Les manifestations des enseignants dégénèrent, le dialogue avec la tutelle à l'arrêt
Le bras de fer entre les enseignants et le ministère de l'Education nationale s'éternise. Dans l'impossibilité de dialoguer avec leur tutelle, différentes catégories d'enseignants enchaînent les mouvements de protestation. La dernière manifestation a viré à de violents affrontements, créant un vif émoi auprès des Marocains.
Différentes catégories d'enseignants, dont les dossiers revendicatifs bloquent toujours, enchaînent les mouvements de protestation malgré l'interdiction des autorités, justifiée par l'état d'urgence sanitaire interdisant les rassemblements.
Dernier mouvement en date: une manifestation organisée lundi 15 mars à Rabat par les fonctionnaires du ministère de l'Education nationale, titulaires de diplômes d'études supérieures, rejoints, le lendemain, par les enseignants des Académies régionales.
Au bout d’une journée de tensions, les affrontements se sont intensifiés dans la capitale. Le parquet de Rabat a ordonné une enquête sur l'usage de violence lors de la dispersion du rassemblement.
"Les enseignants voulaient protester de manière pacifique pour faire entendre leur voix, en l'absence de toute communication avec le ministère de tutelle", nous déclare un membre de la coordination nationale des fonctionnaires du ministère de l'Education nationale, titulaires de diplômes d'études supérieures.
#protect_teachers_in_morocco
Emaillée de violence, la manifestation des enseignants a suscité émoi et indignation auprès des Marocains, choqués par les images relayées sur la toile.
Le hashtag #protect_teachers_in_morocco a été ainsi lancé, dénonçant les actes de violence perpétrées à l'encontre du corps enseignant et défendant des "revendications légitimes" à même de garantir la dignité de cette catégorie.
Des dossiers en suspens
Malgré plusieurs réunions tenues entre le ministère et les syndicats durant les dernières années, plusieurs dossiers sont restés sans solution, nous affirme Abderrazzak Idrissi, secrétaire général de la FNE, qui souligne une "inégalité dans le traitement des dossiers".
Outre les enseignants diplômés du supérieur qui demandent la promotion sur la base des diplômes et la révision de leur statut, ou encore les enseignants des académies régionales qui réclament leur intégration au statut fondamental du ministère de l'Education nationale, plusieurs autres catégories attendent une résolution de leurs dossiers.
Il s'agit, entre autres, des enseignants du primaire et du collégial exclus de la promotion hors échelle, dont le nombre s'élève à 166.000, les enseignants de la "cellule 10", casés à l’échelle 10 sans indemnités sur leur ancienneté, les professeurs agrégés, techniciens administratifs, institutrices du préscolaire, qui réclament tous une intégration dans le statut fondamental du ministère.
Les revendications diffèrent, mais l'objectif est le même. Les protestataires, toutes tendances confondues, réclament le dialogue avec le ministère de tutelle, pour le traitement de leurs dossiers qui traînent depuis des années.
Sans dialogue avec la tutelle, la crise est loin d'être finie. La Fédération nationale de l'enseignement annonce une grève nationale le 5 avril 2021, accompagnée d'autres sit-in devant les différentes directions provinciales et le siège du ministère de l'Education nationale.
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