Au Souss-Massa, exercice de séduction en direction des investisseurs
Après Fès et Rabat, c’était le tour d’Agadir ce mercredi 2 juin pour la troisième étape des régionales de l'investissement. Cette rencontre organisée par la Banque Populaire a débattu les sujets de la relance économique, des opportunités d’investissements dans la région, ainsi que du déploiement de la banque des projets du ministère de l’industrie au niveau régional.
Agadir étant le deuxième pôle touristique du royaume avec une capacité de 44.655 lits, soit 16,6% du total national, les effets de la crise sanitaire se sont faits ressentir au niveau de la région. Si le tourisme a été fortement touché, les autres secteurs sur lesquels repose la ville, à savoir l’agriculture et la pêche, se portent très bien, rapporte le président du conseil régional de Souss Massa, Brahim Hafidi.
Une panoplie de projets structurants et d’incitations à l’investissement
Il précise que sa région connaît actuellement une forte dynamique de chantiers structurants.
Sur les 25 projets que compte le PDR (plan de développement régional), quelques-uns ont été complétés à 100% et les autres sont en cours de réalisation. La région a en effet profité de la première déclinaison régionale du plan d’accélération industrielle et de l’ambitieux plan de développement urbain d’Agadir de 6 milliards de DH.
Elle profitera aussi de la première cité des métiers et des compétences, dont le démarrage est prévu en septembre prochain. Également, pour pallier le stress hydrique, des projets “pharaoniques” ont été lancés, comme la conduite d’eau entre El Guerdane et Agadir et la station de dessalement d’eau de mer qui va coûter 4 milliards de DH.
Le président de la région a fièrement annoncé que les objectifs du plan d’accélération industrielle ont été largement dépassés en créant plus de 33.000 emplois au lieu de l’objectif initialement fixé de 24.000. Ajoutant qu’en plus des dispositions prévues au niveau national, la région a offert ses propres incitations à destination des investisseurs, comme par exemple 250 DH/m² de foncier sur les zones industrielles.
Pour les métiers de l’offshoring, 7.000 DH par emploi créé sont octroyés en plus des 250 DH/m² de plancher. Quant à la filière automobile que la région espère attirer, 10.000 DH de prime à l’emploi sont prévus.
Dans cet exercice de séduction vis-à-vis des investisseurs, Brahim Hafidi a étalé toute la diversité de l’offre de foncier industriel que compte la région comme par exemple le parc halieutique Haliopolis, l'agropole, la zone d’accélération industrielle d’Agadir ou encore le nouveau parc industriel de Drarga.
Le cas des anciennes zones industrielles de Ouled Teïma et de Tiznit qui ont été reprises et réactivées, a été mis en exergue, puisque grâce notamment aux incitations du ministère de tutelle additionnés à celles de la région, l’investisseur peut acquérir le foncier à zéro dirham.
Par ailleurs, au niveau de la logistique, la plateforme d'Aït Melloul de 170 ha a été inaugurée la semaine dernière, tandis qu’une autre de 70 ha est en projet à côté de Haliopolis, dont 20 ha est déjà réalisée. Le méga-projet de la voie express connectant Tiznit à Laâyoune avance bien également. Dans le cadre du PDU d’Agadir, une nouvelle rocade reliera l’aéroport, les zones industrielles et le port.
Un accompagnement rapproché et des procédures simplifiées
Autre initiative: celle de “la journée porte ouverte” qui a pour but de recevoir les investisseurs et de répondre à leurs préoccupations, et qui se tient chaque jeudi à la wilaya, en marge de la commission régionale unifiée de l’investissement.
Cette commission a été instituée, dans un souci de simplification des procédures, comme “seul réceptacle” des projets d’investissement, selon Abdelati Marouane, directeur général du CRI Souss Massa. Il ajoute que le délai entre la validation du dossier au CRI et son passage dans la commission pour donner son aval ne dépasse pas les 10 jours.
Le CRI a également misé sur la digitalisation à travers les plateformes CRI-Invest qui permettent de faire converger toutes les procédures et www.zonesindustriellessoussmassa.ma qui permet, elle, à l’investisseur d’identifier la parcelle de terrain dans la zone industrielle qui l’intéresse et d’être directement redirigé vers les services du CRI pour l’accompagnement dans la suite du processus.
Des résultats prometteurs mais des potentialités encore inexploitées
Par ailleurs, Abdelati Marouane a indiqué qu’en 2020 et malgré la pandémie, 14 milliards de DH d’investissements au total ont été approuvés, devant créer 16.000 emplois, en augmentation de 68% par rapport à 2019. Il a également révélé qu’une troisième tranche du parc industriel intégrée est en train d’être mobilisée, ce qui prouve le grand appétit des investisseurs pour la région.
Le président de la CGEM Souss Massa, Majid Joundi, a quant à lui, confirmé les signes de reprise et le retour de la confiance chez les acteurs économiques.
D’un autre côté, il a insisté sur la nécessité de coordonner les efforts et de “jouer collectif” pour relever les défis. Ce à quoi s’accorde Karim Achengli, président de la CCIS Souss Massa, qui appelle aussi de ses vœux à chercher plus de création de valeur dans les investissements futurs. Chose qui ne peut se concrétiser, selon lui, qu’en poursuivant la voie de l’innovation, même dans les secteurs classiques comme la pêche et le tourisme.
Le tourisme d’ailleurs, ne doit plus compter uniquement sur le balnéaire, il doit s’ouvrir sur des offres culturelles et des offres d’animation plus diversifiés et sur des niches comme le prometteur tourisme de santé. Des projets tels que la cité de l'innovation et le technopark qui va être inaugurés incessamment vont aider dans ce sens, en augmentant la capacité de la région à innover.
Les intervenants ont souligné l’importance du capital humain dans cette marche vers le développement de la région.
Ils ont été d’accord pour dire que l’offre de formation est abondante avec des universités publiques et privées auxquelles s’ajoutera la nouvelle cité des métiers et des compétences. Ils ont donné l’exemple de Segula qui opère dans les solutions en offshoring pour le secteur de l’automobile et qui n’a eu aucun souci à recruter 200 ingénieurs, ou encore de PSA qui a identifié 850 profils d’ouvriers qualifiés à partir de la région Souss Massa.
Enfin, cette rencontre, organisée par le groupe Banque Populaire, a été l’occasion de signer plusieurs conventions, d’abord entre la BP, la CGEM et la CCIS, puis entre la BP et la FENIP.
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