Aman Gaz, un procédé marocain qui détecte les fuites de gaz
Lancée par la startup iARM, Aman Gaz est une solution intelligente qui détecte un large spectre des fuites de gaz avec coupure automatique de source. Après une dure période de crise qui a impacté le secteur industriel, la startup affiche sa résilience et active ses ventes au Maroc et dans cinq pays du golfe.
« Tout le monde sait combien il est important de détecter les fuites de gaz aussi rapidement que possible », fait constater au préalable Rabie Chtioui, qui a mis au point Aman Gaz, une technologie protégée par un brevet à l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), et qui remédie aux fuites de gaz en coupant électro-mécaniquement la source.
Le procédé repose sur l’utilisation d’un détecteur qui se branche sur le mur avec un autocollant et d’une électrovalve brevetée, branchée entre le détendeur et le tuyau de la bouteille de gaz. Celle-ci fonctionne avec des batteries qui durent de 2 à 3 ans. En cas de présence de gaz butane ou propane, le détecteur déclenche une alarme et envoie un message électronique, sans fil, à l’électrovalve qui bloque le passage du gaz dans le tuyau. « Le même détecteur peut contrôler plusieurs électrovalves à la fois en cas de présence de plusieurs bouteilles de gaz. Une électrovalve peut être détectée par quatre détecteurs », précise Rabie Chtioui. « C’est un produit fini en termes de norme et de qualité nord-américaine », se targue-t-il.
Dans ce procédé, « l’innovation réside dans la façon de contrôler l’électrovalve qui comprend du matériel galvanisé, des systèmes pneumatiques, des cartes électroniques réseau, etc., alors que le détecteur existe depuis des années », explique Rabie Chtioui.
L’inventeur conjugue une formation en électronique et une solide expérience dans le domaine. Il a exercé pendant 20 ans en tant qu’ingénieur polytechnicien en électronique avant d’être nommé à la tête du département R&D de Directed Electronics, grand concepteur et distributeur d'alarmes de voiture et de démarreurs à distance en Amérique du Nord. « J’ai continué à travailler pour Directed Electronics et j’ai construit un mini laboratoire chez moi où je travaillais la R&D du projet pendant mon temps libre, notamment le design mécanique et électronique et la programmation de la solution », relate notre interlocuteur. En 2018, après deux ans et demi de R&D sur le produit, le prototype final d’Aman Gaz voit le jour.
Rabie Chtioui décide alors de rentrer au Maroc pour industrialiser son invention qui cultive un savoir-faire purement marocain. Si les composants électroniques sont sous-traités à des marchés européens et asiatiques, l’assemblage du kit complet et la programmation des cartes électroniques se font dans une unité industrielle située à Rabat.
La startup prend un élan suite à une période d’incertitude
En 2019, Rabie Chtioui convainc Bricoma de mettre son invention dans les rayons de ses 18 magasins, lui permettant ainsi d’écouler 1.000 unités pour un prix de 649 DH TTC du système complet : détecteur et électrovalve sans fil. « L’électrovalve seule se vend à 490 DH TTC et le détecteur à 249DH TTC », détaille notre interlocuteur, qui reconnaît que la crise sanitaire a bouleversé les prévisions de 2020, qui ont baissé à 500 unités par an au lieu des 3.000 prévues.
Malgré les répercussions de la crise sanitaire, ces ventes demeurent une première victoire pour la startup, qui affiche des ambitions fortes pour sa relance. D’abord nationales, en entamant des négociations avec de grands distributeurs de produits électroniques comme Electroplanet, Cosmos et Marjane pour la commercialisation du produit.
A cela s’ajoute un intérêt porté par le ministère de l’Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique sur la solution, qui s’est cristallisé par une mise en relation avec l’Institut marocain de normalisation (IMANOR). « Cette mise en relation a conduit, suite à une année de collaboration, à l’édification d’une norme marocaine de protection contre les fuites de gaz, qui utilise les caractéristiques de notre produit. Dans une seconde phase et pour le respect de la neutralité, le produit fera l’objet de tests dans des laboratoires indépendants lui permettant de valider les points de norme pour qu’il soit certifié NM (norme marocaine) », explique notre interlocuteur. Confiant, il estime que cette norme devrait être obligatoire pour les restaurateurs et cafés au Maroc comme c’est le cas pour les extincteurs.
Quant aux ambitions internationales, elles sont portées vers l’export à destination de cinq pays du golfe dans un premier temps. « Démarcher de nouveaux marchés internationaux représente un enjeu majeur pour notre développement », affirme-t-il, ajoutant qu’il vient de signer un accord avec UPS, une entreprise américaine d’envergure mondiale pour accompagner l'expédition, la réception et la gestion de la chaîne d'approvisionnement pour expédier les commandes aux marchés cibles.
Cela étant, iARM, qui emploie actuellement 10 personnes, souhaite renforcer ses fonctions marketing et commerciale pour identifier de nouvelles opportunités et faire rayonner son image au Maroc et ailleurs. Le temps est ainsi venu de prospecter des partenaires industriels de taille, de développer ses performances commerciales tout en gardant un œil sur la R&D.
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