Offshoring : Le digital tire largement son épingle du jeu après neuf mois de crise

Le pôle offshoring de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) a organisé, vendredi 18 décembre, un webinaire intitulé ''L’offshoring régionalisé : meilleure réponse aux opportunités post-Covid''.

Offshoring : Le digital tire largement son épingle du jeu après neuf mois de crise

Le 21 décembre 2020 à 9h41

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le pôle offshoring de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) a organisé, vendredi 18 décembre, un webinaire intitulé ''L’offshoring régionalisé : meilleure réponse aux opportunités post-Covid''.

Les discussions ont principalement porté sur les opportunités, les perspectives et les enjeux impulsés par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 dans le secteur de l’offshoring.

 »Ce sont les crises qui nous permettent de devenir de plus en plus robustes, et derrière chacune d’entre elles se cache une opportunité », a d’ailleurs fait valoir Mohamed Benabbou, modérateur de la conférence. Celle-ci a également été l’occasion de signer un partenariat entre l’APEBI et le Centre régional d’investissement (CRI) de la région Fès-Meknès  »pour la mise en place d’un modèle d’écosystème digital dans cette même région, et pour la création d’une antenne régionale de l’APEBI afin de fédérer les acteurs du domaine des technologies de l’information et d’accompagner les secteurs clés dans leur processus de transformation digitale », a déclaré Yassine Tazi, directeur général du CRI de Fès-Meknès.

Et d’ajouter :  »Ces deux entités vont identifier les nouvelles niches de ce secteur qui est en constante évolution, afin de proposer un dispositif d’accompagnement pour les entreprises de l’écosystème régional. Ce sont des objectifs qui sont cohérents avec les orientations et les objectifs du plan de développement régional. Plusieurs chantiers stratégiques sont d’ailleurs en cours au niveau de la région, notamment le projet Fès Smart Factory, qui est le premier écosystème de l’industrie 4.0 au Maroc. »

Le choix de la région Fès-Meknès pour accueillir ce nouveau modèle d’écosystème digital n’est pas dû au hasard, a également fait valoir Yassine Tazi :  »la région est la troisième en matière d’offshoring au Maroc et représente environ 11% des emplois de ce secteur au niveau national. Avec 36 centres d’appels employant près de 4.500 employés uniquement à Fès, l’offshoring était déjà l’année dernière le premier secteur employeur à Fès, qui compte de grands noms comme Alten Delivery Center, Webhelp, CGI ». Une position  »consolidée par une infrastructure de qualité qui propose des services aux meilleures normes et standards internationaux, à l’instar du parc intégré Fès Shore qui s’étend sur une vingtaine d’hectares ».

Le digital, un secteur qui tire son épingle du jeu

A en croire Idriss Elasri, directeur général d’Altran, filiale marocaine de l’entreprise française spécialisée dans le conseil en ingénierie, l’offshoring a été impacté inégalement par la crise économique générée par la crise sanitaire.

Ce sont surtout les métiers du digital qui ont largement tiré leur épingle du jeu :  »Cette année a été particulièrement difficile. Il y a eu des moments de sidération, où la crise a frappé énormément. Au niveau de l’offshoring, la situation a été inégale selon les métiers. Les métiers de l’IT et des systèmes d’information ont été les grands gagnants de cette crise parce que la digitalisation s’est accélérée. Des tendances de fond déjà existantes avant la crise ont été exacerbées, et la digitalisation en fait partie.

Une fois la sidération passée, vers les troisième et quatrième trimestres, on a vu de nombreuses opportunités se créer. Les grands donneurs d’ordre internationaux ont voulu concentrer leurs investissements en outsourcing et challenger l’ensemble de leurs dépenses pour gagner en compétitivité. L’ensemble de cette masse est partie chercher un équilibre fort entre les pays, les talents et les compétences. Ces opportunités, le Maroc peut en bénéficier. »

C’est ce que semble déjà faire l’APEBI qui, au cours de cette année 2020, a mis l’accent sur plusieurs priorités déclinées en quatre axes :

– d’abord, le développement de la digitalisation du Maroc,  »avec la création d’opportunités pour les acteurs de l’IT et de l’offshoring avec une véritable industrie du digital, afin que le Maroc ne soit plus seulement consommateur de nouvelles technologies, mais aussi producteur », a déclaré Amine Zarouk, président de l’APEBI.

– Ensuite, l’APEBI a travaillé sur les compétences de ces acteurs,  »car c’est pour nous le nerf de la guerre : on ne peut réussir une véritable stratégie de digitalisation sans travailler suffisamment sur la préparation de compétences ».

– Dans un troisième temps, la création d’un observatoire national pour mutualiser les données numériques et  »créer une synergie avec les antennes régionales en profitant du gisement de compétences au niveau national ».

– Enfin, le développement du Moroccan Tech for Africa, une marque 100% marocaine qui ambitionne de toucher d’autres pays africains.  »Nous voulons travailler avec les régions pour ne plus être dans cette logique de consommation ou d’importation de technologies, mais permettre à un écosystème d’en produire et d’en exporter. Nous souhaiterions également créer des synergies entre les régions pour organiser des offres exportables et des jumelages digitaux entre des villes étrangères et marocaines », a ajouté Amine Zarouk.

L’offshoring, deuxième secteur pourvoyeur d’emplois au Maroc

Fred Sabbah, directeur du groupe Everis Maroc, basé dans la zone Tétouan Shore, a évoqué l’expérience de son entreprise.

 »Nous avons implanté l’entreprise dans le nord du Maroc car la société Everis est une société hispano-japonaise. Notre principal donneur d’ordre est donc basé en Espagne. Notre positionnement était de nous orienter sur le marché hispanophile et avec une proximité géographique importante avec l’Espagne. La zone Tétouan Shore nous a aidés au niveau administratif, pour l’installation dans les locaux et l’obtention de la mise en place des accords et des subventions. Le nord du Maroc a beaucoup changé : nous avons vu la croissance incontournable du port de Tanger-Med et le lancement de la ligne Al Boraq qui a permis de développer la région de Tanger. Nous avons également misé sur le recrutement de ressources locales afin d’avoir un bon vivier d’étudiants formés dans la région, notamment au sein de l’École nationale des sciences appliquées de Tétouan. »

A l’échelle nationale, l’offshoring recense environ 1.000 acteurs et employait à fin 2019, 120.000 personnes dans cinq écosystèmes différents,  »ce qui en fait le deuxième secteur pourvoyeur d’emplois au Maroc », a précisé Mimoun Chikhi, président du pôle offshoring de l’APEBI.

A fin 2019 également, ce secteur enregistrait 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export (contre 8,8 milliards en 2016). De plus, entre 2016 et 2019, il est passé de 92.000 emplois à 120.000, soit une augmentation de 9%.

L’axe Casablanca-Rabat concentre 81% des entreprises et des emplois de l’offshoring, contre 11% pour la région Fès-Meknès, 4% pour la région Tanger-Tétouan, 2% pour la région Souss-Massa et 1% pour la région de l’Oriental.

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