prédateurs et à une augmentation de la température de l’eau.

La recrudescence des méduses, un phénomène naturel mais de plus en plus fréquent
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Le 8 août 2021 à 9h17 | Modifié 8 août 2021 à 9h17

Les méduses font leur grand retour sur les côtes nord du Maroc. Sur les réseaux sociaux, des photos de ces espèces gélatineuses observées à même le sable pullulent.

Leur présence ne semble pourtant pas inquiéter outre mesure les scientifiques.

« Les méduses vivent dans toutes les mers et tous les océans du monde, de la surface jusqu’aux grandes profondeurs. Elles peuvent s’échouer sur les rivages avec des densités variables, saisonnières et généralement limitées dans le temps. La recrudescence des méduses le long des côtes marocaines est un phénomène naturel, mais depuis quelques années, elle est devenue de plus en plus fréquente, particulièrement en été. Les périodes 2011-2015, 2017 et plus récemment 2020-2021, ont été marquées par de fortes abondances de méduses et des échouages massifs fractionnés et limités dans le temps, aussi bien en Méditerranée qu’Atlantique », explique Dr. Imane Tai, chargée de la coordination du réseau de suivi des échouages au laboratoire de biologie-écologie du Centre régional de Casablanca de l’Institut national de recherche halieutique (INRH), jointe par Médias24.

Cette prolifération des méduses s’explique « par la diminution du nombre de leurs prédateurs et par une augmentation de la température de l’eau, durant l’hiver et le printemps », explique encore Imane Tai. Ce dernier facteur, cumulé au réchauffement climatique, favorise l’augmentation des abondances de phytoplancton, principal aliment des méduses, « créant ainsi des conditions idéales pour la prolifération de ces invertébrés, particulièrement en été ».

Principalement observées dans la zone atlantique entre Agadir et Tanger

Et d’ajouter : « En Méditerranée occidentale, les grandes abondances du phytoplancton sont localisées généralement au niveau de la côte sud espagnole, une zone caractérisée par une importante productivité primaire due à l’activité de l’upwelling (remontée des eaux froides profondes vers la surface, ndlr). Le phytoplancton et les méduses présentes dans ces eaux espagnoles sont transportés par les courants, depuis la zone sud espagnole vers les plages des côtes marocaines. Ce transport des méduses est favorisé davantage en cas de vents forts de l’est. Sur la façade atlantique, ces échouages ont souvent lieu après une houle très importante et des vents dominants forts de direction ouest à nord-ouest. »

Selon Imane Tai, les principales apparitions massives des méduses sont généralement observées en Méditerranée occidentale, dans la zone atlantique entre Agadir et Tanger, au niveau du Cap Juby et du Cap Blanc.

En juillet 2021, la méduse pélagique (Pelagia noctiluca) s’est échouées en masse sous forme d’individus adultes sur les plages de Fnideq, M’diq et les plages adjacentes. « Ces derniers étant inactifs après avoir accompli leur phase de reproduction. Ils ont dérivé passivement en surface vers les zones côtières, sous l’action du vent et des courants », souligne la chercheuse.

Qu’en est-il des espèces observées, justement ? Selon les investigations menées par l’INRH, plus de 23 espèces gélatineuses ont été inventoriées dans les eaux marocaines, dont huit sont abondantes : la méduse mauve ou méduse pélagique (Pelagia noctiluca), la fausse méduse ou galère portugaise (Physalia physalis), les Rhizostomes (Rhizostoma luteum et Rhizostoma octopus), les salpes (Salpa aspera, Salpa fusiformis, Salpa sp. Aurelia aurita) et la vélelle ou fausse méduse flottante (Velella velella). Cette dernière est une espèce non urticante et inoffensive pour la santé de l’Homme.

Les méduses les plus couramment rencontrées échouées sur les côtes marocaines sont les suivantes : la méduse pélagique Pelagia noctiluca, qui cause des brûlures douloureuses aux baigneurs, et la galère portugaise Physalia physalis, extrêmement urticante. « Sa brûlure est plus intense et peut provoquer un état de choc chez ceux qui en sont victimes dans l’eau », prévient Imane Tai, qui rappelle également que « les tentacules des méduses peuvent conserver leur pouvoir urticant et venimeux deux mois après la mort de l’animal ».

La sévérité des piqûres des méduses varie en fonction des espèces

Par conséquent, les baigneurs doivent faire preuve d’une vigilance accrue dans les régions connues par les proliférations récurrentes des méduses. En cas de prolifération de méduses, Imane Tai recommande d’éviter de se baigner au milieu des méduses ; de ne pas toucher les méduses vivantes ou mortes ; d’empêcher les enfants de jouer avec les méduses vivantes ou mortes.

« La sévérité des piqûres des méduses dépend des espèces, précise Imane Tai. Les piqûres sont généralement bénignes avec des symptômes quasi-immédiats, ou parfois retardés. Les brûlures peuvent s’étendent rapidement au-delà de la zone mise en contact avec la méduse, entraînant un rougissement local, un œdème et des vésicules translucides. Parfois, l’œdème persiste avec des démangeaisons. Chez les personnes allergiques, la piqûre des méduses peut provoquer de l’urticaire, un spasme bronchique, une baisse de tension, voire un choc anaphylactique. »

En cas de piqûre, les mesures suivantes sont à prendre : retirer délicatement les tentacules qui restent collées à la peau à l’aide d’un ustensile (du papier, du plastique, un coquillage, une algue ou même du sable) ; n’utiliser aucun liquide agressif (vinaigre, alcool, salive) ; si nécessaire et pour calmer les douleurs, rincer délicatement la plaie à l’eau de mer. En cas de douleur persistante ou de malaise, consulter d’urgence un médecin.

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Le 8 août 2021 à 9h17

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