img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
CULTURE

Casablanca: des salles de cinéma devenues vestiges, d’autres sous perfusion

Dans les différents recoins de la capitale économique, les vestiges de célèbres salles de cinéma, ayant cessé d'exister, sont encore fortement présents, rappelant ainsi une importante tranche de la mémoire de la ville dans sa dimension artistique et sociale, qui fait partie d'une belle époque révolue.

Casablanca: des salles de cinéma devenues vestiges, d’autres sous perfusion
Abdellatif El Jaafari (MAP)
Le 18 février 2021 à 14h03 | Modifié 10 avril 2021 à 23h20

Les restes de ces salles, qui sont fermées depuis plusieurs années et qui ont diverti des générations de passionnés du septième art, ne sont là que pour accentuer le spleen des nostalgiques, qui verront d'un bon œil les tentatives de certains cinéphiles de les faire renaitre d'une manière ou d'une autre.

Il s'agit en fait d'un problème qui dépasse l'aspect local, puisque cette question concerne la plupart des villes où existent des salles de cinéma fermées et devenues des espaces abandonnés ou transformées en centres commerciaux notamment. Jadis investies de cinéphiles qui venaient admirer des chefs d'œuvre de toutes les nationalités, ces salles subissent, aujourd'hui, les transgressions à la fois de la nature et de l'homme.

Les regards des Casablancais croisent encore les vestiges de certaines salles de cinéma fermées, comme "Saada" et "Farah" à Hay Mohammadi, "Al-Massira" dans le quartier Adil, "Royal", "Mauritania" et "Zahra" à Derb Sultan, "Sahara" à Ain Chock et "Al-Baida" à l'avenue Mohammed VI.

Dilapidation de la valeur symbolique

Dans une déclaration à la MAP, l'écrivain et chercheur universitaire Azzedine Bounit a estimé que la poursuite de la fermeture et l'abandon de ces espaces constituent une perte à la fois symbolique et concrète, soulignant qu'il est difficile de comprendre comment on pourrait dilapider la valeur symbolique que constituent ces monuments et l'histoire qu'ils renferment et qui fait partie de la mémoire collective de la ville.

Pour redonner vie à ces espaces, le phénomène des salles de cinéma abandonnées doit être traité en tant que composante de la crise urbanistique et pas seulement une question qui concerne le secteur des exploitants des salles de cinéma, a-t-il dit.

Il a proposé, dans ce sens, la mise en œuvre d'un programme intégré impliquant les Villes, les secteurs gouvernementaux concernés et les exploitants pour trouver les moyens de financement des projets de mise à niveau de ces établissements, qui doivent être perçus non seulement comme de simples espaces pour la projection de films, mais surtout en tant que lieux d'animation culturelle, de communication et de sociabilité.

Une crise exacerbée par la Covid

Le marasme provoqué par l'épidémie du nouveau coronavirus a exacerbé la crise qui affecte les exploitants du peu de cinémas toujours opérationnels, ce qui a poussé la Chambre marocaine des salles de cinéma (CMSC) à tirer à nouveau la sonnette d'alarme sur la situation du secteur.

Cette situation, qui a fait l'objet de plusieurs correspondances avec le ministère de tutelle en vue d'œuvrer pour sortir de la crise qui affecte les professionnels du secteur, constitue une menace existentielle pour les salles encore ouvertes et qui pourraient venir allonger la liste des cinémas fermés.

La CMSC a fait état, récemment, d'une chute des revenus estimée à 85% de chiffre d’affaires annuel pour les exploitants et distributeurs de cinéma entre 2019 et 2020.

"Etant au quotidien en lien direct avec nos employés, nous pouvons témoigner de la très forte précarité dans laquelle ils sont plongés actuellement. Même les allocations familiales et la couverture médicale leur ont été suspendues pendant cette pandémie, les condamnant à une triple peine", a souligné la même source.

D'après un décompte officiel datant de fin 2018, seulement 27 salles étaient encore ouvertes au Maroc. Ces salles "sont au bord de la faillite et se dirigent vers la fermeture", avait alors averti la CMSC, qui déplorait déjà la fermeture définitive de 250 autres.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Abdellatif El Jaafari (MAP)
Le 18 février 2021 à 14h03

à lire aussi

CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce
Mondial2026

Article : CDM 2026. Maroc-Pays-Bas, un seizième mémorable s’annonce

En s’imposant face à la Tunisie (3-1), ce jeudi 25 juin, les hommes de Ronald Koeman terminent en tête du groupe F et affronteront donc les Lions de l’Atlas, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique (2h). Un seizième de finale qui s’annonce chargé en émotion, aussi bien pour certains internationaux que pour les supporters marocains.

“Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
DROIT

Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat

Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.

Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
DROIT

Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés

Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.

Affaire “Escobar du Sahara”:  huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict
DROIT

Article : Affaire “Escobar du Sahara”: huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict

CASABLANCA. Il est un peu plus de 19 heures ce jeudi 25 juin et le verdict dans l'affaire "Escobar du Sahara" ou "Naciri-bioui" impliquant Said Naciri et Abdenbi Bioui se fait toujours attendre.

Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine
Quoi de neuf

Article : Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine

Des déchets plastiques, des emballages et des caisses endommagées jonchent depuis plusieurs jours la plage de Aïn Diab. Si l'origine de cette pollution reste inconnue, les images recueillies par Médias24 relancent les interrogations sur les rejets en mer.

Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO
Quoi de neuf

Article : Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO

Un avion militaire marocain a livré à Bunia neuf tonnes de matériel médical, pharmaceutique et logistique destinées à appuyer les opérations de la MONUSCO face à l’épidémie d’Ebola en Ituri. Une deuxième rotation est prévue dans les prochains jours avec du matériel complémentaire et une équipe médicale marocaine spécialisée.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité