Fêtes de fin d’année : Le casse-tête d’un réveillon irréalisable
Deux semaines avant le 31 décembre, d’ordinaire très attendu par les opérateurs touristiques, la fête de fin d’année sera certainement un non-événement. Selon le vice-président de la CNT, Fouzi Zemrani, malgré une petite hausse des réservations hôtelières nationales et étrangères, il ne faudra pas compter sur le nouvel an pour soulager la trésorerie des professionnels du tourisme.
Pour la première fois de l’histoire du tourisme marocain, le réveillon du nouvel an ne mobilisera pas les foules et les amateurs de fête, marocains ou étrangers, en raison d’une part des restrictions de déplacement et, d’autre part, des horaires d’ouverture limités des établissements de restauration.
Le 31 décembre 2020, un non-événement
Sollicités par Medias24, plusieurs grands hôteliers et restaurateurs de la ville ocre parlent tous de non-événement, ce qui constituera un manque à gagner important par rapport aux années précédentes.
D’après eux, malgré une petite hausse des réservations hôtelières qui s’explique par l’augmentation des fréquences aériennes, les destinations touristiques sont encore très loin des chiffres de 2019.
"Certains hôtels vont proposer des dîners améliorés; mais ils seront tenus de respecter les horaires de fermeture imposés par la pandémie qui sont loin de coïncider avec la célébration du nouvel an qui démarre à minuit", se désole un propriétaire de palace dans la ville ocre.
Ainsi à Marrakech, épicentre national de cette célébration, la fermeture des restaurants à 23 heures et l’absence de possibilité de poursuivre la fête dans les boîtes de nuit toujours fermées au public depuis mars dernier, ne risquent pas d’encourager les clients de tous les horizons à y séjourner.
Une rumeur de couvre-feu national qui n'arrange rien
De son côté, Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme, pense que l’interdiction des spectacles dansants et d’ouverture des restaurants au-delà de 23 heures découragera les clients étrangers et les nationaux qui étaient nombreux à venir des autres villes du Maroc.
« De plus, s’il y a beaucoup de fake news qui circulent, il n'est pas impossible qu'un couvre-feu soit instauré dans tout le pays entre 20 heures et 6 heures du matin », avance Zemrani résigné.
En effet, si une source autorisée nous a annoncé qu'à ce jour aucune décision n'avait encore été prise, cela ne signifie pas que des décisions de restriction ne seront pas annoncées d'ici au 31 décembre.
La fermeture des établissements à minuit maximum empêchera de célébrer la nouvelle année 2021
Tout aussi pessimiste que les restaurateurs et hôteliers, qui ont préféré témoigner anonymement, le vice-président de la CNT est persuadé qu'il n'y aura pas de festivités du 31/12 pour l'année 2020.
Tous nos interlocuteurs confirment que les horaires de fermeture des établissements de nuit, dont le maximum au niveau national est minuit, rendront impossible d’établir un programme de fêtes.
En effet, sachant qu’à Casablanca, les établissements de restauration doivent fermer à 20 heures 30, soit trente minutes avant le début du couvre-feu nocturne, et qu’à Rabat, la limite d’ouverture est à minuit, la célébration du nouvel an qui démarre justement à minuit ne pourra pas avoir lieu.
L’annulation des festivités du réveillon fera passer 2020 par pertes et profits
« En fait, nous continuons dans la même dynamique depuis mars dernier, à savoir l'absence de célébration d'événements festifs avec plus de 30 personnes dans le même espace.
« Avec cette absence de fêtes jusqu'à la fin de l'année, 2020 passera donc par pertes et profits avec un manque à gagner très important.
"Ceci dit en réalité, la célébration du réveillon du 31 décembre n’aurait rien changé, car elle ne permettra pas aux opérateurs touristiques de reprendre du poil de la bête et surtout de soulager leur trésorerie sinistrée.
Serrer les dents en attendant une immunité collective par la vaccination mondiale
« Il faut s'y faire et tout ce qu'il reste à espérer est que la campagne de vaccination puisse se mettre en place rapidement pour immuniser tout le monde et sortir enfin de ce cauchemar.
« En effet, quand on voit la note payée par les États-Unis après le maintien de la célébration de Thanksgiving avec des milliers de contaminations supplémentaires, il vaut mieux être prudent.
« Au final, avec l'annulation de facto de cet événement, la profession espère simplement que c'est le dernier cap difficile à dépasser et qu'il faut serrer les dents en attendant des jours meilleurs.
« Sachant que les populations européennes vont commencer à se faire vacciner à partir du 27 décembre prochain, nous espérons que le Maroc recevra rapidement ses lots de vaccin pour se mettre au diapason de la dynamique internationale », conclut Zemrani qui se console en ajoutant qu’il n'y a pas beaucoup de Marocains qui refuseront de se faire vacciner.
D’après nos informations, l’impossibilité de célébrer le nouvel an à partir de minuit ne manquera pas d’encourager l’organisation de fêtes clandestines, dont certaines tarifées, qui poseront certainement des problèmes sanitaires de contaminations, du fait de l’absence de contrôle des autorités publiques des normes de distanciation sociale…
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