Nizar Baraka à Tétouan: les technocrates, la transhumance politique, les inégalités....
"Nostalgie des technocrates, la fin de Chabat, la transhumance politique, les disparités sociales": tels sont les thèmes soulevés à Tétouan par Nizar Baraka qui a multiplié les messages politiques. Verbatim.
En déplacement à Tétouan, samedi 26 juin, Nizar Baraka, l'un des prétendants à la primature, dans le prochain gouvernement, s'est adressé aux militants de son parti en profitant de l'occasion pour lancer quelques messages ciblés.
En réponse à Jouahri : « nous avons les compétences »
Dans ce qui pourrait ressembler à une réponse directe aux derniers propos de Abdellatif Jouahri au sujet des partis politiques, lors de sa récente sortie médiatique, Baraka lance : « Le dénigrement des partis est devenu un sport national ». « Il y en a dans ce pays qui ont une certaine nostalgie des technocrates. Il y en a qui ne croient pas en la démocratie et croient que les compétences ne se trouvent qu’en dehors des partis ». « A l’Istiqlal, nous ont rejoint des compétences capables de sauver le pays de sa crise. Nous avons des présidents d’universités, des doyens, des hauts cadres, des hommes d’affaires », poursuit-il.
« Le parti de l’Istiqlal veut changer l’exercice de la politique dans notre pays », affirme-t-il.
Tétouan et les disparités territoriales
S'adressant aux militants tétouanais de son parti, Baraka regrette la situation économique de la ville : « Qu’a retiré Tétouan des infrastructures et du développement à Tanger ? Kénitra bénéficie du port de Tanger plus que Tétouan qui est juste à côté…, Tétouan maintenant se résume économiquement au tourisme durant la saison estivale. Les jeunes sont obligés de quitter la ville pour trouver du travail ».
« On attend encore une zone industrielle qui était programmée et qui n’a toujours pas vu le jour. Les habitants de Tétouan ont droit eux aussi au développement, sans oublier la culture et le sport qui sont importants pour l’animation de la ville », ajoute-t-il.
Sur le retard qu'accuse le développement du monde rural, il déclare : « Nous avons oublié le monde rural dans ce pays. Il n’y a pas d’égalité des chances, l’enfant rural ne passe que 3 ans en moyenne à l’école ».
Chabat, c'est fini
Dans une pique claire à destination de son rival Hamid Chabat, il lance: « C’en est fini avec la politique du chantage à l'Istiqlal et c’en est fini avec ceux qui l’exercent ». Il continue avec un lapsus révélateur : « Nous on respecte tout le monde, lui aussi doit nous respecter, eux aussi doivent nous respecter ».
L’économie, discréditer le gouvernement à tout va
A l'égard du gouvernement, il affirme: « Aucune vision n’a été présentée pour l’après 2020. La plupart des visions à l’horizon 2020 ont été faites dans le cadre du gouvernement Abbas El Fassi. Aucune stratégie n’a été renouvelée, le gouvernement n’a pas présenté de vision pour le futur, ce qui a poussé le Roi à constituer la commission spéciale pour le modèle de développement ».
[NDLR: Il convient de rappeler les stratégies les secteurs agricole, minier, énergétique et portuaires qui ont déjà élaborées pour l’horizon 2030. Un nouveau plan d’accélération industrielle à l'horizon 2025 est aussi en cours de finalisation.]
« On ne soutient pas assez la PME, au lieu de cela, on aide la grande entreprise qui investit à l’extérieur du Maroc et qui utilise des matières importées de l’étranger », avance-t-il.
« Nous proposons des alternatives et des propositions réalisables… et nous tenons nos promesses », manifeste-t-il.
La classe moyenne et les disparités sociales, le fer de lance du discours électoral de Baraka
Il proclame : « Ce Maroc qui vit une crise étouffante a besoin d’une rupture ». « Le gouvernement a appauvri la classe moyenne, il a suivi une politique libérale excessive. Les disparités sociales ont augmenté, nous sommes à 46% sur l’indice de Gini alors que nous étions à 39%. Maintenant, 20% des Marocains s’accaparent 54% du PIB du pays. Nous nous dirigeons vers une catastrophe sociale », poursuit-il.
« Le taux de chômage est plus important chez les jeunes. Les Marocains sont inquiets pour leurs enfants, car ils ne savent pas s’ils vont pouvoir vivre mieux qu’eux », se désole-t-il.
Transhumance politique et achat de voix
Nizar Baraka a déploré que les partis ne se fassent pas concurrence sur les idées et les programmes. Ils sont en concurrence selon lui, "sur l’achat des grands électeurs".
Dans ce qui pourrait s'apparenter à un commentaire sur la recrudescence de la transhumance politique relevé dernièrement par les médias, il ajoute: « nous n’avons pas de problème à attirer les candidats, ils ne viennent pas pour l’argent. Chez nous, ils viennent par conviction, ils viennent pour contribuer et pour réussir, ils connaissent notre référentiel islamique et notre projet social et économique ».
Hommage à Abdelkhalek Torres
Profitant de sa présence parmi les militants de son parti à Tétouan, Nizar Baraka a tenu à rendre hommage à Abdelkhalek Torres, l’un des leaders de la lutte pour l’indépendance du Maroc et l’une des figures historiques de l’Istiqlal.
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