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Digitalisation de l'Administration : Le Maroc encore loin des ambitions des usagers

L'Administration a fait un grand pas en matière de digitalisation de la collecte des impôts, mais reste très en retard en matière de dématérialisation des services publics. Le point avec des experts.

Sara Ibriz
Le 5 février 2021 à 16h11 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Comment la digitalisation de l’administration peut contribuer à la relance des entreprises ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les intervenants d’un webinaire organisé par la Chambre française de commerce et de l’industrie au Maroc, ce mardi 2 février 2021. 

Cet événement a connu la participation de Saloua Karkri Belkeziz, présidente Afrique d’Inetum, Samia Chakri, Directrice SI au sein du département de la réforme de l’Administration du ministère des Finances, Abderrafi Erouihane, Directeur des études, de la coopération et de la modernisation au ministère de la Justice et Khalid Dribigi, Chef du service de vérification des grandes entreprises à Casablanca au sein de la DGI. 

Pour ces derniers, l’impact de la digitalisation de l’administration sur la relance des entreprises, surtout en cette période de crise, est indéniable. Cela dit, tous s’accordent sur les nombreux efforts qu’il reste à fournir pour assurer une digitalisation complète des services publics. 

“23% des services électroniques sont complètement dématérialisés” 

Selon le rapport annuel 2019 de la DGI, 230.734 nouvelles adhésions aux téléservices de la DGI ont été enregistrées. 86% de la recette brute globale (hors TSAV) recouvrée par la DGI a été télé-payée, soit 129,9 millions de DH via plus de 7 millions d’opérations. 

Autrement dit, les services en ligne de télé-paiement, mais aussi de télé-déclaration, sont non seulement bien développés mais aussi largement utilisés. Mais qu’en est-il de la partie service public ? Les usagers ont-ils accès à une dématérialisation complète ou doivent-ils se contenter des e-services informationnels et/ou interactifs ? 

Au niveau de la DGI, le chantier digital est “en perpétuelle évolution”. En fin janvier dernier, le service de prise de rendez-vous en ligne a été lancé, en partenariat avec l’Agence de développement digital (ADD). 

Lors de son intervention, Khalid Dribigi a annoncé qu’un service d’assistance et de conseil fiscal fait actuellement l’objet d’une réflexion au sein de la DGI. Il permettra de “donner une réponse automatisée aux problématiques des contribuables”. 

En face, selon une étude sur la maturité des services en ligne effectuée par le ministère des Finances sur 453 démarches électroniques et dont les résultats ont été présentés par Samia Chakri, “seuls 23% des services électroniques sont complètement dématérialisés".

38% des e-services destinés aux professionnels sont informatifs seulement, tandis que la dématérialisation complète ne concerne que 25% d’entre eux. 

Des résultats faibles, comme le souligne Saloua Karkri Belkeziz. Selon elle, “l’administration s’est rendue compte, avec la pandémie, qu’il y avait un retard au niveau de la digitalisation. Il y a eu une accélération pour quelques projets, tel que le parapheur électronique ou le dépôt de facture, etc. Mais ce ne sont que de petites applications qui restent encore éloignées des ambitions”.

En évoquant les projets ambitieux et questionné par la modératrice de ce webinaire, Me Nesrine Roudane, avocate au barreau de Casablanca et présidente de la commission fiscale et juridique de la CFCIM, sur les blocages relatifs à la création en ligne des entreprises, Abderrafi Erouihane explique qu’il s’agit d’une “longue histoire” et assure qu’elle a “fait l’objet de plusieurs débats entre tous les intervenants”. 

Création en ligne des entreprises: Le retard persiste mais ne s’explique pas

“Nous pensions qu’étant donné que la majorité des démarches de création des entreprises relève du ministère de la Justice, nous serions le chef de file. Mais pour des raisons que je ne citerai pas ici, on l’a confié à l’OMPIC. Nous avons travaillé sans aucune concurrence avec tous les partenaires et avons été à l’origine des changements de lois, de décrets etc. Nous avons également avancé sur le plan technique et avons désormais un web service qui n’attend que le démarrage”, explique M. Erouihane. 

Un démarrage qui a un an de retard mais que l’intervenant n’arrive pas à expliquer. 

“Je n’ai pas d’explication, parce que la loi était claire; il fallait que la mise en service de la création en ligne des entreprises commence une année après sa publication dans le bulletin officiel, soit le 19 janvier 2020. Cela fait pratiquement une année de retard”, souligne-t-il. 

La création en ligne des entreprises fait partie des démarches dont la dématérialisation est la plus convoitée dans le tissu économique et juridique marocain et ce, bien avant la crise actuelle qui n’a fait qu’exacerber ce besoin. 

Cette crise constitue un levier de plus pour accélérer la transformation digitale de l’administration car, comme le souligne Saloua Karkri Belkeziz, “nous sommes dans un monde concurrentiel, qui bouge rapidement, il va y avoir un après covid marqué par plus de compétitivité. Tout le monde aura tendance à revoir son économie parce qu’il faudra produire plus vite et mieux. Et le digital constitue le facteur de compétitivité dans l’ensemble des secteurs”. 

Gouvernance, formation et télécoms : Priorités de la transformation digitale 

Pour assurer le succès de cette transformation digitale, Saloua Karkri Belkeziz liste 3 principaux éléments à mettre en place. Il s’agit, en premier lieu, de la gouvernance qu’elle propose de revoir. 

“Il faut qu’on ait une gouvernance du projet e-gov différente de celle que nous avons actuellement. Elle peut être chapeautée par le chef du gouvernement lui-même, puisque justement, elle concerne l’ensemble des administrations. C’est le cas en Estonie et au Danemark”. 

A côté, la formation des ressources humaines est un élément essentiel à la réussite de cette transformation. Car, selon une étude de la Banque mondiale citée par Saloua Karkri Belkeziz, beaucoup de projets de transformation digitale ne réussissent pas à cause de la manière dont est géré le projet. 

Enfin, l’amélioration des infrastructures a été pointée du doigt comme une des priorités de ce chantier puisque “plus on aura de services dématérialisés, plus on aura besoin de bandes passantes pour y accéder dans de bonnes conditions”, ajoute-t-elle.

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Sara Ibriz
Le 5 février 2021 à 16h11

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